Voyez t. II, p. 335 et suiv
peut-être même à personne entièrement.... je désirerois qu'il n'évitât pas, hors du temps de son travail accoutumé, les occasions qui se pourroient naturellement offrir d'entendre parler diverses personnes sur toutes sortes de sujets, sous prétexte de jeu, de chasse, de conversation, ou même d'audience particulière...
• Un autre profit que le prince tirera sans doute de ces différents entretiens, c'est qu'insensiblement il connoUra par lui-même les honnêtes gens de son Etat, avantage d'autant plus grand que la principale fonction du monarque est de mettre chacun des particuliers dans le poste où il peut être utile au public. On sait bien que nous ne pouvons pas faire tout; mais nous devons donner ordre que tout soit bien fait, et cet ordre dépend principalement du choix de ceux que nous employons. Dans un grand Etat, il y a toujours des gens propres à toutes choses, et la seule question est de les connoitre et de les mettre en leur place *. »
Ce même désir, non moins louable, non moins profitable dans l'homme que dans le souverain, d'acquérir de toutes mains, et par tous moyens, des connaissances nécessaires, paraît mieux encore dans le morceau suivant, où l'allusion orgueilleuse a fait place à un humble aveu :
c Tandis que l'on est enfant, dit le Roi, l'on considère l'étude comme un pur chagrin ; quand on commence d'entrer dans les affaires, on la regarde comme une bagatelle qui n'est d'aucune utilité; mais quand la raison commence à devenir solide, on en reconnoît l'importance, et on res-