‹ Portraits et discussionsChapitre 46 sur 56 · I.E THÉÂTRE DB M. DB POBTO-RICMB · texte numérisé non relu

I.E THÉÂTRE DB M. DB POBTO-RICMB

Le petit Augustin, en qui toute la maison admire les symptômes du génie, et la « maman adorée » d\\u}j;iistin ont des conversations qui me seml)lent étranges, de mère h fils. Augustin a surpris que sa mère soupçonnait son père.

THÉRÈSE

Mon Dieu ! quel juge d'inslniclion tu fais!

AUGUSTIN

Tes soupçons sont vieux de trois soin;ntu'<, ri lu n'as plus la force de les étouffer.

THÉRÈSE

Ne me traque pas ainsi, je t'en prie.

AUGUSTIN

A tel point que réduite à feindre, mais impuissante à te maîtriser,' tu les trahissais à l'instant, malgré toi, noua le voile trop clair (Tune thèse amou-

renst'.

THÉRÈSE

T'a connais assez mon goût pour ce genre de proftlbmes.

AUGUSTIN

Ton aftblement était visible.

THÉRÈSE

Il ne faut pas confondre les sentiments et les idées.

AUGUSTIN

Combien tes raisons sont pauvres, à côté de ton «xaltation de tantôt ! Je ne savais pas d'où venait l'orage, et quoique mal à l'aise, je t'écoutais avec «andeur.

THÉRÈSE

Reprends ta crédulité.

AUGUSTIN

Ce matin pourtant, . plusieurs interrogations bizarres sur les faits et gestes de Mme Allain m'avaient -déjà troublé ; mais, pour démêler les choses, j'étais trop loin de toi, semble-t-il. Ton cri de désespoir, ton triste appel devait seul nous rapprocher.

THÉRÈSE

Chère âme exagérée.

AUGUSTIN

Ce cri, vois-tu, je l'entendrai jusqu'à mon dernier souffle. Hélas ! Hélas ! En même temps qu'il me renseignait sur l'état de ton cœur, il me révélait le secret du mien.

THÉRÈSE

Je maudis mon emportement. La bonté de ton père m'a préservée de toutes les épreuves.

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