‹ Portraits du grand siècleChapitre 68 sur 115 · Mém., I. II, p · texte numérisé non relu

Mém., I. II, p

force des armées est dans la volonté du prince. Tout roi qui a des sujets doit avoir des soldats, et quiconque, ayant un Etat bien peuplé manque de bonnes troupes, ne doit s'en prendre qu'a lui-même, à sa paresse, à son peu d'application; c'est à lui de veiller à ce que les armées soient soumises à une discipline exacte, et fréquemment exercées : l'exercice, en effet, rend braves par habitude ceux qui ne le sont pas de leur nature '. On compreod qu'avec ces idées, Louis XIV s'occupe activement de l'armée ; chaque mois, pour s'assurer que les corps sont au complet, il se fait présenter les rôles de chaque régiment; la désertion est prévenue par des édits rigoureux; la vigilance des chefs, entretenue par de fréquentes inspections, confiées à des gentilshommes qui vont à l'improviste s'assurer de l'exécution de la volonté royale. Les contestations qui s'élèvent entre les corps et les oHiciers sont réglées par le Roi, et nul n'ose contredire à son autorité*; lui-même assigne aux troupes les quartiers où elles doivent séjourner*; il prend soin d'écrire jour par jour, Je sa propre main, leurs logements et leur nombre, afin de savoir toujours précisément de quel temps et de quelles provisions il aurait besoin pour les assembler*; avant de les réunir, il envoie des commissaires qui font, sur place, des provisions au prix où elles se vendent d'ordinaire, et les revendent aux soldats sur

Page 1