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la modération du prix des charges avait atteint, dans un intérêt bien puissant, — dans leur fortune, — les membres de tous les parlements du royaume. La chambre des enquêtes demanda une assemblée de toutes les chambres; le premier président, qui n'espérait pas pouvoir empêcher une manifestation dangereuse, essayait de gagner du temps. Le Roi en fut informé ; il sut que cette résistance, dont il était sourdement menacé, occupait tous les entretiens. Il voulut couper court à tout scandale, et ordonna lui-même cette assemblée des chambres dont on pensait TeiTrayer : c Je voulois voir, dit-il, si Ton oseroit me désobéir. Car enfin je voulois me servir de celte rencontre pour faire un exemple éclatant ou de Tassujetlissement de cette compagnie ou de ma juste sévérité à la punir. » A Paris, les chambres se séparèrent sans rien entreprendre; leur exemple fut imité bientôt des parlements les plus éloignés : le Roi put se convaincre que « ces grands corps ne sont fâcheux que pour ceux qui les redoutent*. »
Dans ses rapports avec la haute noblesse, Louis XIV n*eut pas une autre conduite. Deux principes en cela résument toute sa politique : amoindrir l'autorité des seigneurs trop puissants; prévenir et empêcher tout agrandissement excessif. C'est ainsi qu'après la mort du duc d'Epernon, il supprima la charge du colonel général de rinfanterie, parce que ses fonctions paraissaient trop étendues, et lui permettaient de se faire trop de créa-