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thème sur l'escamotage de trois ou quatre mots. — S'attaquer à ce qui ne gêne point, et ne pas réfuter ce qui gêne. — Altérer par vice d'addition un texte capital. — Fonder une argumentation sur un double sens imaginaire.— Soustraire les citations importantes et multiplier les citations nulles. — Diviser, scinder ce qui est uni. — Transposer des faits. — Favoriser une fausse nuance par la substitution systématique d'une expression à une autre. — Imaginer un procédé arbitraire pour l'attribuer à ceux que l'on combat. — Transformer des faits particuliers en faits généraux. — Affirmer gratuitement un antagonisme entre les sentiments et les paroles. — Métamorphoser un enseignement. — Faire dire à une déclaration doctrinale l'opposé de ce qu'elle dit. .-*-' Procéder par voie d'omission collective.... Vous voyez, Messieurs, d'après les articles de ce programme, que vous devez vous armer de patience. » Mgr Gerbet se trompait dans ces derniers mots ; mais dans ces derniers mots seulement. Jamais d'ailleurs cette vertu si enviable, la patience, n'a été moins nécessaire que dans la lecture de son livre. Et, en effet, plein d'horreur pour la théorie de la divination, pour le procédé du trépied, le grand écrivain établit, d'après les meilleurs textes, la vérité de tout ce qu'il avance. Il est plein d'amour pour les preuves, pour les vérités prouvées. Sa dissertation est un modèle à ce point de vue comme à tous les autres. Puis, quel esprit, quel style, quel bonheur étonnant d'expressions ! Vous figurezvous l'alliance intime de l'esprit français avec l'indignation d'un évêque ? Vous représentez-vous ce que c'est qu'un ouvrage où l'intelligence gauloise jette de brillantes étincelles, et où l'on entend les grands battements d'un cœur d'évêque? Voilà la Stratégie de M. Renan.
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La Préface de l'éditeur n'esl pas indigne du livre1. Elle se termine par un beau cri de charité que j'aime. Car je
suis de ceux qui attendent avec un immense désir cl qui osent encore espérer la conversion de M. lîenan. Post tenebras lux.
Et après avoir esquissé de mon mieux toule la vie intellectuelle de Mgr Gerbet ; après avoir montre! la triple influence qu'il exerça comme théologien, comme érudit, comme apologiste ; après l'avoir félicité d'avoir fait triompher en théologie les grandes doctrines des Pères, d'avoir fait triompher en érudition les invasions du style et de l'art, d'avoir fait triompher dans la polémique les procédés de la vraie critique et de l'analyse, je ne puis que répéter, avec l'éditeur de la dernière de ses œuvres, ces paroles profondément chrétiennes et consolantes : « Plût à Dieu que ce livre ouvrît les yeux de celui qui, nouveau Saul, persécute l'Eglise de Dieu ! 0 saint évêque, obtenez cette grâce. »
1 Pour avoir l'intelligence des lignes suivantes, il faut se rappeler qu'elles ont été écrites il y a plus de vingt ans.