Girard, Hht. du duc d'Épemon
COSPEAU, ÉVÂQUE D'AIRE.
Avant de quitter des amis si dévoués, Cospeau se fît sacrer par Tarchevéque de Paris, Henri de Goodi, en Sorbonne, le 18 février 1607 : celui-ci était assisté de TAubespine, évêque d'Orléans, qui avait été élève de Cospeau, et de Berthier, évêque de Riez. Quand il dut s'éloigner, Cospeau laissa à la cour les plus vifs regrets, à Henri IV surtout, qui aimait à s'entretenir familièrement avec lui*.
Lorsqu'on 1610, ce prince succomba sous le poignard de Ravaillac, la Reine, qui conaissait l'éloquence du nouvel évêque, qui savait combien il était cher au Roi et qui l'aimait elle-même, le chargea de l'oraison funèbre.
Cospeau n'eut pas seul l'honneur de faire l'éloge public du monarque. G. du Peyrat, aumônier servant de Sa Majesté, publia toutes celles qui furent prononcées ou écrites, et nous en trouvons dans son recueil jusqu'à trente-quatre, françaises, latines, italiennes et espagnoles.
Les obsèques se firent avec une solennité extraordinaire; une ordonnance du 15 juin avait chargé « au prix de neuf-vingts livres tournois, le sieur Gaspard M«^1od, juré crieur de corps et de vins, » de recouvrir de tentures noires divers monuments et aussi les arcs de triomphe récemment élevés pour rentrée de la Reine; toutes les maisons par où passait le cortège durent être également tendues d'un lé do serge ou de drap noir, et les habitants
». .loan. Roôni..., etc.
PHILIPPE COSPEAD. 3(<l
s'être pourvu d*un cierge au moins de cire jaune*; et sur ces tentures, placées par ordre du prévôt des marchands et des échevins, furent posées de distance en distance, les armes de Paris, peintes, a raison de 42 sous la douzaine, par le sieur François Henri, peintre ordinaire de la ville. Prévôt et échevins rivalisèrent de zèle pour qu'on fît un enterrement en rapport avec ceux des règnes précédents, c et encore mieux s'il est possible"; » digne enfin d'un roi, c le bravo des braves..., le miracle des rois et le roi des miracles*. Dans le convoi, outre les prêtres de toutes les églises, les religieux de tous les couvents, pour ne parler que du clergé, les prédicateurs, confesseurs et aumôniers du feu Roi, on remarquait encore, marchant à pieds, « dix-sept tant archevosques et evesques, deux à deux, tous mitrez de mitres blanches et portans chappes de velours noir; à la fin desquels marchoit monsieur Tarchevesque de Lyon, seul et éloigné des autres. > Séparés par le corps des ambassadeurs, « messieurs les deux nonces du pape, ordinaire et extraordinaire, marchoient aprez, et des deux costez alloient messieurs les archevesques d'Aix et d'Embrun montez sur leurs mules. Suivoient messeigneurs les révérendissimes cardinaux de Joyeuse et de Gondy, avec leurs chappes violettes et chapeau rouge, aussi montez sur des mules et suivis de leurs officiers. > •
Ce jour-là, 29 juin, le cortège parti du Louvre à deux heures, n'arriva à Notre-Dame qu'à neuf heures du soir :