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Louis» par la grâce de Dieu..., le» grands et recomman

Les premières années du comte nous le montrent reconnaissant de cette faveur si marquée, ou du moins étranger aux menées politiques des partis. Il semble alors épris de la noble passion des Lettres et vivement attiré vers les choses de Tesprit. Segrais prétend même qu'il eut grande part à l'introduction de la fameuse règle des vingt-quatre heures dans les poèmes dramatiques du temps. « Ce fut, dit-il, M. Chapelain qui fut cause que Ton commença à observer la règle de vingt-quatre heures dans les pièces de théâtre, et parce qu'il falioit premièrement la faire agréer aux comédiens, qui imposoient alors la loi aux auteurs, sçachant que M. le comte de Fiesque avoit du crédit auprès d'eux, il le pria de leur

dables services que les sieurs comtes de Ficsqué ont rendus aux rois nos prédécesseurs en divers lieux et endroits d^Italie, tant en leurs justes conquêtes qu^au recouvrement et conservation de leur estât de Gennes, et les grandes pertes et dommages qu*ils y ont Boufiferls en leurs biens, leur ont acquis une si particulière recommandation près de nosdits prédécesseurs, quMls leur ont non seulement fait Thonneur de prendre en leur protection leurs personnes et biens, mais encore ont pris soin de les comprendre pour la restitution de leurs dits biens aux traitez de paix qu'ils ont faits avec leurs voisins..., etc., Sçavoir faisons que... Nous, en tant que besoin seroit, avons de nouveau pris et mis, prenons et mettons par ces présentes, signées de nostre main, ledit sieur comte Charles-Léon de Fiesque et ses frères en nostre protection et sauvegarde spéciale, ensemble tous leurs droits et prétentions, mesmes toutes les terres, seigneuries et fiefs qui se trouveront leur appartenir, à titre successif et de substitution, tant en ladite seigneurie de Gennes que partout ailleurs en Italie... « Donné à Fontainebleau le quinzième jour de septembre, Tan

de grâce mille six cent vingt-cinq...

« Signé : Louis;

Et sur le repli : Par le roy : Phelippbaux; et scellé. »

en parler, comme il fit. Il communiqua la chose à M. Mairet, qui fit la Sophonisbe^ qui est la première pièce où celte règle est observée*. • Ami des comédiens, le jeune comte était un intermédiaire influent entre eux et leurs très humbles serviteurs les poètes : il partageait sa vie entre les acteurs de l'hôtel de Bourgogne, Belle-Rose, Turlupin, Beauchasteau, Guillot-Gorju, Jodelet, W^"^ Belterose, Beaupré et Beauchasteau, les artistes de la troupe du Marais, Mondory, d'Orgemont, Belle-Ombre, Beau-Soleil, Beau-Séjour, Belle-Fleur, M"^ La Cadette, du Clos, de la Roche, et les auteurs, Richemont-Banchereau, Rotrou, Mairet surtout, avec qui il était lié d^amitié et dont il se plaisait à répéter les louanges. Aussi, en 1632, Richemont-Banchereau lui dédia les Passions égarées^ et lorsqu'en 1635 Rotrou fit imprimer sa tragédie de Diane, il en offrit au comte la dédicace.

M. de Fiesque quitta Paris en 1633 et fit à Rome un voyage où le suivirent les lettres de Chapelain, son ami. H fut un des premiers à qui le poète confia son projet du poème de la Pucelle et avec qui il se réjouit de la pension dont l'honorait le duc de Longueville ; il Tentretenait de leurs amis communs, de Lhuillier entre autres, et de ce pauvre comte d'Elbeine, toujours si besogneux à la fois et si gai; il rengageait à profiler de son long séjour à Rome pour apprendre a fond la langue italienne, le priait de lui rapporter des livres, de lui ménager la bienveil-

1. MémùireS'Anecdotes de Segrais, dans ses OEuvrei, l'îfiS, t. II, p. 107.

lance du Saint-Père et surtout d'user de ses relations avec M. de Noailles, notre ambassadeur*.

En 1636, nous trouvons le comte de Fiesque revenu en France. Sans emploi à Tarmée, il sert comme volontaire sous les ordres directs du comte de Soissons ; il reçoit le baptême du feu dans la malheureuse retraite que fit le corps de troupe auquel il appartenait, après s'être vainement sacrifié pour empêcher les Espagnols de passer la Somme. Légèrement blessé d*un coup de mousquet, il est envoyé à la cour par le comte de Soissons, qui veut sans doute mettre sous les yeux du Roi le courage du jeune débutant, le seul parmi les volontaires qui se fût distingué dans cette occasion : il partit de Rouy, le 5 août 1636, chargé de porter à Paris la nouvelle de ce désastre *. Mais, attiré par le désir de se signaler, le comte de Fiesque resta peu de temps à Paris, et déjà- il est à Tarmée de Picardie depuis quelques jours quand Chapelain lui écrit, à la date du 25 septembre 1636, et lui parle de ses démarches pour le faire payer d'un débiteur récalcitrant*.

Attaché par cette première campagne à la fortune du

1. Corresp. manuscr, de Chapelain. — Lettres du 9 septembre et de novembre 1633, du 23 avrU 1631, elc. — M. Sainte-Beuve, à qui appartenait le recueil manuscrit de cette correspondance, l'a léf<ué à la Bibliothèque nationale. M. Tamizey de Larroque a publié un choix des lettres qui le composent, et cette publication forme deux volumes de la collection des Documents historiques. Le choix, malheureusement trop restreint, de M. Tamizey de Larroque, ne comprend qu'une partie des lettres do Chapelain au comte de Fiesque.

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