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Chapitre VU. — Sources de la doctrine de saint Thomas d'Aquin

11 serait malaisé et peu utile d'analyser cette exposition , qui elle-même est une analyse. C'est dans l'ouvrage de M. Jourdain qu'il convient de chercher le tableau animé de la doctrine de saint Thomas. Avec une précision qui ne faiblit jamais, avec une exactitude que nous estimons irréprochable, l'auteur nous fait pénétrer dans le secret des problèmes les plus compliqués et les plus abstrus. Nous assistons aux polémiques intellectuelles qui ont passionné le moyen àge^ nous en admirons la subtilité, mais aussi nous en reconnaissons l'importance souveraine et la profondeur. Bien plus, nous en prenons le goût, et nous nous sentons comme mis en verve de hautes et métaphysiques discussions. C'est ainsi que, pour notre part, si un libre champ nous était donné, nous ne tiendrions pas quitte M. Jourdain sur Toptimisme et sur le principe de l'individuation. Non pas qu'en ce qui touche ces deux problèmes, il n'ait très-nettement démêlé la pensée, pourtant assez confuse, de saint Thomas. Mais peut-être ne nous rangerions-

iO SAINT THOMAS.

nous pas complètement à l'appréciation qu'elle lui suggère.

Quoi qu'il en soit, à considérer, dans son majestueux ensemble, la doctrine de l'Ange de l'École, on n'a pas de peine à comprendre qu'elle se soit perpétuée à travers les siècles, tantôt infuse dans les systèmes, tantôt professée ouvertement par les plus fières et les plus sublimes intelligences.

M. Jourdain a consacré le premier des trois livres, dont se compose son ouvrage, à l'exposition de la philosophie de saint Thomas. Le second traite uniquement de l'histoire de cette philosophie.

Et d'abord , avec la bonne foi qui éclate dans tout son travail, l'auteur avoue que ce ne fut pas seulement par l'irrésistible ascendant du génie que s'établit la domination du Thomisme. Des prescriptions rigoureuses l'imposèrent à l'Ordre entier de Saint- Dominique, et rOrdre lui-même mit sa gloire et tourna ses efforts à le répandre dans tous les pays du monde.

Mais qui ne voit que cette propagation organisée, violente même, de la doctrine de saint Thomas ne pouvait être que passagère? Pour qu'elle durcàt, il fallait manifestement qu'elle eût en elle une vertu capable d'assurer son autorité. Si le Thomisme a son histoire, c'est qu'il méritait de fixer l'attention de la postérité. Il y avait deux manières de retracer l'histoire de la philosophie de saint Thomas. On pouvait, en premier lieu, se proposer de rechercher toutes les traces du Thomisme, éparses çà et là dans les écrits postérieurs aux deux Somme. On pouvait, en se-

SAINT THOMAS. il

cond lieu, s'attacher exclusivement aux interprètes les plus accrédités du Docteur Angélique.

C'est à ce dernier parti que s'est arrêté avec raison M. Jourdain. Sans se perdre dans d'infinis et inextricables détails, il n'a compris dans son examen que les Thomistes les plus illustres, et en premier lieu Henri de Gand et Gilles de Rome.

D'ailleurs , ce n'est pas seulement par l'ardeur de ceux qui la professent que se développe cette doctrine. Comme tout ce qui est fort, elle grandit aussi par l'attaque. La lutte des Thomistes et des Scotistes lui est une épreuve qui ne sert qu'à l'affermir. « Saint Thomas devient parmi les saints comme Aristote parmi les philosophes, le maître de ceux qui savent. « La poésie transfigure sa personne béatifiée, et le chantre de la Divine Comédie le place comme au centre de sa mystérieuse épopée.

