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LOUIS XÎV. 193
non plus s'être étendue à son frère ni aux princes ses parents. Avec ceux-ci, Louis n'oublie jamais qu'il est le Roi, et il le leur fait sentir parfois dans des circonstances où nous ne comprenons plus aujourd'hui sa rigueur.
Monsieur, frère du Roi, avait épousé, on le sait, Hen-» riette d'Angleterre, fllle, nièce, cousine de rois, Henriette aimée peut-être de Louis XIV plus tendrement qu'une belle-sœur. — Monsieur demande-t-il pour la princesse jeune, faible et maladive, une « chaise à dos », au lieu d'un simple siège sans dossier, pure formalité d'étiquette : le Roi déclare qu'il aurait désiré ne lui refuser jamais aucune chose; mais il voit la conséquence de celle-ci, et tout ce qu'il peut, c'est de faire entendre à son frère que, pour tout ce qui servirait à l'élever aux yeux de ses propres sujets, il le ferait toujours avec joie; mais, dans celte grave affaire, le roi de France pouvait-il accorder, même à son frère, une faveur qui semblerait le rapprocher de lui? Sa Majesté fit donc voir par raison à Monsieur les égards dus au rang royal, la nouveauté de sa prétention, et combien il serait inutile d'y persister : « Mais tout ce que je pus dire, ajoute le Roi, ne satisfit aucunement son esprit ni celui de ma sœur*. » — On le croira sans peine.
Un refus, mieux motivé d'ailleurs de la part du Roi, et qui portait sur un objet plus important, blesse plus profondément son frère. A la mort du prince de Conti, Monsieur demande le gouvernement du Languedoc, c Persuadé qu'après les désordres que nous avons vus si souvent dans le royaume, c'étoit manquer de prévoyance