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Introduction à V Étude de la médecine expérimentale

264 PORTRAITS CONTEMPORALNS

M. Patin. Son discours, si remarquable et si remarqué, exposait, dans une forme austère et frappante, les rapports de subordination entre les doctrines philosophiques et la science expérimentale. Yrai discours de savant, mais de grand savant et de grand écrivain. Il y avait loin de là à la tragédie de Louis XI. Mais le théâtre eût-i] conduit M. Claude Bernard à l'Académie ?

C'est en relisant ce discours qu'on peut se faire une idée du talent de style de ce manieur de scalpel :

Avec qu'elle précision entraînante il parle|de la science qu'il professe !

« La physiologie, qui explique les phénomènes de la vie, dit-il, constitue une science en quelque sorte intermédiaire qui prend ses racines dans les sciences physiques de la nature, et élève ses rameaux jusque dans les sciences philosophiques de l'esprit. Elle paraît donc naturellement destinée à former le trait d'union entre les deux ordres de sciences, ayant son point d'appui solide dans les premières, et donnant aux dernières le support qui leur est indispensable. Yoilà pourquoi les progrès rapides et brillants de la physiologie contemporaine excitent un intérêt général, et appellent de plus en plus l'attention sérieuse des philosophes et de tous ceux qui se tiennent dans les hautes régions de la pensée, et de l'esprit ! »

Certes, en étudiant de telles pages on se prend bien vite à penser que la science a sa poésie. Utpoesis scientia.

« Quel admirable spectacle, dit encore M. Claude Bernard, que cette manifestation de l'intelligence depuis l'apparition de ses premiers vestiges jusqu'à son complet épanouissement, manifestation graduée dans laquelle le

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