LE VICOMTE ARTHUR
facile» puisqu’on ne la lui refuse pas à lui-même. On l’accuse de se rouler, dans son propre bonheur, au point de ne pas voir au delà et de s’endormir en pensant que tout est pour le mieux, parce que nulle épine ne se trouve sous son oreiller. Hélas ! si cela est vrai, il n’est pas le seul : l’espèce humaine à peu près tout entière marche sur la même voie ; c’est le cas d’emprunter les paroles de l’Évangile et de mettre une pierre dans la main de ceux qui le blâment. Qui donc osera la lui jeter?
Ses goûts sont distingués, comme toute sa personne. Il aime le confortable, il reçoit volontiers chez lui; cependant il n’a pas les qualités nécessaires pour tenir ce que l’on appelle un cercle. Il n’a pas l’entrain, la verve, l’initiatiŸe; il ne saurait pas mettre chacun à son aise, il se-> rait gêné ou distrait. Comme tous les gens im-, pressionnables, il ne résiste pas à une séduction. Une causerie attachante le retiendrait dans un coin, et pendant ce temps les autres s’amuseraient comme ils pourraient.
. Il est exclusif et passionné sans explosions. Il n’a pointde cés fougues d’éloquence qui enlèvent les masses etquisubjuguent les cœurs. Il est plus puissant la plume à la main, parce que ce n’est