‹ Portraits et discussionsChapitre 47 sur 56 · I.b iULtàhfc. wh M. iib HOHIO-ltiCiifc. 8S · texte numérisé non relu

I.b iULtàhfc. wh M. iib HOHIO-ltiCiifc. 8S

AUGUSTIN

Je ne le croin pas.

TiiânèsE

Ma vie, ma vie? Est-ce que chaque jour lu n'en remarijues pas KoK-mf'WM^ V accord inteiïige ni et frnlrr-

nel, In pcrjeclinti ronuiiwsijiw?

QiKî le j)clil Augustin, ayant vu l)eaucoup pleurer sa mère, ait trop creusé la cau9<^ de cns larmes, c'est naturel. Que les imprt^ssions et les réflexions qui sont nées de là l\"iienl rendu trop précoce, c'était, hélas ! ^ [vrévoir. Mai*; voici comme il l'exprime :

Plus imprudente que tout à l'heure, tu ne te doutais pas que ce triste baptême me consacrait à l'amour.

Puisqu'ils sont malheureux, la mère et le fils, pourquoi ne distràiraient-ils pas leur douleur |)ar un voyage ?

THlvBi^;SE

El si nous partions l'un et l'autre ?

AUGUSTIN

Maman...

THÉatsi:

Ce soir, sans le dire à personne? Si tu emmenais

ta mère clans une Venise très triste et qui comprendrait ta peine. . .

Le petit Augustin est le premier à parler tout le temps de « sa sensibilité », célèbre dans la famille. 11 en parle avec le sourire triste d'un enfant bien sage qui se sait une maladie incurable et a déjà beaucoup de littérature. Mais il n'ignore pas ce qu'on en pense : « Tu étais si lier de ma sensibilité », dit-il à son père. Et ailleurs : « Je crains les rechutes de ma sensibilité. » Il annonce « qu'il va reprendre sa tristesse habituelle «, il dit à sa mère « qu'elle lui a communiqué son âme douloureuse ». La préciosité des précieuses de Molière portait sur le langage des sentiments. La santé et la pureté de la langue française intéresse la conservation d'un tel héritage intellectuel et moral, que Molière, en s'attaquanl à cette afféterie, rendait un haut service à la civilisation. La préciosité à laquelle nous avons affaire porte sur les sentiments eux-mêmes, sur la manière de les éprouver, de les vivre. Et quels sentiments : l'amour maternel ! la confiance filiale ! C'est autrement grave.

Dans la dernière scène, Mme Fontanet, qui a l'intuition du suicide de son fils, veut faire convenir son mari qu'il partage son angoiàse.

LL llILÀlilL. UL M. UL l'UlilU UlCUB àSl

Pour cela, elle lui définit la nuance rare de ce (ju'il doit éprouver en celle minute, et elle fait appel h cv qu'il possède et à tout ce qu'il y a dans la famille de lillératurc. « Conviens, lui dit-elle, que cette tempête te communique une espèce de cniinte relii>ieiise. Tu penses, avec justesse, que, pour un enfant de La race du nôtre, la fureur des éléments peut paraître une invitation au suicide, un appel à la mort. »

Iilprouvcz vous un indicible malaise? Non? Alors, mettons que je n'aie rien dit.

Telles sont, autant que j'ai su les départir, la part du bon et du mauvais dans l'œuvre de M. de Porlo-Riche. Malgré la langueur lourde du Vieil Homme, je n'ai certes pas nié que l'auteur à\\.moureuse et du Passé fût un maître du tbéîUre. Je lui ai concédé un litre plus haut : celui de poète (bien entendu, ce n'est pas i\ cause de ses vers), de poète sincère. Ce qui s'exhale de poésie du IhéAlre de M. de Porto- Hiche est de la vraie et authentique poésie. Mais de la confiture pourrie [)eut être aussi de la vraie confiture, faite de fruits, non de produits chimiques.

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