‹ Portraits du XIXe siècleChapitre 17 sur 23 · COCHIN · texte numérisé non relu

COCHIN

AUGUSTIN GOCHIN

Lorsque meurt un homme qui a aimé l'Église et a traduit cet amour dans sa vie publique, nous lui devons des regrets et un hommage publics. Et il faut que nos adversaires disent de nous : « Voyez comme ils s'aiment. »

Les idées de M. Cochin n'étaient pas les nôtres et nous avons dû souvent nous séparer de lui. Nous ne l'avons jamais fait sans quelque douleur : car il est toujours pénible de combattre une noble intelligence et un cœur honnête. Mais nous avons toujours pris plaisir à reconnaître la très profonde sincérité de ce vrai chrétien. Nous savons qu'il aimait les « principes de 89 » avec la vivacité d'un amour que tous ses amis ne pouvaient partager ; mais on nous permettra de dire qu'il les aimait avec une candeur absolue, et il s'était créé, dans son imagination, des « principes de 89 » qui n'étaient point ceux des révolutionnaires. Il avait la bonne foi d'un enfant, et personne n'a jamais pu avoir contre lui quelque chose qui ressemblât à de la haine. Il fallait l'aimer, il fallait serrer cette main loyale. Nous lui disions : « Vous vous trompez ; » mais nous l'aimions en le lui disant.

Sa parole était une des plus charmantes que nous ayons jamais entendues. Elle était charmante, parce qu'elle était spontanée. Ce n'était pas un grand orateur :

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