M-' FREPPEL
rins viennent, encore aujourd'hui, rendre hommage à celte auguste patronne de l'Alsace ; Obernai est comme imprégné du souvenir et des vertus de celte chère sainte que Mgr Freppel a dû prier bien souvent durant les âpretés de sa vie. On peut ajouter, avec certitude, qu'il l'a surtout invoquée depuis 1870.
Dieu avait placé près de son berceau une famille profondément chrétienne. Sa mère était une femme d'élite, qui voulut être le premier professeur de ce fils très intelligent que le Ciel lui avait donné. Alsacienne jusqu'au plus intime de son âme, elle communiqua à son enfant l'amour de l'Alsace française. Elle eut un jour la joie de le voir prêtre ; puis, la joie plus vive encore de le voir, plus tard, la mitre en tète et la crosse en main. Elle fut témoin de ses combats et de sa gloire, et ne demanda à son illustre fils que la permission de vivre auprès de lui dans une humble chambre de ce beau palais épiscopal d'Angers. Tous les Angevins se souviennent de cette femme toute simple et qui traversait si modestement les rues de leur ville. J'ai prié près de sa tombe.
Il y avait un pensionnat à Obernai où le jeune Freppel fit ses premières études. On rappelait, ces jours derniers, que, dans toutes ses classes, « il fut toujours le premier»; j'aime mieux rappeler ici le cri qui lui échappait souvent : « Je veux, je veux être prêtre. »
C'était une sorte de phénomène, d'enfant prodige. Sa mémoire était merveilleuse, son esprit précoce. A dixsept ans il était bachelier ce qui était une rareté en cet heureux temps . Quelque temps après, il entrait au grand séminaire de Strasbourg, et était chargé d'enseigner l'histoire au petit séminaire. A vingt-deux ans, il était prêtre.
Nous sommes en 1849.