Mém.y t. I, p
tures *. C'est ainsi encore qu'il retira insensiblement aux gouverneurs des villes frontières le droit de disposer des fonds des contributions et de composer leurs garnisons de troupes qui dépendaient d'eux : de jour en jour, le Roi faisait entrer dans toutes les villes importantes des troupes qui ne relevaient que de lui seul'. Plus tard, étendant encore ce système, il donnait aux rois le conseil de c ne pas laisser trop grandir leurs créatures. » Ainsi les sujets ne sont pas tentés d'attribuer à un favori qu'on suppose maître absolu de l'esprit de son maître le mérite des actions du prince. Pour arriver à ce but, plusieurs moyens sont proposés, qui tous ne révèlent pas dans le souverain un haut sentiment de sa propre dignité : « Partagez, dit*il à son flU, votre confiance entre plusieurs, d'autant que chacun de ceux auxquels vous en faites part étant, par une émulation naturelle, opposé à l'élévation de ses rivaux, la jalousie de l'un sert souvent de frein à l'ambition de l'autre*. • De tels procédés, de si petits moyens, ne sont point de ceux qui honorent un Roi : mais dans cette volonté d'arriver à tout prix à rabaissement des grands, qui lui font ombrage, on voit combien Louis XIV tient au monopole de l'autorité, combien résolument il est décidé à briser toute opposition, et à quel degré d'élévation il veut placer le trône de France.
Le clergé n'est pas traité avec moins de hauteur et de fierté indépendante. S'agit-il de ses privilèges, le Roi