Lettres, p
à M"*" de Chantai dans la partie de sa vie qu'elle consacre à son œuvre. Ses paroles ont une onction pénétrante. Voici par exemple un passage d'une lettre à Tabbé Fa\76, confesseur des religieuses d'Annecy ; elle lui dit quelle doit être, auprès d'une sœur qui s'égare, la conduite de la sœur assistante : « D m'est avis, dit-elle, que si elle (l'assistante) se rendoit familière, cordiale, confiante, un peu compagne, elle la tireroit de cette mélancolie. Si j'étois là, je ferois ainsi, et souvent j'ai soulagé, même guéri des âmes par ce moyen, échauffant leur cœur par confiance, leur montrant une grande franchise et même leur parlant de plusieurs choses et leur demandant leur avis, comme si j'en avoîs bien besoin, sans leur parler toutefois de leur mélancolie, ni de leurs difficultés, ni de choses sur quoi elles puissent philosopher, ou qui regardent le prochain ; enfin il y a un certain biais que la charité leur enseignera si elles le demandent à Notre-Seigneur Jésus- Christ *. 1
S'adressant dans une autre lettre à la R. M. Favre, sœur de l'ecclésiastique dont nous avons cité le nom, elle disait : « Croyez-moi, je vous prie, tenez votre esprit au large et en joie tant qu'il vous sera possible. Ne prenez point à cœur les fautes et inutilités des filles. Dieu ne vous les a pas commises pour les rendre parfaites, mais seulement pour leur enseigner la perfection et leurs devoirs. Si elles vous croient, elles seront heureuses; sinon, vous ne sauriez qu'y faire; car c'est à vous à planter et arroser, et à Dieu à donner l'accroisse-