« Au sortir des enceintes lugubres de l'enfer et du purgatoire, Dante, guidé par Béatrix, a pu s'élancer vers les sphères resplendissantes du paradis. Déjà il a parcouru trois sphères lumineuses, et il vient de pénétrer dans un quatrième soleil habité par les âmes des docteurs qui ont vécu dans la méditation du dogme divin. Tout à coup, delà guirlande de lumière dont la tète de Béatrix est environnée, une voix s'échappe , c'est la voix de Thomas d'Aquin. Le disciple d'Albert, l'Ange de l'Ecole, semble dominer cette famille élue des intelligences que Dieu rassasie éternellement de la vue de sa vérité. C'est lui qui développe les rephs mystérieux de la science incréée : on dirait qu'il continue au ciel son enseignement interrompu ici-bas, »'

i2 SAINT THOMAS.

Nous ne suivrons pas M. Jourdain clans tous les développements où l'a engagé l'histoire de la philosophie de saint Thomas. Cette histoire était rehutante par ses ohscurités, il l'a su rendre claire. Elle était complexe, il en a, avec une sagacité rare, démêlé les fils embarrassés. Depuis Gilles de Rome et Henri de Gand jusqu\à Bossuet et Leibniz, il nous paraît qu'il n'a omis aucun des noms qui pouvaient honorer le Thomisme et en attester la persistante influence.

Nous arrivons au troisième et dernier livre de tout l'ouvrage, lequel est de beaucoup le plus important; car il renferme, avec une discussion de la philosophie de saint Thomas, les conclusions de l'auteur sur cette doctrine considérable. Dans ce troisième livre même, c'est sur les conclusions que nous voulons uniquement insister.

L'auteur a ramené à sept chefs principaux la discussion qu'il a entreprise du Thomisme : 1° les rapports de la foi et de la raison d'après saint Thomas^ 2'' sa méthode philosophique-, 3" sa doctrine religieuse ^ 4" sa théorie de l'individuation ; 5" sa doctrine psychologique : 6"^ sa doctrine morale ^ 7° sa pohtique.

A cette discussion consciencieuse , approfondie , pleine de lumière , s'ajoutent des conclusions, où est faite, avec une saisissante intention d'impartialité, la part de la vérité et celle de l'erreur ; où est indiqué avec précision ce que l'on croit fautif, incomplet, caduc dans le Thomisme et ce que l'on y regarde, au contraire , comme absolument vrai , substantiel , impérissable.

« Selon nous, dit M. Jourdain, la méthode de saint Thomas, très-salutaire pour développer certaines qualités de l'esprit, telles que la sagacité, la finesse et la précision, moins favorahle à cette lumière de l'imagination et du cœur qui devance la réflexion, qui souvent la supplée, et qui sera toujours d'un grand prix dans la recherche de la vérité, la méthode de saint Thomas fait une part trop large au raisonnement, une part trop faible à l'expérience psychologique si profondément consultée par l'école de Descartes. En théodicée , saint Thomas montre une préférence trop exclusive pour la preuve de l'existence de Dieu qui se tire du mouvement, et il n'estime pas à sa vraie valeur la démonstration do saint Anselme, fondée sur l'idée même de l'être parfait, contemporaine des premiers développements de l'intelligence. En psychologie , il ne marque point assez fortement ni le rôle propre de la raison dans la formation de la connaissance, ni la différence de la volonté et du désir. Enfin, à propos de l'individuation , quand il croit toucher le but, il n'aboutit, à travers de graves inconséquences, qu'à des théories arbitraires, d'autant moins fondées que la question qui donne lieu à ces efforts de logique' est sans difficulté, tout artificielle, grossie à tort par l'École. ... Mais à côté de ces lacunes, de ces obscurités, et si l'on veut même de ces erreurs, quel riche fonds de vérités supérieurement définies et démontrées'.... La psychologie de saint Thomas renferme à la fois une théorie de la vie, une démonstration de la personnalité humaine contre le panthéisme d'Averroès, et l'a-

