‹ Portraits du grand siècleChapitre 54 sur 115 · Voyez t. II, p · texte numérisé non relu

Voyez t. II, p

leurs en toutes lettres, que « l'adresse en tous les exercices du corps, qui ne peut être entretenue et confirmée que par là, est toujours de bonne grâce à un prince, et fait juger avantageusement, par ce qu'on voit, de ce qu'on ne voit pas *. »

Je ne puis croire que Louis XIV ait eu tous les sages motifs qu*il rappelle quand il a donné les fôtes célèbres du carrousel. A quelques années de distance, il veut se tromper lui-même, et son fils et la postérité; la bienfaisante influence de M*'* de la Vallière pouvait pousser le Roi à l'étude et le laisser appliqué aux affaires; mais elle ne pouvait pas plus, sans démentir les secrets sentiments de son cœur, détourner le Roi de donner pour elle ce grand spectacle, qu'elle ne pouvait, dans son affection jalouse, songer à épargner à la jeune Reine les douleurs que lui causait l'abandon public de son époux.

Suget curieux d'étude que le cœur du Roi! chez lui, les amours se succèdent sans lutte : sa passion change d'objet sans que le souvenir de la femme qu'il a aimée vienne se mêler aux désirs que lui inspire la femme qu'il va aimer; il perd Marie de Mancini et la Reine l'occupe seul; quand il se livre à La Vallière, il est lassé de la Reine, et devient pour elle insensible jusqu'à la dureté. Une seule fois, les Mémoires parlent de Marie-Thérèse ; c'est en 1667.

« Cette année, dit le Roi, commença par les couches de la Reine, lesquelles, paroissant un peu trop avancées, me

Page 1