Lettres de Guy-Patin, etc
Paris, après avoir essayé de faire intervenir Mademoiselle dans un accomodement, elle s'était tournée du côté de Monsieur, qui tendait à se rapprocher de la cour. Â chaque ordinaire, elle recevait de Blois ou y envoyait des lettres, et Mademoiselle n'ignorait par le secret de cette correspondance, entretenue avec un mystère inutile. Le fait seul de cette intrigue avec son père, qui était son ennemi politique et son adversaire devant le Parlement, l'irritait profondément. Elle soupçonnait, peutêtre avec raison, sa compagne de donner au duc d'Orléans des avis qui étaient une véritable trahison. Bientôt entre les deux amies commença une lutte sourde qui devait infailliblement amener, avec une rupture, leur commune délivrance. Si le Prince exigeait de Mademoiselle le renvoi de quelqu'un de ses domestiques mal vu de la comtesse, elle s'exécutait de mauvaise grâce, et se hâtait de chasser quelqu'un des amis de celle-ci. Monsieur traitait-il avec la cour. Mademoiselle ne cachait point son dépit ; les comtesses de Fiesque et de Frontenac, au contraire, en témoignaient des transports de joie inouïs *.
Cependant les apparences étaient sauvées pour le public; les personnes du dehors pouvaient croire encore à l'influence de M"« de Fiesque, et c'étaitàelle que s'adressaient les gens du parti, ennuyés de leur isolement, qui voulaient obtenir des invitations pour eux-mêmes et leurs amis. C'est ainsi que vinrent à Saint-Fargeau M"* de Haucourt ; sa sœur, M"® d'Aumale (la duchesse de Schomberg), et M"* de Vandy, toutes trois liées avec la com-