‹ Portraits du grand siècleChapitre 71 sur 115 · Mém., t. II, p · texte numérisé non relu

Mém., t. II, p

à redouter, et je dirais presque envers lui-même? Abusant des diflicultés où se trouve Charles II, il oublie toute générosité en môme temps que tout sentiment de parenté et d'intérêt. S'il lui déclare la guerre, il est c bien aise, comme il dit, d*agir avec les Anglais le plus honnêtement qu'il se peut, » et regarde comme une idée des plus ingénieuses c de faire que la reine d'Angleterre, qui étoit alors à Paris, se chargeât elle-même de cette déclaration, pensant ne se charger que d'un compliment. » Voyez si la pensée royale était bien déguisée! < Cela parut si honnête à cette princesse, que non seulement elle se chargea de lui en donner avis (à son fils), mais elle crut même qu'il devoit s'en tenir obligé*. » Noble procédé, et qui fait grand honneur au roi de France !

Mais peut-être sera-t-on tenté de voir, malgré le ton de ce morceau, aussi railleur que le permet la dignité royale, une preuve de bienveillance et des égards. Le cœur d'une mère s'y est bien trompé. — Voici d'autres actes. Peu de temps après, Louis entretenait des pensionnaires en Irlande pour y faire soulever les catholiques contre les Anglais*; mais c'est peu, et ailleurs, revenant sur celte idée, il ajoutera des traits plus caractéristiques de sa bonne foi : < Sur quelque apparence de soulèvement en cette ile, j'avois déjà destiné des troupes pour y passer. » — Voici la suite : « J'avois aussi quelque intelligence avec certains restes de la faction de Cromwell, d'où je reçus diverses propositions, et entre autres Sid-

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