Tallemant, IV. p
mier sermon, « estant demeure satisfait au dernier point de réloquence de ce nouvel orateur, il fit prendre à toute la Cour le chemin de rUniversilé... Le duc d'Espernon, ne se contentant pas d'avoir favorisé la réputation d'un homme qui Tavoit si bien mérité, voulut encore rehausser par ses bienfaits une vertu qu'il avoit le premier tirée de l'obscurité. L'évôché d'Aire avoit vaqué quelque temps auparavant par la mort de François, Monsieur de Foix et de Gandalie; cette dignité ayant esté laissée à sa disposition, il préféra de bon cœur le mérite de cet ami à la considération et au respect de plusieurs personnes de condition, qui lui touchoient d'alliance. Il luy flt expédier à son déçu le brevet de l'évêché, il luy fit venir les bulles de Rome à ses dépens, et hiy donna les meubles et l'équipage nécessaires pour soutenir sa dignité, laquelle sans cela eust pu lui estre à charge. Ce bon prélat m'a souvent raconte cette partie de son histoire, car personne ne témoigna plus sa gratitude d'un bienfait qu'il en lit paroitre toute sa vie. S'il se louoit hautement de la libéralité du duc, le duc ne se louoit pas moins de sa bonne fortune de luy avoir fait rencontrer un si digne sujet pour placer heureusement ses bienfaits : nous ayant dit souvent. qu'il avoit reçu plus d'assistance de luy en ses affaires, plus de douceur et de contentement en sa conversation, et plus de consolation en ses déplaisirs, que de tous les autres avantages qu'il avoit retirez de la fortune durant tout le le cours de sa vie*. »