XII
Le moment est dur où l'on s'aperçoit olairement qu'on D'à pas fait son chemin dans le monde à cauM d'une qualité ou
d'une vertu. Mais prenez garde; l'irritât ion qui en résulte, si «llfi m prokof^^i ymi h §Ue seule ce mal qui Téfei% et l'opère
Par un sens profond, le naot Htnocêwe, qui littiratement veut iire qu'oa fm fait paë le mal , signifie qu'on ne le stUt pas. Savoir Iç mal, ai l'on n^y veille aussitôt, c'est le foire.
L'expérience est utile, elle est féconde; oui, mais comme un iùmler qui aide à pousser des blés et des fleurs. Mon étable , hélas ! en est remplie. Ah ! qu'un peu mieux valait cet âge où la terre facile donnait tout d'elle-même :
Tibi dœdala Tellos
Subjnittit flores !
11 y en a qui, pour ftvoir trop fait, cb^ue m^tin et chaque soir, le tour ejttérieur 4u Palais-Boy^il d^ps les ipfectippî et les boues , ne savent plus jouir d'qp^ heure d§ soleil dans la belle allée.
Coïpbien de gens meurent avant d'aypir fait le togr d'euî^mêmes !
xvi;*
Il faut un peu d'i)lusion m traiu do la vie ; quand on m sait trop le fin mot, 1^ nature YOUS retire, parce que, rien qu'4 le regarder d'un certain air, on empêcherait le drame d'aller.
xyiii.
Ce bas Qn^pde est une v^ill^ courtisane , mais qui ne cesse d'avoir de jeunes amants.
Si l'on se meituit à se dire tout haut les néfité», la soeiété ne tiendrait pas un instwt; elle crpuleraût de food m (^pqible avec un épouvantable fracas, comme ces galeries souterraines des mines ou ces passages périlleux des montagnes, dans lesquels il ne fiut pap, dH-oii> élever U min
Une chose des plus faites pour étonner^ c'est lorsque, venant à retrancher tout ce qui n'est que bonne éducation, bonnes intentions, bonnes manières, jugements appris, on découvre un matin combien de gens au fond sont bêtes.
Ce n'est pas là le contraire, c'est le correctif de ce qu'a dit Pascal, qu'à mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux.
La plupart des défauts qui éclatent dans la seconde moitié da la vie existaient en nous tout formés bien auparavant ; mais ils étaient masqués, en quelque sorte, par la pudeur de la jeunesse. On n'osait pas être tout à fait soi-même ; on avait é^ard aux autres. La rudesse venant, tout se découvre.
J'oserai dire aussi que ces défauts étaient masqués à nous^ mêmes et ajournés par les distractions du bel âge : ces gracieux plaisir^ cessant, les laideurs commencent.
Chez un petit nombre, ce sont des vertus qui, dérobées un moment par la poussière du char, reparaissent.
xxn.
Certaines âmes, après s'être saturées en leur tanps du mal qu'elles goûtaient, redeviennent inoffensives en vieillissant et presque bonnes.
xxm.
A un certain âge, tout l'art du bonheur, si cela méritait encore ce nom, serait de pouvoir s'isoler à point des hommes.
Quel est donc le mystère de la vie? elle devient plus difficile et on la sent qui se complique davantage à mesure qu'elle avance et qu'elle se dénué.
11 y a des moments où la vie, le fond de la vie se rouvre au dedans de nous comme une plaie qui saigne et ne veut pas se fermer.
Jeunes , nous aimons, nous admirons à chaque pas ; nous
croyons aimer les autres : c'est notre jeunesse que nous aimons en eux.
—Mais quelques-uns, après la jeunesse, continuent d'admirer et d'aimer. — Heureuses natures l c'est leur jeunesse d'âme prolongée, c'est leur belle humeur heureuse et leur vive source de joie naturelle qu'ils continuent d'aimer autour d'eux.
xxvn.
U est des hommes qui mènent un tel deuil dans leur cœur de la perte de la jeunesse, que leur amabilité n'y survit pas.
xxvin.
Les lieux les plus vantés de la terre sont tristes et désenchantés lorsqu'on n'y porte plus ses espérances.
n en est des lieux comme des œuvres des hommes : quand une fois leur réputation est faite, chacun y passe à son tour et les admire ; si elle était à faire, bien d'autres qui sont sans nom pourraient concourir avec eux.
Des lieux cités, la moitié est à rabattre, une moitié seule reste divine.
Le souvenir est comme une plante qu'il faut avoir plantée de bonne heure ensemble ; sans quoi elle ne s'enracine pas.
Dans Tamour même, à le prendre au vrai, et si quelque vanité étrangère ne s'y mêle, on est beaucoup plus sensible à ce qu'on y porte qu'à ce qu'on y trouve. De là vient qu'à l'instant où l'on sent qu'on y porte moins, on s'en dégoûte souvent avec un cœur fier, et qu'on résiste si aisément à celui qu'on inspire, xxxn.
U y assez de variété dans les choses pour que chaque esprit juste, à son jour et selon son humeur, puisse y prendre sa part, paraître se contredire et avoir raison.
En appréciant La Rpchefoucauld ^ on ne doit pas oublier
Tous 6eui qui ont mal fisé de leur jeunesse mi intérêt à ee que ce soit une duperie que les hautes pensées de la jeunesse.
Il est vrai que, ds leur côté, ceux qui es ont bien usé^ o'est-àdire sobrement, ont intérêt à ne pas perdre le flruit de leur économie.
ÏXXIV.
Si Ton se demandait à quelle occasion particulière on a commenicé à lire dans tel ou tel couir, on trouv^ait que e'est presque toujouns en une eirconstance intéressée où Tampur-propre m éveil est devenu perçant; maiç il p'importe avec quelle yrille on ait fait lie tfou à la cbjspB, poiirvu ijq'pn vpje,
Montesquieu a dit des Maxivueà de La Rochefoucauld : « Ce sont les proverbes ^ gi»ps 4*6^prit, » Et Voltiiire : il C'est nwifis un livre que des matériaux ppgr orjwr un livre» n Ce sont des pierres fines gravées qu'po ancb^^ ensuite dans le discoure'
Les proverbes de Franklin sont des grains de pur froment à mettre en terre et qui fructifieront.