‹ Portraits du grand siècleChapitre 83 sur 115 · Remerciemmt à Philandre · texte numérisé non relu

Remerciemmt à Philandre

concours du Puy de la Conception : ceux dont il nous reste à parler, antérieurs à l'année 1647, date de Timpression de ses poésies, ont été écrites à des époques que nous ne saurions préciser.

Beaucoup de ces petits poèmes, dont plusieurs sont des paraphrases de versets sacrés, ont une teinta archaïque très prononcée; le style semble souvent d*un temps antérieur à Tépoque où Fauteur a écrit. On y trouve nombre de mots surannés, comme salutaire pour sauveur^ expression qui reparaît d'ailleurs en 1670 dans Pierre Corneille :

El mon cœur désire jouyr Des douceurs qu*il savoure en Dieu, mon salutaire.

Ou encore injurieux pour criminel :

La triste mère se posaie Voyant ravir à ses yeux, Par le fer injurieux^ La chère âme de son ftme ;

Emperiere pour impératrice, souveraine, mot qu'il semble avoir affectionné parce qu'il rappelle le mon de la femme de Pierre :

Brisés les chaisnes des coupables, Puissante emperiere des cieux !

Et bien d'autres mots, surtout bien d'autres tournures de phrases, qu'il serait trop long de citer.

En dépit d'expressions hors d'usage, de formes seu-

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vent pénibles, on trouve parfois chez le P. Ant. Corneille, de véritables beauté"^, qui ne tirent pas seulement leur mérile de lu coupe savamment rhylhmée et harmonieuse des strophes, mais de la grandeur même de la pensée. Nous citerons» par exemple, cette paraphrase du verset Deposuil polentes de sede, et exullavit humiUSy tiré du Magnificat :

Laj dont la sagesse profonde Prend du plaisir à terrasser Ces cœurs vains qui veulent passer Icy bas pour maistres du monde, Luy qui défaict les plus puissants.

Et qui sur leurs traits pâlissants,

Marque les traits vengeurs d'une horrible justice : C'est luy de qui la charité, Punissant ainsi leur malice,

Donne aux plus humbles cœurs tant de prospérité.

Lorsque Pierre Corneille mit en vers Y Office de la sainte Vierge (1670), il eut à traduire, dans ce même cantique, le même verset; sa traduction est loin de valoir la paraphrase de son frère :

Les plus invincibles monarques Se sont vus pur sa main de leur trône arrachés; Et ceux que la poussière a voit tenus cachés, Oui reçu de son choix de glorieuses marques.

Les œuvres chrétiennes de Pierre Corneille n'ont rien non plus qui soit supérieur à cette première stancede la paraphrase de Thymne Q}Aem terra^ pontus, «thera...

Celuy dont le Ciel et la Terre ' Ne bornent point rimmensilé, De qui le foudre et le tonnerre Nous preschent la divinité :

Celuj que TOcéan honore, Que toute la nature adore Et recognoist pour son autheur, Par une bonté sans pareille, Faict voir à nos yeux la merveille Qu'une fille en ses flancs porte le Créateur I

La première stance du cantique de Siméon a été paraphrasée ou traduite également par les deux frères; voici le début de la version d'Antoine :

N'est-il pas temps, Seigneur, que mon âme s'envole? Et, sortant de prison, suivant vostra parole, Que voslre serviteur rencontre désormais En la sa i note Syon, pour essuyer ses larmes, L'efTecl de ses désirs, ces indicibles charmes Qu'attendent vos esluz en rélernelle paix?

Ecoutons maintenant P. Corneille :

Enfin, suivant votre parole, Vous me laissez aller en paix, Seigneur, et mm âme s'envole Au sein d'Abraham pour jamais.

Moins gêné par la faculté qu'il se réservait de substiluer une imitation un peu libre à une Iruduction plus exacte, Antoine encore ici nous paraît avoir mieux réussi que Pierre.

Un rapprochement plus curieux nous est fourni, non plus à son insu, mais volontairement par l'un des Corneille lui-même, entre une poésie de lui et une autre de son frère. L'un des deux a pris à l'autre le mètre difficile d'une stance, et lui a emprunté jusqu'à ses propres paroles pour les appliquer, par une sorte d'heureuse parodie, à un sujet tout à fait différent. Lequel des deux a eu le mérite de l'invention d'un rhythme dont il se trouve peu d'autres exemples, si même il s'en trouve*? Il s'agit des Stances du Cid :

Percé jusques au fond du cœur...

