‹ Portraits du grand siècleChapitre 52 sur 115 · Voycï t. II, p · texte numérisé non relu

Voycï t. II, p

sent un cuisant et juste chagrin d'ignorer des choses que savent tous les autres*. »

Puis, après avoir montré de quelle utilité peut être en particulier l'étude de l'histoire, le Roi reprend :

« A vrai dire, il n'étoit pas malaisé, en raisonnant sur cette matière, de voir que cette application étoit belle et utile. Toute la difllculté n'étoit qu'à pouvoir en trouver le temps;... car ce n*étoit pas une petite résolution à moi, qui étois déjà surchargé de tant de soins diDërents;en sorte que, prenant après cela sur chaque jour les heures absolument nécessaires à l'entretien de la vie, il ne me demeuroit presque pas un moment dont je pusse disposer. Mais enfln, voyant déjà que, par mes travaux passés, j'avois mis une telle netteté dans mes afTaires que je pouvois avec liberté disposer d'une bonne partie de mon temps; et d'ailleurs, le plaisir m'étant beaucoup moins considérable que la gloire, je résolus de prendre sur mon divertissement les heures nécessaires à ce travail. Un seul scrupule m'embarrassoit, qui étoit que j'avois quelque manière de pudeur, étant dans la considération où j'étois dans le monde, de redescendre dans une occupation que j'aurois dû prendre de meilleure heure ". »

Louis XIV avait alors vingt-huit ans, et il était encore dans toute l'ardeur, sinon dans la première nouveauté de sa passion pour M"* de la Vallière. Au dire d'un contemporain, la jeune favorite « avoit beaucoup de solidité et même de savoir, sachant presque toutes les histoires du

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