MM. Vaillant et Cnrtiller
ni ses plus habiles disciples, on sondant la nature du jeune homme, n'eussent pu y découvrir une autre attraction passionnelle. Dans ce mol rédacteur en chef se résume toute la vie de l'original écrivain. Nous le trouvons rédacteur en chef dès ses débuts. Depuis, il n'a jamais cessé de l'être. Il Test aujourd'hui, demain il le sera. Vous le verrez mourir rédacteur en chef. Et, par anticipation, nous pouvons dire que nul n'en remplit les devoirs avec plus de conscience. Jamais la camaraderie ne règne dans la feuille que Desnoyers dirige. On ne l'a jamais vu nier l'esprit des autres et repousser leurs œuvres , en cédant aux instincts d'une jalousie mesquine. La justice la plus scrupuleuse est sa loi.
Son premier journal fut naturellement une concurrence au Figaro, qui s'était, comme nous l'avons vu tout à l'heure, fort mal conduit à son égard.
Desnoyers essaya de rendre sa feuille quotidienne, sans être soumis au cautionnement. 11 avait d'excellentes raisons pour tâcher d'esquiver cette mesure fiscale. Certes, le problème n'était pas facile à résoudre. Néanmoins, il arrive au but en donnant à sa publication quatre titres analogues avec des vignettes différentes, mais de même nature. Ainsi le Sylphe, journal des salons, — le Trilby. album des salons, — le Lutin, écho des salons, paraissent tour à tour deux fois la semaine. Reste le dimanche, occupé par le Follet, courrier des salons, journal de modes qui existe encore, et qui a fait une fortune brillante. Ce quatuor périodique note ses gammes littéraires sur papier rose. Pour mieux démontrer aux lecteurs que c'est un seul et même journal, Louis Desnoyers écrit en tête du programme cette phrase devenue traditionnelle : Le besoin (T un journal rose se fait généralement sentir.
Au commencement de 1830, la nouvelle feuille, aussi républicaine qu'on pouvait l'être sous la Restauration, est poursuivie, comme n'ayant pas déposé au trésor le cautionnement exigé par les lois sur la presse. Elle gagne son procès. Huit cents souscripteurs, h soixante francs, sont déjà conquis, et représentent un budget de quarante-huit mille francs. Le tiers de la somme couvre les frais de l'entreprise, et nos rédacteurs se partagent le reste. Jugez de la prospérité !
Administrateur , caissier, teneur de livres , correcteur et colleur de bandes, tout le personnel est au grand complet. Nos associés n'ont plus qu'à exciter leur verve, à donner chaque jour un numéro plus piquant, et à regarder ensuite le Pactole couler dans la caisse. Desnoyers reçoit leurs bénédictions, et fait le journal presque à lui seul.
Mais , six semaines après le départ de Charles X , le Sylphe-Trilby-Lutin- Follet , ayant eu l'imprudence de conserver sa couleur démocratique , voit de nouveau le procureur général allumer ses foudres.
— Ah ! par exemple ! s'écrie Louis, montrant à ses copropriétaires l'assignation du parquet, je serais curieux de nous voir condamner le lendemain des barricades.
Sa curiosité fut satisfaite. La question se décida complètement à leur désavantage. Aucun banquier ne prêta les finances exigibles à la minute même, et le pauvre Sylphe replia ses ailes, rognées impitoyablement par les ciseaux judiciaires. Gomme il y avait, en outre, une forte amende, son gérant prit le chemin de Sainte-Pélagie. En un jour la ruine fut complète. Desnoyers, qui n'avait plus absolument rien à faire, tomba malade de chagrin.
Ses amis les vaudevillistes étaient habitués à travailler
m HISTOIRE CONTEMPORAINE.
sans lui, et les feuilles rivales du Sylphe voyaient avec trop de satisfaction l'ancien rédacteur en chef sans ouvrage, pour songer .:i lui en donner.
