DUCHESSE DE MONTMORENCY
Les Parisiens, qui les jours de congé parcourent le bois de Montmorency, gravissent les hauteurs d'Andilly, se font promener en gondole sur le lac d'Enghien, ou vont à Chantilly assister aux courses de chevaux, ne pensent guère aux premiers possesseurs de ces beaux domaines, si divisés aujourd'hui, à ces premiers barons chrétiens, race illustre qui donna à la France six connétables, onze maréchaux, six amiraux, tous grands serviteurs du roi et de l'État, ni au dernier héritier de tant de biens et de dignités, à cet Henri de Montmorency, dont une mort tragique arrêta la brillante et courte destinée.
Plus d'une fois sans doute, avec sa jeune femme, il visita ce charmant pays, son héritage, ne se doutant pas, lui, que sa tête tomberait sous la hache; elle, qu'elle finirait sa vie, humble et cachée, dans un cloître. Quand ils parcouraient ces riants paysages ils étaient jeunes, et l'avenir semblait leur appartenir; mais l'avenir est au Seigneur, et l'antique Isis, dont nulle main n'a levé le voile, est bien l'emblème de nos jours futurs. C'était la reine Marie de Médicis qui avait négocié le mariage de Henri H, duc de Montmorency, avec Marie -Félice des