Soit qu'il ait écrit avant, soit qu'il ait écrit après son frère, Antoine Corneille, voulant paraphraser l'admirable complainte du Stabat Mater, a composé dix stances dont nous citerons les deux premières à titre de curiosité, mais surtout comme un problème littéraire :

Percée au plus profond du cœur D'une atteinte impréveuë aussi bien que mortelle, Droite au pied de la croix où son cher fils l'appelle, La Vierge, triste objet d'une injuste rigueur, Persévère immobile, et son âme abbatuë Cède au coup qui la tue :

Au lieu de voir ce cher fils respecté,

O Dieu, Testrange peine !

Elle le voit sur la Croix tourmenté, Mais ses tourments sauvent la race humaine.

1. Nous no voulons pas rappeler rirrévérencieuse parodie d^; Despréaux, dans son Chapelain décoiffé.

Qu'elle sent de rudes combats !

Ck)Dtre son propre amour nostre amour Tinteresse, El pour Tun et pour Tautre elle a de la tendresse ; Elle meurt s'il endure et s'il n'endure pas.

Réduite au triste choix de voir nostre misère Ou de n'estre plus mère, Des deux costez son mal est infiny.

O Dieu, l'estrange peine!

Faut-il pour tous que son fils soit puny?

Faut-il laisser perdre la race humaine?

Nous ne poursuivrons pas plus loin cette citation, qui suffit pour faire apprécier la communauté de forme et d'expression dans les deux poètes. La question de priorité est posée : les éléments nécessaires nous manquent pour la résoudre.

Cependant, sans nous prononcer en faveur d'Antoine Corneille, nous croyons pouvoir faire remarquer que ses deux premières stances seules suivent celles de son frère : s'il l'avait imité, n'aurait-il pas été jusqu'à la fin du poème, plus facilement que n'aurait pu le faire Pierre, si Pierre est l'imitateur? En outre, l'imitation d'un poète chrétien par un poète profane n'est-elle pas plus probable que celle d'un poète profane par un poète chrétien ? Antoine imitant Pierre ne se serait-il pas exposé aux reproches de ses supérieurs? Ces considérations nous paraissent mériter d'être discutées.

Comme nous l'avons dit, c'est en 1647 que le libraire Le BouUenger, de Rouen, publia les Poésies d^Antoine Corneille. Cette même année, Thomas Corneille, alors âgé

de vingt-deux ans, débutait comme auteur dramatique, en donnant au théâtre les Engagements du hazard, et Pierre préparait Andromède^ qui ne parut qu*en 1650, avec un tel succès, que, parmi les personnes les plus considérables de Paris, « il y en a eu, dit la Gazelle^ peu de toutes les conditions, ecclésiastiques et séculiers, qui n'aient voulu prendre ce divertissement. ■

Leur pieux frère, le prieur de Fréville, fut-il témoin de leur succès? Il est probable qu'il resta à Rouen, retenu par la maladie de son oncle et parrain Antoine, et aussi par les soins à donner à la publication de ses Poésies, Dans Tunique exemplaire qui reste de la seule édition qui s*ea fit, et qui a été scrupuleusement reproduite par M. Prosper Blfinchemain, ni une dédicace, ni une approbation, ni un privilège ne nous fuurniss^ent une donnée quelconque à ajouter aux mres indications que l'ouvrage lui-même et les recherches de son nouvel éditeur nous ont fournies pour tracer un rapide aperçu de sa vie et de ses œuvres. Il est seulement permis de croire qu'il ne les donna pas au public sans prendre les conseils de ses frères et de sa sœur Marthe, celle qui fut la mère de Fontenelle, et dont le goût éclairé inspirait assez de confiance à Pierre pour qu'il lui soumit toutes ses pièces.

A partir de cette date, nous ne retrouvons plus trace du 'P. Antoine Corneille que dans quatre circonstances : en 1649, on voit sa signature, avec celle de Pierre et celle de Thomas Corneille, à la suite de la reddition du compte de la fabrique Sainte-Marie-des-Champs, qui eut lieu le 14 janvier de cette année, un peu plus d'un an après le

ANTOlNlfi CORNEILLE. 203

décès de leur oncle Antoine Corneille, curé dç Sainte- Marie; en 1652, Pierre Corneille, dnns une lettre au P. Boulart, associé du P. Charles Faure, dans la réforme des chanoines de Saint-Auf^ustin el général de Tordre depuis 1640, lui rappelle qu'il a un frère appartenant à la congrégation de Sainte-Geneviève : « J'ay un frère de vostre habit. > Rien de plus dans toutes les œuvres de Tun et de l'autre ; en 1657, le 7 avril, un mois avant sa mort, Antoine était à Fréville, où il achetait des arbres à un laboureur du pays, nommé Viard; enfin, le 20 mai de cette même année, il mourait à Rouen, auprès de sa famille, a qui il fut ainsi permis de lui prodiguer ses soins. Lorsqu'il fut enterré, son cercueil put être recouvert de ce € drap de velours noir mortuaire » que Pierre Corneille avait donné au trésor de Téglise de Saint-Sauveur de Rouen, en 1652, et t pour lequel mademoiselle Corneille, sa mère, a contribué de la somme de cent livres, parce que ledit sieur Corneille aura la faculté de s'en servir pour eux, sa famille et ses domestiques, sans pour ce payer aucune chose. »