nalyse la plus détaillée des facultés d'intelligence, de sensibilité et de liberté dont notre àme est douée. En morale, le saint docteur ne se borne pas à énoncer en termes généraux la distinction du bien et du mal; mais sur les éléments divers de la moralité, sur les actes bumains , sur les vices et les vertus, sur les différentes sortes de lois, sur les devoirs de l'homme dans toutes les conditions de la vie, il offre un ensemble de décisions si large et si solide, qu'on ne cite rien de plus considérable chez aucun écrivain. Les questions purement politiques occupent aussi leur place dans la Somme de Théologie, et si elles sont traitées avec moins d'abondance, il est à remarquer que la mort ne permit pas à saint Tbomas d'achever le traité du Gouvernement des Princes , qui devait renfermer Texposilion complète de ses théories sociales. » Est-ce à dire que la philosophie de saint Thomas soit originale et que l'Ange de l'Ecole n'ait pas emprunté à rÉcole même le fond de son enseignement? M. Jourdain n'a pas oublié un seul instant que la philosophie de saint Thomas est une philosophie dérivée. Et loin de diminuer saint Thomas par cet aveu , il le tourne, s'il est possible, k sa louange. « Car, remarque-t-iî, si saint Thomas ne possédait pas au même degré que les anciens et quelques modernes le génie de rinvention , il avait reçu en partage un don tout aussi rare et plus précieux peut-être en philosophie, c'est-à-dire ce discernement supérieur qui ferme Taccès à Terreur, de quelques séductions qu'elle se pare, et qui, s'attachant à la vérité, la dégage, la met en évidence, et assure son empire sur les esprits. »

En effet , que saint Thomas ait le plus souvent suivi pas à pas les traces d'Arislote , on ne saurait le nier. Le père du Péripatétisme est avec saint Augustin, Avicenne, Averroès, et plus qu'aucun d'eux, le philosophe qui lui a fourni tous les matériaux de son système, u Mais quelque vénération qu'il professât pour cet incomparahle modèle, il no le regardait pas, ajoute M. Jourdain, comme infaillible, et il ne l'a pas toujours suivi. S'il adopte sa démonstration de Texistence de Dieu , il rejette, ou du moins il rectifie sa doctrine sur les attributs divins. S'il emprunte sa définition de Tàme, il dégage, il affirme, il démontre avec une précision qui n'est pas dans Aristote et qui bannit toute équivoque la spiritualité, la personnalité et l'immortalité du sujet pensant. Il approuve les bases de la morale péripatéticienne-, mais, sur ce fondement, quel édifice nouveau il élève ! Tout un traité des lois , la plus savante analyse du péché et du vice, la doctrine de la grâce, et cette morale de la charité si peu connue des païens, qu'on cite à peine trois ou quatre textes de l'antiquité où il en soit fait mention 1 Enfin, pour ce qui touche au système politique, si suint Thomas parle comme Aristote sur l'origine des sociétés et sur les différentes formes de gouvernement, ne sent-on pas circuler dans les conseils qu'il donne aux princes une sève religieuse et libérale qui n'a pas sa source dans l'Aristotélisme?... Ainsi, il corrige, il épure la sagesse des Gentils-, il la restaure dans le sens où le Christianisme a restauré la nature humaine et la raison qui existaient quatre mille ans avant la venue de Messie, mais

que la divine parole a relevées, redressées et agrandies, en ouvrant des perspectives infinies au génie et à la vertu. »

A coup sûr, une aussi noble philosophie est bien digne de nos respects et force notre admiration. M. Jourdain voudrait plus encore. Il juge essentiel qu'elle obtienne une large place dans nos études. ((. Aristote et Platon, Descartes et Leibniz sont entre toutes les mains, dit-il, et leurs ouvrages servent de base à l'enseignement public dans la plupart des écoles. Pourquoi saint Thomas serait-il plus délaissé que les autres maîtres de la science ?... Il serait facile d'extraire des ouvrages de saint Thomas un assez grand nombre de textes excellents, tous à la portée de la jeunesse, qui fourniraient la matière d'un cours très-substantiel. »

Tel est le dernier mot du remarquable ouvrage dont nous venons de reproduire un rapide crayon. L'auteur a pu modifier plus d'une partie de son travail, pour faire droit aux observations du savant rapporteur du concours. Il n'a rien changé aux conclusions primitives de son mémoire. Afin de conclure, à notre tour, qu'on nous permette de mettre en regard des conclusions de M. Jourdain les alternatives de conclusions indiquées par M. Gh. de Rémusat.

