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Il Vie du ditr rf'-^>fro». par Girard, Paris, 1*730,1 vol, ln-4'', p. 21?
fait à son maitre Téloge de Cospeau; le duc va l'entendre et devient bientôt son auditeur assidu. Confondu presque avec les écoliers, sans vouloir occuper un siège isolé, comme il convenait à sa dignité et comme le faisaient sans doute les autres grands seigneurs de la cour, il ne manque pas une leçon, et se fait de son professeur un ami.
< Lors même, dit son panégyriste Le Mée, qu'il n'étoit que professeur dans les collèges de TUniversilé de Paris, et que, selon la coustume, il faisoit le catéchisme pour l'instruction des Ecoliers, il auoit pour auditeurs des magistrats, des Cordons bleus, des plus grands seigneurs du royaume, qui, rauis de sa façon d'expliquer nos mystères, le consideroient dès lors comme le saint Paul de Teglise de Dieu, tel qu'on l'a veu puis après. »
Le marquis de Rambouillet, admirateur de son éloquence, tira Cospeau de l'enseignement public et le reçut chez lui, où il mit à sa disposition bonne chambre, bonne table, serviteur pour lui seul, un cheval même : peut-être se chargea-t-il alors, comme le dit Girard, de l'éducation du jeune marquis de Rambouillet; peut-être aussi, comme le dit J. Roën, trouva-t-il au contraire chez son nouvel hôte des loisirs qu'il consacra entièrement à l'étude de la philosophie et de la théologie, « ces deux reines qui ne peuvent pas plus se séparer que Socrate ne séparait l'honnête de l'utile. »
Fort de ses nouvelles études et cédant aux sollicitations de Le Plessis-Baussonnière, il commença à se livrer à la prédication. Dès Tannée 1603, nous le trouvons consacrant à la maréchale de Retz sa première oraison funèbre: mal-
heureusement elle est perdue, et nous ne pouvons juger de ]a langue dont il se servait.
Il y avait quatre ans à peine que Cospeau habitait la France ; quand il y arriva, il était c muet pour le françois et ne pouvant prononcer comme il le falloit un seul mot de ce doux langage*. » Le succès de son oraison funèbre prouve la facilité avec laquelle il apprit à fond notre langue, et explique la vogue de ses sermons dans les principales églises de Paris. « Quand il prêche à Saint-André, à Saint- Paul, à Sainl-Eustache, les voitures, les carrosses, les litières, les chevaux, sont en foule à la porte, et Téglise est trop petite. Le cardinal Pierre de Gondi, qui le porte dans ses yeux, qui l'aime jusqu'à la moelle [meduUitus\ son neveu Henri de Gondi, ne le laissent pas monter en chaire sans Taller écouter. Ce vieux seigneur, Nicolas d'Angennes de Rambouillet, va entendre à Paris tousses sermons, et même il l'emmène quelquefois au Mans, non pour lui procurer du repos, lui faire interrompre la toile commencée, mais pour que la rosée bienfaisante de ses paroles viennent désaltérer les âmes ardentes dont la piété l'appelle*. »
1. Oraison funèbre de Henri /F. — A la fin. — « Ceci a besoin d'ôtrc expliqué... Cospeau fait allusion à son mauvais accent de province, â Mons, on parlait, et Ton parle encore le patois; mais c^est un patois français, comme en Picardie : il ne faudrait pas s'imaginer que Cospeau parlait une langue étrangère, le flamaDd par exemple, qui ne se parle poiut dans le Haioaut,et dont certes il n'avait pas la moindre connaissance. » {Leftre de M. le baron de Stassart,)