‹ Portraits de sentimentChapitre 23 sur 42 · De Lescure. L'Amour &0118 la Terreur {ibid · texte numérisé non relu

De Lescure. L'Amour &0118 la Terreur {ibid

saient de leur foule joyeuse cette promenade populaire. Et, dans la belle allée de catalpas de Virginie, M. et M"^ Daubenton et la pauvre Zélie avançaient à petits pas sous les palmes, songeant au passé, au passé si charmant où ils lisaient Manon et vivaient dans les fleurs. Ils en étaient là de rêver au milieu du chemin, sous le couvert des feuillages, lorsque, tout à coup, à un détour d'allée, Betzy parut au-devant d'eux.

La pauvre enfant était accourue tout d'une traite, depuis la rue Matignon jusque-là *. Elle était pâle, oppressée et haletante au point que sa tante, son oncle et sa cousine durent l'amener à eux, la soutenir durant qu'elle parla. Alors, dès qu'elle eut repris un peu ses sens, la malheureuse dit tout : des gens en carmagnole, armés de piques et de bâtons, était venus à l'aube ; ils avaient arrêté Buffonnet^ l'avaient conduit devant la section de la rue Verte. Là, malgré une ignoble tentative de chantage facilement déjouée, le jeune homme eût pu être sauvé encore ; mais les fanatiques qui régnaient sur les lois n'avaient pas permis qu'on le délivrât. A cette heure, Betzy ignorait où était Buffonnet ; au Luxembourg ou aux Madelonnettes? Dans son trouble, elle ne pouvait nettement l'établir ; mais,

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