‹ Portraits et dossiers parlementaires du premier Parlement de Québec [microforme]Chapitre 7 sur 104 · L'HON. SIR G. E. CARTIER, BARONNET, DÉPUTÉ DE MONT · texte numérisé non relu

L'HON. SIR G. E. CARTIER, BARONNET, DÉPUTÉ DE MONT

qu’une :

ue RÉAL-EST, MINISTRE DE LA MILICE.

n s )h ysio- Faites abstration du cadre, analysez attentivement les traits de la ouvant D Lhysionomie de l'Hon. Baronnet, et vous obtiendrez, dans des proporlaisan- tions réduites mais exactes et vraies, un portrait ne le cédant en rien à ceux des hommes d'état européens dignes de ce nom. rues La célébrité de ces derniers tient d’abord à la grandeur du théâtre, à ligeait l'intérêt des incidents, à l’étroite solidarité qui relie les peuples du vieux monde, et fait que toute modification dans la manière d’être du plus humble, trouble l'organisme entier et dérange l’équillibre général. Les audacieux qui, rompant cette unité, ont le génie de faire Pr servir ces forces contraires, hostiles mêmes, au triomphe de leurs des- / seins sont réputés grands et entrent de plein pied dars l’histoire. Richelieu et P‘smarck resteront illustres parce que tous deux ont A, Mar. M réalisé une grande chose : celui-ci, l'unité Allemande, celui-là, l’unité française. Chacun de ces ministres a été l’incarnation vivante des aspirations nationales. C'est dans cette cause unique que le philosophe et l'historien devront chercher un jour le secret de la puissance de tels hommes, celui de leur popularité ainsi que la justification de leur les town- Mi grande œuvre.

: Sur une scène moins vaste, l’Hon. M. Cartier a joué un rôle à peu

près semblable ; il demeurera, lui aussi, comme la plushaute personnification de sa race. Si des conditions politiques particulières circonscrivent sa renommée, sa tâche n’en a pas été moins difficile, son mérite moins grand, son œuvre moius complète ; car, si deux génies ont constitué des tronçons épars d’ure race divisée des peuples unis et homogènes, l’'Hon. M. Cartier a préservé de l'absorption, sauvé de l’anéantissement la nationalité Franco-Canadienne, et, cela avec tant d'habileté et de courage, que, tout en forçant ses adversaires à le servir, il s’est attiré leur estime et leur respect. Au milieu de luttes ardentes, de circonstances difficiles, l’histoire de la carrière politique de l’Hon. Baronnet n’est que le développement de ce patriotique dessein. La fortune parlementaire de l’Hon. Ministre de la Milice abonde en contrastes : il a connu les amertumes de la défaite comme il a sa- Avouré aussi les ivresses du triomphe. Il entra aux Communes en 848, dans ces temps orageux qui suivirent les premières années de l'union, et où deux grands partis rivaux discutaient avec passion, le bull de l'indemnité, les réserves du clergé, les écolcs séparées, la tenure Seigneuriale, le rappel des lois de la métropole concernant la navigation, lacle municipal, etc., etc., toutes ces mesures fécondes eufantées dans le jrouble, et dont nous goûions paisiblement les fruits.

Quatre fois ministre, en 1855, 1858, 1864, 1867,—son chef et son modèle, M. Morin, le fut cinqfois,—il avait refusé déjà d’entrer dans le Cabinet de M. Hincks. en 1851, comme Solliciteur-Général ; en 1853, en jualité de Commissaire des Travaux Publics. Chargé en deux occaions difficiles, 1862 et 1864, de former un ministère, il laissa la derbière de ces tâches à son ami Sir. E. P. Taché, acceptant sous lui les

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fonctions de Procureur-Général. Les deux échecs subis par l’'Hon. lui qt Ministre de la Milice remontent l’un en 1854, lors de sa candidature au diensfauteuil présidentiel de l’Assemblée ; l’autre, à Montréal], lorsqu'il se au pe présenta comme député de la ville aux élections de 1857. Un troisie- défen, me, plus mémorable, fut la chute de son administration en 1862, au L'H sujet du bill de Milice. rACe.