« L'Académie, écrivait M. de Rémusat, l'Acaîiémie loue les concurrents de s'être gardés des libertés germaniques, et de tenir, pour vérités indépendantes de tout système, les croyances fonrlamentales d'une philosophie religieuse. Mais elle pense qu'en partant de ce point, comme hors de débat, ils seraient obligés,

dans la philosophie de saint Thomas, de soutenir l'une des quatre opinions suivantes :

(( Ou bien dans la philosophie d'Aristote, tout, idées et croyances, principes et conséquences, est excellent, et il a pesé par avance , dans sa physique et dans sa métaphysique, les véritables bases de toute philosophie religieuse et même de la philosophie chrétienne,

« Ou bien saint Thomas n'a rien emprunté de fondamental ni d'important à la philosophie d'Aristote , et il a produit de son chef une doctrine complète, qui est vraie, indépendamment du Péripatétisme.

« Ou bien saint Thomas, en adoptant les principes de logique, de physique et de métaphysique d'Aristote, les a rectifiés, dégagés de toute erreur accessoire, de tout ce qui les dénaturait, et leur a restitué leurs véritables caractères, leurs justes conséquences, méconnues par le Stagirite même.

« Ou bien enfin saint Thomas s'est trompé en choisissant une doctrine défectueuse dans ses principes, incompatible avec les premières vérités chrétiennes ; il ne s'en est dissimulé l'inconséquence que par des efforts de subtilité, peut-être même par des paralogismes, et sa philosophie est fausse. )>

De ces quatre opinions, c'est évidemment à la troisième que s'est particulièrement rangé M. Jourdain. Nous aurions désiré, quant à nous, que cette troisième opinion fût davantage tempérée par la quatrième.

Sans doute, le nom de saint Thomas impose, et on semble mal venu à n'être pas tout admiration pour celui à qui l'Église a décerné les honneurs des autels,

que la postérité ne connaît plus que sous le nom de l'Ange de l'École, qui, de sa doctrine, a rempli l'univers. Mais s'il n'y a place que pour l'admiration, que devient la critique ? Et sans la critique même, que devient l'admiration ? Qui ne sait enfin que c'est dans des balances de cuivre que se pèsent l'or et le diamant î

Osons par conséquent exprimer notre pensée tout entière.

Suivant nous, il y a dans saint Thomas trois hommes : le théologien, l'érudit, le philosophe. Théologien, saint Thomas est illustre entre les plus illustres -, théologien, sa gloire est pleine, son autorité souveraine, son crédit indéfectible.

Érudit, saint Thomas a d'Aristote une connaissance étonnante pour son temps, mais non pas complète. Au delà et surtout en deçà d'Aristote, son érudition philosophique est à peu près nulle, et cependant le Stagirite ne résume pas, il s'en faut, toute l'histoire de l'intelligence humaine.

Philosophe, saint Thomas s'est trouvé sous l'influence indéclinable du Péripatétisme. Tout l'effort de sa pensée, plus compréhensive qu'inventive, s'est donc tourné non pas à constituer une philosophie qui lui fût propre, mais à concilier Aristote et l'Évangile. Cette entreprise, malgré toutes les ressources de son génie, reste caduque. Le Thomisme est tombé ^ on ne le relèvera pas. Il y a plus, nous ne croyons pas que saint Thomas puisse et doive pouvoir être éiudié, en tant que philosophe, à l'égal de Platon, d'Aristote, de Descartes, de Leibniz, dont les doctrines, il est

vrai , offrent des parties surannées , fautives , reprochables, mais qui ont reculé, bien plus que ne l'a fait le Thomisme, les frontières de notre ignorance.

