‹ Portraits du grand siècleChapitre 43 sur 115 · Lettres, p · texte numérisé non relu

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MADAME DE CDANTAL. 163

ment... Il faut avoir patience; Paris ne fui pas fait en un jour; il faut aller pied à pied et vous contenter du peu que chacune vous pourra donner, et ne se point fâcher de ce que quelques-unes ne donneront rien *. » — La devise de la sainte, souvent répétée dans ses lettres, dit la même chose en deux mots : c Peu et bon. »

Dans ce même sentiment d'indulgente bonté, il arrive souvent qu'elle supplie au lieu d'ordonner; mais sous la prière on reconnaît l'ordre précis, formel : a II faut que ma chère sœur Marie- Aimée se contente de jouir des choses qui sont marquées dans ses privilèges, et je crois qu'elle le fera, car elle a le cœur très bon; je l'en supplie, sans passer outre, car c'est assez à une servante de Dieu... Je la supplie de ne point lire la Bible; je sais très assurément que notre bienheureux Père ne le lui eût pas permis : il y a tant de bons livres I »

C*est ainsi, tantôt priant, tantôt invoquant le nom de saint François de Sales, que M"** de Chantai établissait une autorité qui ne fut jamais méconnue, et maintenait la discipline dans son nouvel ordre au milieu du relâchement de la plupart des autres. Elle savait merveilleusement reconnaître et éviter des fautes qui avaient perdu tant de communautés et causé tant de scandales : l'abus des visites par exemple l'effrayait avec raison : o II faut, ma très chère fille, que je vous congratule grandement de ce que vous me dites que jamais vos parloirs ne furent moins fréquentés que maintenant, et que vous n'y allez point par plaisir. ma fille très chère ! que voilà qui va

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