Mémoires, édit. de Maëstricht, 1776, t. II, p. 41 et
fortement dans un parti où elle pouvait rendre de grands services, se montra de plus en plus opposée à un projet qui souriait à la cour, et qui lui avait été déjà proposé par la mère du comte et par la duchesse d'Aiguillon. En donnant au jeune roi d'Angleterre, réfugié en France après le meurtre de Charles I*^, la main de Mademoiselle, on voulait ruiner Monsieur qui n'avait pas encore rendu ses comtes de tutelle, et lui imposer un gendre qui ne pouvait lui être d'aucun secours dans les difficiles conjonctures où il se trouvait*. Fiesque, on le voit, ne se préoccupait nullement de soutenir une cause chère à sa mère; tout entier au nouveau chef qu'il avait acquis au parti de Condé, il ose, au moment où la cour revenait d'Angers à Paris, se jeter dans Orléans au nom de Monsieur, et décider les magistrats à refuser l'entrée de la ville au Roi et à Mazarin. Après ce beau succès, que Mademoiselle explique par éloquence du comte, et que Loret attribué à ses largesses, Fiesque revint en hâte à Paris trouver le duc. v Orléans, disait-il, ne tiendra pas sans Votre Altesse : sa présence est indispensable. — Mais, reprenait le duc, je suis plus nécessaire à Paris. » La vérité était que la personne du duc ne pouvait servir nulle part, mais que son nom était utile partout.
Informée des répugnances du prince, son père, heureuse de faire quelque chose pour Condé, qui avait de si grandes vues sur elle, Mademoiselle prend alors la place de Gaston : c'est elle qui ira organiser et soutenir la résistance dans Orléans.