‹ Portraits de cireChapitre 3 sur 18 · MELCHIOR DE VOGUE · texte numérisé non relu

MELCHIOR DE VOGUE

à des degrés divers, les victimes de cette poétique où est formulée dans sa rigueur la théorie qui a été dite de a l'Art pour l'Art ».

« L^Art, disait Flaubert, ayant sa propre raison en lui-même, ne doit pas être considéré comme un moyen. Malgré tout le génie que l'on mettra dans le développement de telle fable prise pour exemple, une autre fable pourra servir de preuve contraire, car les dénouements ne sont pas des conclusions ; d'un cas particulier il ne faut rien induire de général. Aussi Bouilhet se gardait-il de Y art prêcheur qui veut enseigner, corriger, moraliser.... La plastique étant la qualité première de l'Art, il donnait à ses conceptions le plus de relief possible, selon le sentiment de Butfon, qui conseille d'exprimer chaque idée par une image. »

Quelques lignes de Bufîon servent comme d'épigraphe à cette déclaration.

« Toutes les beautés intellectuelles qui se trouvent dans un beau style, tous les rapports dont il est composé sont autant de

vérités aussi utiles et peut-être plus précieuses pour l'esprit public que celles qui peuvent faire le fond du sujet. «

Si l'on s'entend bien, Flaubert commentant Buffon voulait dire que l'artiste doit se préoccuper avant tout, uniquement, exclusivement de la forme ; le fond même du sujet mérite à peine son attention ; il fera bien, sur toutes choses, d^éviter les thèses. Il se gardera d'écrire une seule ligne pour la démonstration d'une vérité quelconque, d'intervenir dans un récit où il n'a rien à faire, « attendu que le Beau et l'Utile n'ont entre soi nul contact ». En sortant de la pratique de ces commandements, on tombe fatalement dans « les apostrophes à Dieu, dans les conseils au peuple, dans ce qui sent l'égout et dans ce qui pue la vanille, dans la poésie de bousingot et la littérature talonrouge, le genre pontifical et le genre chemisier ».

Il n'a pas fallu beaucoup de temps pour aller au bout de ces dogmes littéraires et les

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