Dernières Œuvres de Scarron, Paris, 1701, 1. 1, p
Madame de fissque. 49
Deux belles et jeunes comtesses, Ses deux maréchales de camp, Suivirent sa Royale Altesse, Dont on falsoit un grand cancan.
Fiesque, cette bonne comtesse, Alloit, baisant les bateliers :
Et Frontenac, quelle détresse i Y perdit un de ses souliers ^
Nos guerrières improvisées restèrent dans Orléans jusqu'au 2 mai. On partit alors pour Paris : « Je trouvai à Angerville l'escorte que Ton m'avoit envoyée, et, comme il faisoit très beau temps, je montai à cheval avec M"" les comtesses de Fiesque et de Frontenac, lesquelles m*avoient toujours accompagnée, et à cause de cela, Monsieur leur avoit écrit, après mon entrée à Orléans, des compliments sur leur bravoure d'avoir monté à l'échelle en me suivant, et au-dessus de la lettre, il avoit mis : A Mesdames les comtesses maréchales de camp dans l'armée de ma fille contre le Mazarin. » Tout cela était plein de dignité; aussi, on le comprend, t depuis ce temps-là, tous les officiers de nos troupes les honoroient fort. »
Chemin faisant. Mademoiselle tint un conseil de guerre. Elle y appela les compagnes de ses hauts faits. Un mot de M"' de Fiesque montre la femme sous l'héroïne ; à peine sortie du conseil : « Pas de guerre ! pas de guerre I s'écrie-t-elle; je ne suis pas d'avis qu'on se batte. — Si je suivois mon inclination, répondit Mademoiselle, l'on combattroit. » Mais un plus sage parti l'emporta, et la