‹ Portraits de sentimentChapitre 8 sur 42 · Lettre citée par PhilarèLe Ghasles · texte numérisé non relu

Lettre citée par PhilarèLe Ghasles

cher une veilleuse en bas, dans la salle d'auberge où il y a toujours des hommes qui rient, boivent et choquent de grands verres d'ale et de genièvre.

Mais toi, n'est-ce pas, de Foë; tu n'as pas attendujtu nepouvais attendre. Quand cette femme revint, élevant la flamme vacillante au-devant de ton visage, elle frissonna, comprenant que tu la regardais sans lavoir...

Alors, au lieu d'un médecin, on alla chercher un révérend.

Le révérend vint, tout guindé en un ulster de drap noir, le chef couvert, les mains gantées. Au seuil, il retira son chapeau à grands bords et considéra tout ce qui était dans la chambre. A la vue de la petite Bible qui était placée à ton chevet, de Foë, entre les linges et la tisane, il montra de la satisfaction ; mais, rien ne Tétonna plus que le vieil exemplaire de Paradise Zo5^, tombé sur le lit, près de ta main glacée. « Variées sont les formes de la mort, nombreux les chemins qui conduisent à sa caverne effrayante, tous sont funestes. » D'un coup d'ongle de ton pouce tu avais, au moment de mourir, marqué ce passage où Milton, dans son poème, avait indiqué les chemins multiples, dans lesquels, depuis ta naissance, tu t'étais engagé avant d'aboulir à ce taudis, dans Islington.

Alors, le révérend — qui était stupéfait — commença les prières. Seule, la vieille servante de l'auberge, le front caché dans ses mains, saisie par l'impression de la mort, couvrait du bruit de ses sanglots les chants des buveurs qui troublaient la nuit.

Et moi aussi, de Foë, en écrivant ces lignes, au récit de tes malheurs, j'ai couvert mon visage de mes mains, et, longuement, j'ai pleuré dans l'ombre...

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