Las de tenirune plume inàctive, et profitant de Toc asion pour aller demander à Pair natal le rétablissement de sa santé compromise, Desnoyers pari pour la Bourgogne. Pendant son séjour en province, il n'oublie pas de visiter un vieil oncle à héritage, curé d'une modeste paroisse aux environs de Mâcon. Ceci est un devoir qu'un neveu sensible et intelligent se plaît toujours à remplir. Par malheur il y a près de Poncle certaine Babet non moins attentive, et qui manœuvre avec beaucoup d'adresse au point de vue de la succession. La Babet du vieux curé se nomme Marianne. On sait quelles sont les habitudes traditionnelles des servantes de prêtres. Vous les entendez dire : « Notre maison, nos poules, » — ou bien encore: « Nous ne disons pas de messe pour quinze sous ! » Marianne, à force d'abuser du pronom possessif, en est venue à cette conviction pleine et entière, que le curé se rendrait coupable de vol à son égard, s'il donnait à quelque autre la moindre bribe de son héritage. Étonné de recevoir un accueil glacial, Louis n'hésite point à en demander la cause au vieillard.
— Ah ! mon neveu, répond le respectable prêtre, je ne me consolerai jamais cle voir un histrion dans ma famille!
— Comment, mon oncle, un histrion? murmure Louis, les yeux écarquillés de surprise.
— Oui, mon neveu , vous jouez la comédie sur les théâtres.
— Moi, mon oncle?
— Vous-même. Ah! vous ne pouvez pas le nier! Marianne me l'a fait voir sur le journal.
DESNOYEPxS. 123
— Pour le coup, voici qui est fort! Ne vous serait-il pas possible, mon oncle, de me montrer ce curieux article?
— Certainement; je le conserve, et plus d'une fois*je l'ai relu, en versant des larmes sur votre déplorable carrière..., car vous êtes excommunié par l'Église... Malheureux enfant ! devenir histrion !
— Mais, mon oncle...
— Attendez! attendez! Voici l'article.
Ce disant, le vieillard prend au bord d'une table voisine un numéro des Débats, pose sur son nez une énorme paire de besicles, et lit trois ou quatre phrases d'un bulletin de théâtres, qui rend compte d'un succès de rampe ohtenu par M. Charles Desnoyer 1.
— Permettez, mon oncle, ce n'est pas moi ! s'écrie Louis. La ressemblance du nom vous a jeté dans une complète erreur. J'ai bien fait ça et là quelques pièces pour la scène; mais je n'ai jamais monté sur les planches.
— Ah ! dit le curé. Cependant Marianne...
— Marianne se trompait, mon oncle.
— Eh bien, tant mieux! tant mieux!... Ainsi tu m affirmes que tu n'es pas histrion ?
— Je vous le jure sur l'honneur.
Desnoyers croit le bonhomme parfaitement convaincu. Or, Marianne, qui veut à toute force gagner la partie, recommence sournoisement à jeter ses perfides suggestions dans la cervelle affaiblie de son maître. Celui-ci ne manque pas, le lendemain, de répéter l'antienne de la veille.
— Ah ! mon neveu ! je ne me consolerai jamais de voir un histrion dans ma famille.
1. Directeur actuel de l'Ambigu -Comique, alors acteur aux Nouveautés.
Louis saute <in l'air.
— Encore une fois, mon oncle, je vous jure, jevous prdleste...
— Quel malheur! quel scandale! s'écrie l<i vieillard,
levant les bras au plafond d'un air désespéré.
Vraiment, il y avait de quoi pendre Marianne. Le pauvre écrivain s'évertue à recommencer la distinction
entre Fauteur et Facteur, entre Louis Desnoyers el Charles Desnoyer, qui n'est pas môme son parent, et qui écrit son nom sans S .
— Tu es sûr qu'il s'appelle Charles?
— Oui, mon oncle.
— Tu es sûr que son nom s'écrit sans S... tu en es bien sûr?
