‹ Portraits contemporainsChapitre 23 sur 28 · JULES LACROIX · texte numérisé non relu

JULES LACROIX

de l'auteuTt Ses qualités sont la candeur et la bonté» Il ignore les mauvsâse3 pensées, il ignore les mauvaises actions, c'est Tbonnâte honame, dans la plus délicate acception du mot. Il n'a pas même le soupçon du mal chez les autres et il est io^Julgent pour le prochain, B&OB avoir l'^espoir qu'on lui rende la même in« dulgence. Souvent tette bonté sans pareille arriv,e à la naïveté; il ne voit autour de lui rien de mauvais, il ne pressent nulle parjr la malice, k perfidie, la trahison', il regarde l'humanité dans son miroir. Il est sensible comme une femme, rien de plus facile que de lui tirerdes larmes avec le récit d'une infortune.

Sonamitié estde la tendresse et de Thabitucle; il est aimé dQ tros ceux gui l'approchent, mais s'ïrà une hienveUktnctf générale, il n*a que peu d'affections, il se concentre au lieu des' étendre." Ses plus chers amis sent ses frères : il possède au plus haut degr&Ie sentiment de la famille, il est plein d'enthousiasme pour ses parents, qu'il place en première ligne, chacun dans leur genre, et qu'il pfrône à tout venant. Il redoute les nouvelles connaissances, il craint, il éviteles gênes^ les liensde la société. 11 ignore ce que a'jest qùede distribuer des cartes, ou d'écrire des lettres de politesse banale. Sa femme,

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qu'il aime comme il peut aimer, avec le tendre abatidon d'ua enfant, n'a jamais obtenu qu'il l'accompagnât dans un salon :

— Ce serait, dit-î!, m'imposer un ennui que je suis incapable de supporter*

II faut donc que, sans l'ayertir,' on le dispense de ces devoirs du monde, qui sont pour lui des monstres, capables d'empoisonner sa vie paisible. Il ne sait pas qu'on écrit son nom à la porte des maisons où il n'est jamais entré, où il n'entrera jamais. En revanche, il est heureux en petit comité, avec deux ou trois personnes choisies, surtout quand un de ses frères est du nombre. 11 oublie l'heure, il ne songe plus* à se retirer dans son aiiire^ il appelle ainsi la bibliothèque qu'il s'est composée, pièce à pièce; il connaît les livres, les vieux Kvres surtout^ il les recueille, il les entasse, il vit avec eux.

Jules Lacroix n'est pas reconnaissable dans l'intimité : il passerait la nuit à parler de théâtre et de poésie, son esprit a la promptitude et la vivacité de celui du bibliophile Jacob, il a même des boutades gaies et drôles. Son' existence est calme, uniforme, pacifique. La poésie et Fart, voilà ses récréations ; la fOsmille^et l'amitié, voilà ses joies. Tout le reste lui semble indifférent , inutile et désagréable.

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Avant son mariage, quand il rencontrait sur le boulevard, le sbii\ un ami, ou une simple connaissanccT, pourvu, que ce fût un littérateur, il ne le quittait plus et se laissait entrataer au courapt de sa causerie. On raconte que Méry, Cordelier de la Noue, Adolphe Dumas, l'ont tenu une fois jusqu'à «quatre heures du matin, marchant devant eux par un froid mortel et pjirlant de livres et d'histoire.

Un autre soir, ou plutôt une nuit, il rencontra un poëte sur la place du carrousd; il pieuvailf&torient» Abrité à peine sous un^parapluie, il ^euta mille ou quinze cenis vers que lui débita son confrère.-

/Ses premiers ^Jans furent vers Shakespeare, il traduisitplusieurs drames de ce grand maître ^Macbeih^ HOml^t^ le roi Lêar^ Richard 111 ^Vn «eul, iVRicbelh, a été publié et c'est une œuvœ acbèv^, trô^supéqetire' à ce qui a été fait en ce genre* Son recueil de sonnets, les Pervenchcs^ imgriméesjour quelques amis seulement, est un véritable écrîn. Nous avons tous applaudi le TestariHnt de Cés(n\ Valéria^ Louis XL

Jules Lacroix est poët^ pax le fend et gar la forme, sa pensée prend d'elle-même les. ailes poétiques et s'envole gracieuse ou terrible dans

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ces espaces où le vulgaire ne pénètre ^. l^appartient à récolede Yietor Hugo. Toutefois^ tdleni se retrempe dans ses fortes* études f|jfe| qœs, romaines, anglaises. Jenesais s'il anâvopa à l'Académie, bien qu'il y laérite une iflips ; il n'y aura jamais moyen da lui faire faire lès visites nécessaires, et s'il partait dans cette iiitention, il est A distrait qu'il pourrait biettj^ venir sans avoir vu aucun des QuarantèiiîA'j sant qu'iUéUiient au salul^ comme la du bonhoittme.

M. Lacroix a épousé une grande dame ftsit les aïeux ont donné dw rois à la Pok^p%la comtesse Chirchuwit^ née comtesse Byenscha, sœur de madame de Bnltao. £Ue a été fortbellsv elle est encore charmante. Chez elle, l'envie de plaire conserve la 'jeunesse, et la giéce^ efface les traces des années. On adit4'e]|^ sm^iboltteiil de son mariage : C'est la bonté qTfl'rrmnTjift]felPa source. - * ♦ .

Rîen^ en eftet, n'est bon» serfl^le, dévoué comme ce cœur de femme ; ellesème|i|i bienfaits sans s'informer si eUe sème des ingrats. Son io* telligence supérieure ajoute à la magie desa con» yeifi^ioA, Nfte passionne xm chœur d'adaqifi^ teurs, ramassantlesperlestoml^éeftida c^eMj^ éblouissant. On la recherche daxis le plus oBl

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