‹ Portraits contemporainsChapitre 13 sur 28 · PAUL HUET · texte numérisé non relu

PAUL HUET

IHorama Montesquieii.

Ce Diorama, doat il a été déjà parlé ici (2), renferme la vue d'une rue de Rouen, par M. Colin, celle de 1»

(i) La critique de la jeune école, en 1829-1830, ne s*en tenait pas seulement aux poètes et aux littérateurs : les peintres oova* teurs étaient nos frères, et la lutte que nous engagions pour nousmêmes , nous la soutenions aussi pour eux. J'ai toujours paru ne me préoccuper d'art qu'incidemment ; j'en ai rarement écrit, bien persuadé que, pour être twit à iait compétent ai œs matières, it faut y passer sa vie; mais je n'ai cessé tant que j'ai pu de voir et de regarder, et je n'ai pas laissé l'occasion de dire mon mot et de^ donner mon coup de collier à ma manière. Ainsi faisais -je pour Paul iluet au lendemain de la Révolution de JuUlet 1830. Je publiai dans le Globe du 23 octobre l'article que je reproduis ici , et qui retrouve à mes yeux un triste à-propos dans la mort trop sou* daine du paysagiste, notre ami, survenue le 9 janvier 1869. La yeiUe encore , à cinq heures an soir, cet ami de quarante ans était assis à mon coin du feu, causant, non sans quelque ombre detristesse, de toutes ces cboses qui nous étaient communes et chères, idées d'art et de philosophie sociale, souvenirs du passé, perspectives un peu scmbres et voilées de l'avenir. Paul Huet n'était pas seulem^t un pinceau et un talent, c'était une intelligence, lift ceux qui l'ont connu de près ajouteront : c'était un cœur droit, orné des plus douces vertus.

(2) Dans le journal le Giobâ»

ville de Rouen tout entière prise du haut du Mont-aux- Malades, ^r M. Huet; le château d'Arqués, par le même, et une perspective du tunnel , par M. Martin. Nous ne reviendrons aujourd'hui que sur l'impression que nous ont causée les deux paysages de M. Huet, celui du château d'Arqués en particulier.

Nous avions déjà vu deux ou trois paysages de M. Huet, exposés à la galerie Colbert, et dans tous un même caractère nous a frappé, à savoir Tintelligence sympathique et l'interprétation animée de la nature. L'homme ne joue guère de rôle dans cette manière d'envisager les. lieux et de les reproduire : le groupe d'usage n'y est pas ; la pastorale et l'élégie y sont sacrifiées; point de ronde arcadienne autour d'un tombeau; point de couples épars et de nymphes folâtres et d'amours rebondis; point de kermesse rustique, de concert en plein air ou de dîner sur Therbette; pas même de romance touchante, ni de chien du pauvre, ni de veuve du soldat : c'est la nature que le peintre embrasse et saisit; c'est le symbole confus de ces arbres déjà rouilles par l'automne, de ces marais verdâtres et dormants, de ces collines qui froncent leurs plis à l'horizon, de ce ciel déchiré et nuageux, c'est l'harmonie de toutes ces couleurs et le sens flottant de cette pensée universelle qu'il interroge et qu'il traduit par son pinceau. A peine si çà et là, le long de quelque rampe tortueuse d'un coteau lointain, on aperçoit, pareil à un point noir, un voyageur qui gravît. La nature avant tout , la nature en elle-même et avec toutes ses variétés de collines, de pentes, de vallées, de clochers à distance

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