— Eh ! mon oncle, voyez les Débats et leur maudit article! »
— C'est vrai, je crois que tu as raison, balbutie le vieux prêtre, frappé de ces réponses concluantes.
Il semble persuadé pour quelques minutes ; puis, après cinq ou six tours de jardin , il murmure, en rentrant au presbytère :
— Ali ! mon ami, mon ami ! pourquoi t'es-tu fait histrion ?
Desnoyers lutte vainement pendant quinze jours contre l'obstination de ce cerveau malade ; désespérant de gagner sa cause, il monte en diligence et revient à Paris. Son homonyme continue de mériter les bravos du parterre ; on continue, par cette raison même, de parler de Charles Desnoyer dans les comptes-rendus de théâtre, et Marianne continue de les lire au vieux prêtre. Celui-ci déshérite son neveu, laissant à la rusée servante une fortune de cinquante mille écus.
Entièrement dégoûté des oncles a succession, du journalisme et des tracasseries du parquet, Louis songe à se faire épicier, lorsque Philippon, qui a déjà fondé la Caricature, le choisit pour rédacteur en chef. On n'échappe point à son destin. Presque en même temps, Henri de Latouche, autocrate du Figaro, réparant envers notre homme de lettres les anciens torts de sa direction, le prie de vouloir bien collaborera la partie politique agressive. Desnoyers donna, dans ce journal, à la suite l'un de l'autre, ces douze fameux articles où Louis-Philippe et le système étaient lardés d'épigrammes, et qui obtinrent un retentissement si universel. Le jeune auteur sut y joindre la plaisanterie la plus piquante aune verve intarissable. Alphonse Karr, Paul Lacroix, Léon Gozlan, Raymond Brucker et Félix Pyat, rédacteurs attitrés du journal, tourmentaient quotidiennement de Latouche, afin de connaître la plume vigoureuse qui poussait des bottes si rudes à Tordre de choses. Mais de Latouche tenait au mystère et le regardait comme un des principaux éléments du succès. Toute sa vie, Desnoyers se laissa de la sorte enterrer sous les limbes de l'anonyme.
Il appartient à ce très-petit nombre de gens de lettres qui peuvent avoir du talent sans devenir fous d'orgueil.
Ce serait une curieuse étude à faire que celle de cette caste, à la fois pleine d'esprit et de sottise, qu'on nomme la caste lettrée. Evidemment il y a là-haut, dans le système providentiel , un arrangement spécial qui ne permettra jamais à ceux qui la composent de se réunir en phalange et de s'entendre. Pour eux, le miracle de la tour de Babel se renouvellera sans cesse. Confusion, déchirement, discorde, tel est, tel sera toujours leur partage. La sentence est écrite sur le livre des destins. Jetez l'œil au-
tour de vous, prenez le plus infime croquant littéraire qui ail entre les mains une plume, el qui, de temps à autre, signe quatre phrases de son nom ; questionnez-le, descendez au fond de son âme, vous y trouverez le sentiment du mérite personnel établi sur des proportions extravagantes. Il se dressera lui-même un piédestal de gloire, se couronnera d'une auréole, traitera Chateaubriand, Lamartine et Victor Hugo de crétins, se récriera sur rimbécilité des libraires qui impriment les œuvres de ces prétendus génies, de préférence aux siennes, — el cela de la meilleure foi du monde , avec une conviction entière, avec un aplomb digne de Bicêtre. Un livre se demande, un succès devient incontestable; notre homme de lettres hausse les épaules et s'écrie : — « Public stupide! » Il accusera de mauvais goût l'univers entier, plutôt que de convenir du talent d'un seul de ses confrères.