En effet, qu'on ne s'y méprenne pas. Il y a deux sortes de Thomisme , qu'il faut se garder de confondre et sur lesquelles il importe de s'expliquer trèsdistinctement.

Si par Thomisme on entend la doctrine théologique de saint Thomas, c'est là que saint Thomas est, de tout point, hors d'attaque, qu'il a droit à tous nos hommages, qu'il commande notre vénération. Car ce Thomisme n'est rien moins que le Christianisme exposé, défini par une des intelligences les plus puissantes, les plus tempérées, les plus lumineuses, qui aient jamais été dans l'Église.

Si par Thomisme on entend la doctrine philosophique de saint Thomas, mélange d'érudition et de libre investigation; quoi qu'il en coûte, on doit convenir que saint Thomas faiblit, et que, prépondérant pour son siècle, pour le nôtre, au contraire, son système reste comme hors d'usage.

Ce n'est pas que ce second Thomisme, si différent du premier, n'ofTre plus qu'un intérêt purement historique. Ce second Thomisme , qui tâche de s'accommoder au premier, qu'est-ce autre chose en effet, chez saint Thomas comme antérieurement chez saint Anselme, qu'est-ce autre chose que la foi cherchant l'intelligence, Fides qvœrens intellectum ?Lkesl l'enseignement permanent, là est la leçon vivante du Thomisme ainsi entendu.

Car, pourquoi ne le dirions-nous pas? De nos

jours, un certain bruit commence à se faire autour d'une certaine école, qui, au nom d'une exégèse irréfléchie et d'une philosophie douteuse, répudie le Christianisme , et à de prétendus retours au moyen âge oppose, en les renouvelant, les réactions du dixhuitième siècle.

Sans entamer ici une discussion qui demanderait un autre terrain, d'autres armes, on pourrait simplement et péremptoirement, ce semble, répondre aux hommes de cette école :

Vous repoussez sans raisons avérées, sans prétextes plausibles, des solutions sur lesquelles l'élite de l'humanité vit depuis deux mille ans. Vous repoussez ces solutions; mais les problèmes subsistent. A votre tour, quelles solutions y apportez-vous ? Nous ne vous accusons ni de matérialisme, ni d'athéisme, puisque vous déclarez vous-mêmes ressentir pour ces théories une invincible horreur. Mais encore un coup , à des problèmes essentiels, instants, inévitables, quelles solutions apportez-vous qui vaillent mieux, qui vaillent autant que les solutions affirmées par le Christianisme, ou qui même en approchent un peu par l'efficacité? Vous triomphez par l'audace de la critique dans les mots ^ vous succombez par l'infirmité ou la nullité de la doctrine dans les choses. Vous questionnez sans cesse et vous ne répondez jamais. Au lieu de faire la lumière dans les âmes, vous n'y faites que le vide. Vous parlez de progrès et vous êtes, à votre insu , des apôtres de décadence. Votre liberté effrénée de pensée court à la servitude de la pensée ^ car la vraie liberté est une Uberté réglée, et cette règle,

SAINT THOMAS. îi

lorsqu'il s'agit de spéculation, nous Tavouons trèshaut, c'est le Christianisme. Oui, à suivre le Christianisme, la raison n'abdique pas-, elle s'élève et se fortifie. A le combattre, vous aurez prouvé une fois de plus qu'elle dévie et qu'elle s'obhtère.

Cultiver la philosophie, l'œil et le cœur fixés sur l'Évangile, comme sur la règle qui peut le mieux rectifier les écarts de l'esprit philosophique , voilà , suivant l'exacte expression de M. Jourdain, ce que s'est proposé saint Thomas , dans les parti(;s philosophiques des deux Somme. Voilà l'enseignement permanent qui ressort du Thomisme, qui est philosophie. Yoilà aussi la leçon que M. Jourdain lui-même a excellemment commentée dans son ouvrage.

SAVOlNAROLE

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