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Le roman naturaliste, par M. Ferdinand ^yuu^W^x

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vanile, se tournaient en ambition, une ambition exigeante et passionnée comme tous les sentiments de George Eliot. « Il semble, disailelle k sa tante Elisabeth en s'accusant, que ce soit le centre d*où procèdent toutes mes actions » (5 mars 1839). Son ambition ne savait encore où se prendre. Elle songeait vaguemenl à (( régénérer » le monde. Deux lignes de Daniel Deronda résument cette phase d'attente où son jugement (( oscillait » avec angoisse d'idée en idée. <( Vous aurez beau essayer, dit un dos personnages, vous ne pourrez jamais vous représenter ce que c'est que de sentir en soi la force d'un génie d'homme et de subir l'esclavage d'être une fille. »

Les lettres et les quelques vers qu'on possède d'elle pour ces années n'étaient pas pour l'avertir de sa voie. Les vers sont insignifiants, les lettres n'ont d'intérêt que parce que leur auteur est devenu célèbre; à en juger par les trois volumes que nous avons sous les yeux, George Eliot n'a jamais su écrire une lettre; c'est un talent féminin qui lui manque. Ses correspondances de jeunesse, avant qu'elle eût quitté Griff, ont déjà les défauts de style que

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la critique attribuera, quarante ans après, à l'influence de M. Herbert Spencer et à Texcès des études scientifiques. Elle abuse déjà du terme abstrait et des comparaisons scientifiques. Elle est déjà capable (avant vingt ans!) d'écrire sans frémir : « Mes organes d'idéalité et de comparaison », et de conduire jusqu^au bout, sans broncher, des comparaisons de ce genre : « J'ai mené dans ces derniers temps une vie si en Tair et mes occupations ont été si décousues, que mon esprit, qui n'est jamais de l'espèce la mieux organisée, est encore plus que de coutume à l'état de chaos; oii plutôt // ressemble à une couche de fragments con^ glomérés où apparaissent, çà et là, tantôt une mâchoire ou une côte de quelque puissant quadrupède, tantôt Vempreinie délicate de quelque plante de la famille des fougères, de minces coquilles, et des objets mystérieux et indéfinissables, solidement incrustés dans une pierre uniforme et sans intérêt^ mais utile. » On n'échappe pas à son sort. L'écolière qui s'exprimait ainsi parce qu'elle pensait ainsi, était vouée à parler plus tard de mobilier mental^ AUncapacité congénitale^ et de la sen-

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sibilité sélective virile de Rembrandt. Il suffira d'ajoulor que miss Evans songeait alors à faire un poème sur les Progrès de l'architecture.

Au prinlomps de 1841, M. Robert Evans céda Griff à son fils Isaac, se retira des aflfaires ot 's'établit à Coventry avec sa fille. Ce fut un grand événement pour celle-ci. Elle se jeta en affamée sur tout ce que Coventry lui offrait en maîtres et en livres. Elle apprit le grec, le latin et Thébrcu, travailla Tallemand, le français et ritalien, poussa les sciences et la philosophie. Pendant dix ans, elle va amasser la vaste instruction qui servira ensuite de point d'appui à son imagination et en sera quelquefois le fardeau. En même temps, elle se formait une société intelligente. Ce fut là qu'elle se lia avec les Bray et les Hennell, gens distingués et aimables, tous plus ou moins hérétiques. Une amie commune leur amena miss Evans dans la pensée que sa piété toucherait peut-être et ramènerait ces brebis égarées. C'était mal connaître le « caméléon ».

Miss Evans était arrivée à Coventry calviniste farouche. L'année n'était pas révolue que la

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