‹ Portraits du grand siècleChapitre 8 sur 115 · Corresp, manuscr, de Chapelain · texte numérisé non relu

Corresp, manuscr, de Chapelain

comte de Soissons, Fiesque devint un des complices les plus actifs de sa révolte, à laquelle devait s'associer aussi Gaston, duc d'Orléans. Lorsque, le 20 novembre 1636, Monsieur eut quitté Paris, Fiesque, chargé de représenter auprès de lui les intérêts du comte de Soissons en attendant l'arrivée de Montrésor, accompagna à Blois son Altesse Royale : la partie lui semblait si bien concertée, disait-il lui-même, que le Cardinal ne pourrait jamais s*en relever*. Imprudentes paroles qui nous font mesurer retendue de son erreur! Le Cardinal n*ignora point ce propos. Cependant, lorsque Monsieur eut renvoyé Fiesque vers le comte de Soissons, pour s'entendre avec lui sur les conditions d'un accommodement, Richelieu Ot donner au diplomate improvisé des passeports pour aller de Blois à Sedan et revenir : mais tels étaient les griefs du Cardinal contre le jeune comte que ces passeports n'inspiraient aucune confiance à sa mère, et qu'elle cherchait à tromper elle-même ses craintes en assurant à ses amis et à ses ennemis que Chavigny et le comte de Guiche, envoyé du Roi près de Monsieur, y seraient gardés en otage jusqu'au retour de son fils'. Il revint eneiTet à Blois sans avoir couru aucun danger, mais de plus en plus compromis, et rapporta un mémoire de prétentions nouvelles que Monsieur devait ajouter aux conditions dont il faisait le prix de sa soumission au Rci. Trop faible pour soutenir plus longtemps une position difficile, cir-

1. Mém. de Montrésor, collection Michaud et Poujoulat, Paris, Didier, p. 207. — Âlém. de Richelieu, môme édition, t. III, p. 87. — CdmpiQD, Lettres, 28 déc. 16S6; 7 janv. 1637.

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