Leiirt à Chapelain, ^ Œuvres, t. 1, p
BACA\. 451
é8t vrai, comme il ie dit, qu'il oublia bien vite la musique, la géographie ne lui réussit pas mieux : il connaissait de nom le Borysthène et la Vistule, mais, hors d'état de les trouver sur la carte, il les plaçait hardiment en Suède*. En toutes choses les plus ignorants lui en auraient remontré. — Qui donc alors ne savait pas l'italien et l'espagnol? Racan seul; il n'avait aucune teinture des langues étrangères*. Pour le latin, on ne sait trop où il a pu l'apprendre, et môme il affirme à mainte reprise qu'il ne l'entend pas ; cependant on peut croire qu'il en savait assez, non pour l'écrire facilement ou le lire avec plaisir, mais pour le comprendre à l'aide d'un peu d'attention. Il est vrai que Ménage le range avec l'Estoile, Gomberville, Serisay, Saint-Amant, Conrart et Baro, parmi
Ces grunds eL fameux paladins Etrangers es pays la lins \
Mais l'abbé de Marolles, qui ne connaissait pas moins Racan, et qui avait même écrit pour lui la plupart de ses infidèles traductions, assure positivement le contraire : « M. de Racan, dit-il, estoit très peu sçavant dans la langue latine, qu'il n'eut jamais assez d* esprit pour bien apprendre; ce qui faisoit qu'il disoit à tout le monde qu'il n'en sçavoit pas un mot : cela n'estoit pas véritable. Il entendoit assez bien les poètes latins pour les pouvoir