Mèm, de Richelieu^ édit. cilée, p. i
convenu par les émissaires de Richelieu, poussé par son secrétaire Goulas, que le Cardinal avait gagné, et, comme il était toujours prêt à la révolte, toujours prompt aussi à trahir ses complices et ses amis, Monsieur n'hésita pas alors à détacher sa cause de celle du comte de Soissons, et signa (8 février 1637) un traité avec le Roi; il réclamait vaguement la sûreté pour les siens, mais, dit Montrésor, sans rien stipuler de particulier pour ceux qui étaient les plus notés dans cette occasion. Par une disposition captieuse qui prouve Thabileté des négociateurs, le traité réglait TafTaire du comte de Soissons dans les mêmes termes que celle de Monsieur, s'il consentait à mettre bas les armes; comme garantie, on lui offrait pour séjour Mouzon, c'est-à-dire la plus mauvaise place du royaume *, et, certainement avec la pensée d'aigrir l'un contre Tautre et de brouiller pour toujours ces incommodes alliés. Sa Majesté déclarait qu'elle accordait au comte toutes ces satisfactions par considération pour les instantes prières du duc d'Orléans. Cette dérisoire clémence en faveur d'un ennemi qui ne Tavait pas implorée devait se produire en pure perte. Le comte de Soissons resta fortifié dans Sedan, et Monsieur, toujours aussi reconnaissant pour ceux qui l'avaient servi, « commanda au comte de Fiesque d'aller trouver M. le comte de Soissons pour ne plus retourner vers lui*. » Fiesque n'eut garde de se faire répéter cet ordre, dans une ville où il ne trouvait plus que des amis de Richelieu; malgré le pardon accordé
1. MoDtrésor, p. 213. — Mém, de RichelieUf p. 112. <2. Mém. de Richelieu, ibid., p. 112.
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par le traité, il partit avec Alexandre de Campion, parta^ géant ses inquiétudes, et évitant, comme lui, les chemins trop battus. « Nous nous en allons, M. le comte de Fiesque et moi, écrivait Campion, par des chemins détournés pour deux raisons : l'une, que nous vous portons l'argent que Monsieur vous a fait rendre, et Taulre, que nous sommes avertis qu'il y a ordre de nous arrêter tous deux sur de nouveaux prétextes \ >
Cependant, k la fln de cette année, le comte de Soissons traita aussi avec la cour; le Roi < pardonne » alors en termes formels « à ceux qui l'avaient servi, et abolit les crimes par eux commis à ce sujet*. •
Que devint le comte de Fiesque pendant les années de calme qui suivirent? Les complots avaient cessé, et avec eux le genre de rôle qu'il aimait à jouer. Dès qu'il n'y avait plus d'agitation, il devenait inutile; le fait est qu'il disparaît complèlement pendant cette courte période. Il ne semble même pas qu'il ait pris part à la nouvelle levée de boucliers que fit le comte de Soissons qui, traître à sa patrie et allié des Espagnols, fut aussi, à ce qu'il paraît, frappé par trahison et tomba sous des coups payés d'avance*. La conspiration de Cinq-Mars, l'ambassade en Espagne de M. de Frontailles passèrent sans le compromettre; toutefois, en 16i3, après la mort de Richelieu, les Carnets de Mazarin nous le montrent attaché au parti des Importants, sous la conduite des ducs de Vendôme, do