‹ Portraits de femmesChapitre 8 sur 15 · Inquiry concerning political justice · texte numérisé non relu

Inquiry concerning political justice

^c Imlay. Il savait qu'elle avait prêché -exemple Tun des articles de son programme,

cela rintéressait. Elle était plus belle que mais, malgré ses trente-sept ans, et son pect inspirait à Godwin le désir de renouler à son profit Texpérience de la doctrine. * dut être une scène curieuse que William )dwin faisant sa déclaration à Mary WoUanecraft, lui demandant avec flegme et placité s'il ne lui plairait pas de recommencer et

prévenant qu'il tenait à ne rien changer à s habitudes. On se représente le tumulte des usées de Mary à cette ouverture, son besoin

croire quand même à la solidité des unions res, la tentation de hasarder un nouvel essai ur conquérir le pot-au-feu conjugal, qui venait de plus en plus son idéal, quoi qu'elle t dire ou écrire contre lui. Les manies de ►dwin étaient plutôt rassurantes : quand un nime de son humeur a pris Thabitude Lvoir une femme, il la garde pour éviter les ingements. Elle souscrivit à ce qu'il voulut.

no se marièrent point, parce que cela était ilrairc à leurs principes. Ils continuèrent âvre chacun de leur côté, parce qu'on est

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plu» tranquille. Ils se traitèrent en public en étrangers, parce qu'on n'a pas besoin de mettre le public dans sa confidence. Ils s'invitaient de temps en temps à dîner et s'écrivaient de petites lettres : du reste, liberté mutuelle et complète. C'était l'union libre dans toute sa pureté.

Les premiers mois furent à la gloire de la doctrine; ils étaient tous les deux parfaitement contents.

Un événement facile à prévoir ne tarda pas à troubler leur sérénité. Mary devint grosse. Us eurent un éclair de raison et se marièrent (mars 1797), juste à temps pour leur enfant, car on voit poindre presque aussitôt les tiraillements et les paroles aigres. Déjà Mary accusait William d'être « de glace », et ils ne se seraient peut-être pas mariés six mois plus tard. Le 10 septembre suivant, Mme Godwin mourut en couches d'une fille qui fut depuis la femme du poète Shelley. Godwin poussa le respect de la liberté mutuelle jusqu'à ne pas aller à l'enterrement. Il eut pourtant des regrets sincères et, quelque temps après, chagriné de la sévérité avec laquelle le monde jugeait sa

femme, il composa »es Mémoires sur Mary WolUtonecraft Godwin, qui firent dire à quelques-uns des amis de la morte que le plus grand de ses malheurs était d'avoir épousé Godwin. Les Mémoires sont le pavé de Tours, écrits avec une indélicatesse qui frise quelquefois rimpudeur. La publication des Œuvres posthumes fut un autre pavé. Il s'y trouvait un roman inachevé, Maria, auprès duquel Tom Jones est prude.

Mary Wollstonecraft valait mieux que cela :

tête folle et cœur ardent, elle fit le mal en cherchant le bien. Dans ses plus grandes sottises elle n'eut que de bonnes intentions; dans ses plus grandes erreurs elle pécha par faux jugement, non autrement. Son histoire ne oora jamais donnée en livre de prix dans les pensions de demoiselles; mais le biographe impartial dira qu'elle fut sincère, et, parce qu'elle n'a pas essayé de tirer son épingle du jeu, le moraliste lui sera indulgent. C'est une chose terrible que de naître la cervelle à l'envers, <l avoir un tempérament Wollstonecraft et pas ' ombre de raison pour le dompter et le conduire. Au lieu de rire de ses travers et de

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s'indigner de ses chutes, la justice exige que l'on dise : Hélas! pauvre Mary! pauvre, pauvre fille, qui voulus régénérer ton seie et qui crus au capitaine Imlay! Puisque le parti des droits des femmes, qui n'ejisterait peutêtre pas sans toi, te méconnaît, réclame du moins Thommage d'un bataillon dont les rangs s'épaississent chaque jour : saluez Mary WoUstonecraft, mesdames les détraquées !

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