‹ Portraits et discussionsChapitre 31 sur 56 · SIMPLES NOTES SVU MAURICE BARRAS 2:U · texte numérisé non relu

SIMPLES NOTES SVU MAURICE BARRAS 2:U

iiialière ! que de richesses ! quel beau débordciiienl ! Rarrès s'amuse ({uand il parle de son (Icnii-si^clc d'Afj^e. Jamais jounc poèlo ne se livra avec plus d'ardeur au péché de jeunesse littéraire, qui est de meltre dans un unique \oJume, de répandre dans le cadre d'un sujet pnrliculier, et par-dessus ce cadre, au besoin, l(»ul le trésor de ses pensées et de ses sentinjonls. ( )uo nos jeunes poètes ne se gênent point, au .siir[)lus, si, par hasard, ils possèdent, eux aussi, la souveraine maîtrise d'un style admirable de plénitude, d'harmonie, d'invention, de pureté tians la hardiesse..., sans parler de quelque ohosc déplus précieux onrorc : rr ton, cet accent à la Barrés !

L'extraordinaire abondance qui frappe dans l(t (\)llitn' ins/x'/vf n'est pas l'abondance de La l'onlaine ou de N'oltaire. Ce n'est pas l'abondance du ruisseau ou du calme fleuve coulant sans inquiétude entre ses rives fidèles. C'est plutôt celle du torrent auquel la paroi de la roche glacée a longtemps disputé le passage, mais qui n'en jaillit (ju'avec plus de violence et en entraînant plus d'éléments dans son onde, une fois assez accumulé pour rompre l'obstacle.

Il y a tout d'abord dans la Colline inspirée un récit, un roman, si vous voulez, un drame, peut-on dire encore, dont Barrés a trouvé le sujet dans les annales religieuses de la Lorraine. Il l'a étudié en archiviste, et la propre matière de l'affabulation, la suite de ces événements, les aventures de ces vies paraissent bien reproduire une réalité historique. Sous Louis-Philippe, aux approches de 1848, trois frères prêtres, les Baillard, dont l'aîné, Léopold, est Pâme et le génie inspirateur, entreprennent de relever le vieux sanctuaire lorrain de Sion-Vaudémont et de fonder à cette place traditionnellement vénérée un ordre religieux militant d'hommes et de femmes. Leur but? Opposer l'influence d'une tribu sainte au rationalisme du siècle et aussi à sa médiocrité religieuse. Léopold est un orgueilleux et un entêté qui a l'esprit mystique, mais non l'esprit de soumission ; et il a aussi beaucoup trop l'esprit des « affaires ». Ses fort répréhensibles imprudences d'administration et la qualité même du mysticisme qu'il répand alarment gravement son évêque, dont un décret vient dissoudre la communauté naissante. Léopold ne s'incline pas, entraîne son monde dans

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