Les religieux de Saint-Augustin ou chanoines réguliers de la congrégation de Sainte-Geneviève, avoient, au dire des savants auteurs du Dictionnaire de Trévoux, un point commun avec les moines : c'est qu'ils ne pouvaient ni hériter ni tester, et que leur ordre était leur héritier naturel. Il y a là une erreur. Plus favorisés que les moines, plus heureux même en cela que les chevaliers de Malte qui avaient obtenu, comme un encouragement à l'économie, rautorisation de disposer en mourant d'un cinquième de

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leurs biens, les ohanoines de Saint-Augustin avaient le droit de prendre telles dispositions testamentaires qu*ils jugeaient convenable. Les Carmes dePont-Audemer,qui, en 1617, avaient revendiqué la succession d*un de leurs compagnons, Jean Gontier, contre les trésoriers de sa paroisse, provoquèrent, à la date du 20 avril de cette année, un arrêt qui annulait le testament que le défunt s*était cru autorisé à faire, parce qu'il avait obtenu les dispenses nécessaires pour être pourvu d'un bénéfice, une cure; mais, à la date du 12 janvier 1629, le même parlement maintint, contre les religieux de l'ordre de Saint-Augustin, le legs fait par l'un d'eux, le P. Guerout, à l'église dont il était pourvu.

U^ant d'un droit incontestable, le P. Antoine Corneille fit donc un testament; il choisit comme exécuteurs de ses dernières volontés le P. Lucas, qui devait lui succéder comme curé de Fréville, le sieur Duclot, qui nous est inconnu, et le sieur de Panneville, < personne de qualité et de considération. »

Le testament d'Antoine Corneille ne nous a pas été conservé ; mais les reçus délivrés aux exécuteurs testamentaires par les légataires existent encore, et suffisent pour nous faire connaître l'emploi de tout ce qu'il laissa au delà des sommes nécessaires pour acquitter quelques dettes. Ainsi, nous voyons qu'il légua une somme de 2,000 livres < pour estre employée aux bâtiments de l'abbaye du Mont-aux-Malades; » — à divers serviteurs, tant pour gages qu'à titre de don, savoir : à Nicolas Cheval, 200 liv. 8 sols; à Robert Leclerc, 150 liv.; à Guillaume..., valet de charrue, 20 liv.; à Catherine Tran-

card, servante, 2SSIiv.. Viennent ensuite : pour les Filles* Dieu de Rouen, 20 liv. ; — pour la fabrique de la paroisse de Saint-Gervais, où un service a été dit à son intention un peu avant sa mort, 100 sols; — pour les capucins de Rouen, 10 liv.; — pour < sœur Marie Demoy, religieuse, dépositère, »S0 liv.; pour la paroisse Saint-Sauveur, 10 liv.

Du reste, des biens laissés par le prieur de Fréville, une partie servit à payer différents frais provenant de sa dernière maladie, ou qu'il n'avait pu acquitter avant sa mort : par exemple le bastier qui, pendant les six derniers mois, avait entretenu ses harnois et ses selles; l'autre partie fut laissée à ses frères Pierre et Thomas, pour euxmêmes ou pour les rembourser des avances faites à l'occasion des funérailles du défunt.

Le premier soin de Pierre, qui était homme d'ordre, fut de réclamer les objets prêtés par mademoiselle leur mère, et dont nous avons vu plus haut le dénombrement : le tout, auquel on joignit les quelques livres, — entre autres un saint Ambroise, — qui formaient la plus que modeste bibliothèque de leur frère, fut estimé 160 livres; l'étiquette, c'est-à-dire le mémoire de l'apothicaire, s'éleva à 40 liv.; P. Corneille eut, en outre, 40 liv. à avancer < pour le médecin, l'offrande des gants et souliers blancs, conduite du corps, frais du caresse et autres frais. » Pour se couvrir de ces avances, dont le total s'élevait à 240 liv., Pierre et Thomas Corneille se firent remettre « une montre, plusieurs rochets tant de dentelle que de grosse toile, les habits et soutane du défunt, — qu'en voulaient-ils faire? — le tout estimé 180 liv.; > le P. Lucas leur remit de plus 60 liv. en argent.

Enfin, on possède trois reçus de P. Corneille pour des sommes que lui devait son frère, ou qu'il lui laissait par testament : 100 liv. lui furent payées le 5 mai; 197 liv. le 2 juillet; 203 liv. en décembre 1658, soit une somme totale de 500 liv.

