VI PRÉFACE
beaucoup mieux valu. Ne dites pas aux créatures : Pourquoi êtes-vous venues à l'existence ? Elles sont parce qu elles sont; il n'y a pas de pourquoi dans l'univers, sinon dans le cœur de l'homme. Il n'y a pas davantage de raison des choses, de conscience du monde qui se fait et se réalise. Prêter à la nature un but, une prévoyance, des desseins, c'est retomber dans l'anthropomorphisme religieux.
A ceux que ces vues pourraient attrister, nous rappellerons qu'à diverses époques il a paru dans le monde de grands consolateurs, qui ont ouvert aux âmes un royaume idéal où l'on peut adorer, rêver avec délices aux choses invisibles, rouler d'extases en extases dans l'amour infini. Je nommerai seulement la mission du Bouddha, qui est venu prêcher aux êtres une loi de paix et de charité, dont l'accomplissement doit procurer la délivrance de la vie et l'afifranchissement de la douleur.
Il est trop évident que les biens et les joies de l'existence sont loin de l'emporter sur la