Bizarre retour de lafortune! L’Hon. Baronnet a précisément choisi Æ pée qu dans le ministère actuel le portefeuille de la milice, et fait adopter Æ ge, bi pour celle-ci un projet de loi beaucoup plus effectif que le pre. Æ bile,r mier. ments Dans les conjonctures délicates, chaque fois qu’on a dû recourir plomb à des négociations avec l'Angleterre, l’Hon Baronnet a été choisi mande comme délégué. L'établissement du siège de la Capitale, la conférence qualité coloniale relative à la nouvelle constitution de "Amérique Britanique du M En( Nord, le transfert au Canada du territoire du Nord-Ouest, l'ont successive- M parle d ment vu à Londres, discutant le fonds et réglant les détails de ces im- ment d portantes mesures. ’Son nom, mêlé aux principaux événements du pays à “© livré depuis 1849, l'avait précédé en Angleterre et lui ouvrit les portes roya- Î connai! les de Windsor. Il avait été auparavant un des principaux délégués D dévoué aux conventions de Charlottetown et de Québec. dre En dehors de la politique, l'Hon. M. Cartier a occupé des fonctions dé De aussi nombreuses que distinguées. Avocat en 1835, il reçut le titre de de gt Conseil de la Reine en 1854 ; il a été directeur du chemin de fer du Grand chris L Tronc, avocat de cette même Compagnie ; en 1666, il devenait mem ;, rie bre honoraire du Barreau de la Province d'Ontario, et exerça, durant Lie. à le

plusieurs années, les fonctions de substitut du Procureur-Général. Chose remarquable, il conserva, pendant quatorze années, la prési- le dence du comité des chemins de fer dans l'ancienne législature du Canada, de 1852 à 1867. Il devient presque superflu d’ajouter à cette liste de charges et de postes, plus importants les uns que les autres, le tableau des mesures qu'il a fait adorter : L'établissement des écoles norma:les, le réglement définitif de la tenure seigneuriale, la construction du Grand Tronc, le transport de la capitale à Ottawa, la construction du chemin de fer Intercolonial, la décentralisation de la justice dans le Bas-Canada, la législa-h tion concernant les terres des townships ; la codification des lois civiles et de la Procédure civile du Bas-Canada, se recommandent entre toutes les autres. L’Hon. Baronnet s’est surtout occupé de cette dernière œuvre ; on peut dire qu’il en fut le créateur.

L’'Hon. Ministre de la milice représenta d’abord aux Communes le canton de Verchères jusqu’en 1861, et, depuis cette époque, la ville deBéritions Montréal. Au début du nouveau régime il crut devoir accepter unk siége à la Chambre locale, afin d’y porter le secours de ses lumières et de son expérience. La mission qu’il remplit en Angleterre, en 1869, ne lui permit point d'assister à la deuxième session du Parlement de Québec: ‘

L'Hon. Baronnet est né à St. Antoine, sur les bords riants de la rivie. re Chambly, au milieu de cette zone fertile réputée, au temps de sa naissance, comme le grenier du Canada. Coïncidence singulière, ce-

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lui qui devait un jour consolider et affermir ce petit noyau de Cana diens-Français, descend de la famille même de Jacques-Cartier. C’est au petit neveu de l'explorateur malouin qu'était , Sservée la tâche de défendre les droits de ceux que l'oncle avait amenés sur ces rivages !

L'Hon. Sir G. E. Cartier offre en sa personne les caractères de sa race. De petite taille, la nature semble avoir négligé la stature, occupée qu’elle était à construire le cerveau. La tête est fine, le front lar- Û ge, bien coupé, décèle l'intelligence ; une physionomie expressive, mo- | bile, reflète l'agitation intérieure et rend sensible l'impression des sentiments et des idées. Des yeux vifs et clairs, le nez mince et droit, surplombant le bas du visage un peu en pointe, révèlent la souche normande. Au moral, l’Hon. Ministre de la milice joint aux principales qualités de sa race un grand amour du travail. .

En Chambre, le député de Montréal ne fait point de discours, mais parle de ce ton simple et familier avec lequel les membres du Parlement d'Angleterre traitent de la politique. Dans l'intimité, son esprit | se livre etsa conversation abonde en réparties heureuses. Nul ne connait mieux que lui son pays et ses compatriotes ; on le dit ami sûr, dévoué, et ses adversaires eux-mêmes ont toujours rendu justice à son désintéressement et à sa fidélité.

Lorsque l’on considère chez l’Hon. Ministre de la milice sa vie occupée et remplie, que l’on suit chaque pas de cette carrière déjà si longue et pleine encore de sève et de vitalité, on ne peut s'émpacher d’admirer ; et, pour l’honneur de la nationalité ainsi que pour celui de la jeunesse, on ressent une légitime fierté à le citer comme un exemple, à le choisir comme un modèle.

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