Le compte des funérailles du curé de Fréville nousa été également conservé; les pièces de ce genre sont trop peu nombreuses pour qu'on ne lise pas c«lle-ci avec un intérêt qui s'augmente de la pensée qu'elle s'applique à un membre de la famille du grand Corneille; nous la reproduisons donc ici, d'après un texte que nous devons à l'amicale obligeance de M. Blanchemain :

Mémoire des frais qu'il a convenu faire pour le service de religieuse personne feu do m Anthoine Corneille, prèlre, curé de V église paroissiale de Saint- Martin de Fréville: le coiys duquel fut levé de la paroisse de Saint- Sauveur de Rouen, pour eslve porté audicl lieu de Saint-Martin de Fréville, où il fut inhumé le vingl-el-uniéme de may mil sioc cent cinquante-sept :

Premièrement, pour M. le curé

Pour les trois haultes messes 41.10 8.

Pour les vicaires 2 10

Pour les clercs 2 10

Pour les autres chapelains, au nombre de

neuf, chacun vingt-cinq sols 11 5

Pour quatre basses messes dites le jour du

deceds dudit defTuDCt 2 10

Pour neuf uutres basses messes dites le jour

du service 5 14

Pour les pseaultiors, au nombre de 8, à 10 s.

pièce 41. »

Pour les offices des chuppiers, diacres, soubs

diacres » 30

Pour le prestre du danger » 20

Pour les olTrandes des trois messes, chap-

piers, diacres et soubs diacres » 18 9 d.

Pour la sonnerie, tant le jour du deceds que

pendant le service 10 &

Au thrésor, pour Touverture de la terre. . nt7a7

Pour les soubs clercs. » 30

Pour le coutre (ou ct4«/os) » 30

Pour Toffrande du cierge à la dernière messe. (12) (?)

Un demy escu d'or.

Pour le prestre qui a assisté ledict delTunct

et conduit son corps à Fréville

Le présent mémoire areslé à la somme de soixante et quatre livres dix sols, laquelle a esté payée par le sieur Lucas {successeur d'An t. Corneille à la cure de Fréville) : en foy dequoy j'ai signé le vingt-sept iesme de octobre mil six cent cinquante-sept, — Signé : Dblahayb.

De ce compte, il résulte clairement que le P. Antoine Corneille ne mourut pas de la peste, comme a pu le faire croire la mention des vingt sols donnés au < prêtre du danger » : c'était là probablement une sorte d'impôt prélevé sur tous les morts pour former le traitement du c porte-Dieu » qui leur administrait les derniers sacrements, et recevait aussi le nom de « prêtre du danger. » La preuve qu'il mourut, sans aucun soupçon de peste, c'est qu'il eut pour l'assister dans le cours de sa dernière

maladie, un prêtre qui accompagna son corps lorsqu*il fut transporté dans sa paroisse, au lieu d'être inhumé à Rouen, dans le cimetière le plus voisin; c'est, enfin, qu'on le laissa dans sa famille qui vivait dans cette rue de la Pie, 011 depuis plusieurs générations, en étaient nés tous les membres : ce point semble du moins acquis par le fait de sa présence, au moment de sa mort, sur la paroisse Saint- Sauveur où était située la rue de la Pie.

Le P. Antoine Corneille mourut jeune. Sa vie, qui eut son heure d'éclat, au moment de ses triomphes dans les concours palinodiques, tomba vite dans une obscurité dont nul écrivain célèbre de son temps n'eut Toccasiou de le faire sortir en introduisant son nom dans quelque lettre, dans quelque pièce de vers, dans quelque mémoire; le volume même de Poésies qu'il publia ne put servir à tirer son nom de l'oubli, puisque tous les exemplaires, à l'exception d'un seul, ont été perdus. Il n'a pas fallu moins que la curiosité des érudits de notre temps, toutes les patientes et patriotiques recherches des bibliophiles normands, ses compatriotes, pour lui assurer une place modeste parmi les poètes de son époque; on Taperçoit, à côlé de son glorieux frère, comme une de ces pâles nébuleuses qui disparaissent presque dans le rayonnement des astres brillants dont elles sont comme enveloppées.

La publication des poésies du P. Antoine Corneille a été faite avec soin, avec luxe même par M. Blanchemain, et nous sommes heureux de lui rendre hommage. La notice dont il Ta fait précéder est pleine d'intérêt; nous

avons essayé de préciser. quelques points sur lesquels le cadre de son travail lui permettait de ne pas insister, et de compléter son étude en replaçant le P. Corneille au milieu des idées et des préjugés de son temps, au lieu de le présenter dans un isolement qui le grandit peut-être au delà de la vérité; mais nous nous plaisons à reconnaître que les pages qui précèdent n'eussent pu être écrites si M. Blanchemain ne nous en avait fourni les principaux éléments.

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