‹ Portraits et discussionsChapitre 54 sur 56 · I.l> FiiKIiUb TIIAHAUI) aô · texte numérisé non relu

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éJéniciils cl dcB forces cui uclion dans ces milieux l'ont prcsscnlir la iii:iti6re (11111 lablonii superbe.

.Mi)rt';»s mr ilisail un jour qu'il jugeait les vers comme un cordonnier juge une chaussure, en regardant si c'est bien fait. La crilicjue doit nolammont se placer h ce point de vue. Kt quand elle a alVaire à des écrivains à qui ne manquent rintelligence, le cœur ni le talent, c'est le seul. L'erreur des frères Tharaud me semble cojisister en ceci, que leur livre Hotte entre deux directions, dont l'unç est peut-être un peu surannée. Pour une part, c'est l'ébauche de celte grande tragi-comédie algérienne, pullulanle de polichinelles bandits, pour une autre c'est les feuillets d'impressions, d'évocation pittoresque et de rêverie d'un artiste en voyage. Quoique brillants, ceux-ci sont ce qu'il y a de moins original dans le volume. Pourquoi refaire du Fromentin, même légèrement nuancé de Barres, quand on n'est peut-être pas incapable de donner du nouveau, le roman à la Balzac sur une lointaine situation publique que l'on a le privilège de connaître et que l'on était à mémed'ap- |)rofondir?

A ce livre tout en action nous eussions perdu quchpies pages île « couleur ». Et, je le répèle malgré l'espèce de perfection qu'y réalisenl les auteurs de la Fête arabe, elles ne sont pas les

meilleures. Cela a été trop fait et il n'en est pas de la peinture du ciel du désert ou des femmes arabes à la fontaine (quand ou la traite du moins en enluminure), comme de la peinture de l'amour : elle ne peut se recommencer avec fraîcheur indéfiniment. Où Chateaubriand^ Flaubert, Th. Gautier, Fromentin ont passé, pour longtemps ne passons plus. La moisson est faite. L'azur et le vermillon de la palette littéraire sont fatigués. Je ne goûte pas beaucoup l'excessive harmonie que MM. Tharaud cherchent dans leurs pages descriptives et qui va jusqu'à leur faire aligner (volontairement) de longues séries de vers blancs. Exemple (il s'agit de l'eau) :

Elle entre sous le mur par un étroit eanal, Va toucher chaque plante, la caresse un instant, Répand dans chaque enclos sa fraîcheur et son bruit, Et puis soudain la quitte ; une main inconnue Vient de fermer la porte qui lui donnait accès,

Et l'eau silencieuse A pris sa course ailleurs vers un autre verger. Ainsi de mur en mur, de jardin en jardin, Elle glisse en tous lieux à travers l'oasis. Partout on la rencontre, diligente et pressée. Tantôt dans un sentier brillante de lumière...

etc. C'est du Paul Fort. Et cela fait dans la prose, qui a ses harmonies propres, des ca-

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