LE VICOMTE AU TH O R
crochètent les portes, nous ne regardons pas même par le trou de la serrure ; c’est bon pour les jaloux ou pour les laquais.
Arthur delà Guéronnière est venu à Paris, il y a vingt ans, riche d’espérances, mais sans aucune présomption. Jamais commencements ne furent plus modestes que les siens. Il arrivait de Limoges pour se créer une position, ainsi que beaucoup d’autres jeunes gens de province l’ont fait dans tous les temps. Il sentait sa propre valeur sans doute ; cependant la nature ne l’avait pas doué de façon à la faire sentir promptement aux autres.
Timide, réservé, concentré même, il ne posait le pied qu’en tremblant sur un terrain inconnu. Il trouva autour de lui de la bienveillance, justement à cause de cette simplicité de manières. On ne le craignit pas, on le rangea dans la classe de ceux qui sè contentent de peu, bien qu’on puisse beaucoup exiger d’eux. Il ne se montrait lui-même que par éclairs et dans une intimité absolue.
D’un caractère doux, inoffensîf, il n’avait point d’ennemis ; quelques esprits non classés comme le sien s’attachèrent à sa conciliante nature ; ils s’unirent entre eux par des liens qui existent encore ; quoiqu’il soit parvenu plus haut que ses