Si les passereaux de la littérature ont cet amour-propre, jugez après cela des aigles. Essayez de réunir dans un même vol tous ces oiseaux de l'intelligence, ils se débanderont au plus vite, pour se jeter dans des directions contraires. Aucune sympathie ne les rassemble, aucun signe de ralliement n'est compris par cette bande emplumée. Chacun suit sa route, chacun bat de l'aile à l'aventure, chacun se perd plus ou moins sous le vague des nuages, et la plupart, s'épuisant en efforts isolés, tombent dans les abîmes. Les hommes de lettres, une fois d'accord, gouverneraient le monde. Dieu ne le veut pas, afin de n'avoir point à foudroyer d'autres anges d'orgueil, qui insulteraient sa puissance.
Nos quoque dii sumus.
Revenons à Louis Desnoyers, auquel ne sont point applicables les réflexions qui précèdent. Juste au moment
où ses articles du Figaro obtenaient un si merveilleux succès, on vint lui apprendre que le pouvoir, désirant mettre un terme aux attaques, prenait le parti connu d'acheter le journal dont il avait à se plaindre.
— Cela ne se passera point ainsi, Messieurs ! dit Henri de Latouche 1 à ses camarades cle rédaction. Je vous propose de créer un nouveau journal et de l'intituler le Vengeur!
L'idée semble excellente. On tient conseil. Il s'agit d'arrêter le programme de la nouvelle feuille. Au moment le plus chaud de la délibération, paraît tout l\ coup M. Viennot, du Corsaire.
— Messieurs, dit-il, je viens aplanir les plus grandes difficultés de votre entreprise. A quoi bon créer un nouvel organe du parti républicain, lorsqu'il en est un qui fonctionne, et que je puistmettre à vos ordres ?
Ce qui équivalait à dire : « Prenez mon ours ! » Au fond, néanmoins , la proposition semble acceptable. Il s'agit de voir quelles seront les exigences de M. Viennot. Le brave homme n'en montre aucune, et de Latouche, maître absolu du Corsaire, en confie la rédaction à Louis Desnoyers et à Eugène Briffaut. Ces plumes vaillantes opèrent des prodiges. En quelques mois, le journal, qui n'a pas cent cinquante abonnés, en gagne près de deux mille. Desnoyers débuta par un article sur le choléra de 1832. Pour rire de ce fléau terrible, qui tue d'épouvante une partie de ceux cmi ne meurent pas de ses atteintes, et pour en faire rire les survivants, il fallait un singulier mélange de courage et d'esprit.
1. Comme l'un des propriétaires du Figaro, il avait parfaitement reçu sa part dans le prix de la vente.
Toute la verve de l'ancien Figaro passait dans l<i Corsaire. Le pouvoir, aiguillonné chaque jour el saignant de piqûres, se fâcha sérieusement.
On lança des mandats d'amener contre les rédacteurs. Desnoyers el Briffaul échappèrent aux agents; mais le père Viennot, trahi par ses jambes goutteuses, fut bel et bien appréhendé au corps et jeté sous les verrons de la Con-
ciergerie.
Malgré ces persécutions, le Corsaire ne cessa pas de paraître un seul jour. Desnoyers, dépistant toutes les recherches de la police, écrivait en quelque sorte ses articles au vol. Briffaut suivait son exemple, et les imprimeurs ne chômaient pas. Enfin les poursuites se ralentirent. Desnoyers peut reparaître au hureau du Corsaire. Bientôt il reçoit la visite de M. Bertet d'abord, qui lui demande des articles pour le Voleur 1, puis celle d'Armand Garrel.
— > Tous les hommes de talent de mon parti, lui dit ce dernier, collaborent à la feuille que je dirige, et je viens vous annoncer moi-même que les portes du National vous sont ouvertes.
Modeste et plein de défiance en lui-même, Louis veut décliner l'honneur qu'on fait à sa plume; mais Carrel insiste d'une manière si pressante qu'il faut céder. Le plus grand nombre des articles que Desnoyers donne à la gazette républicaine paraissent en premiers -Paris. Il est libre de traiter n'importe quel sujet, à son choix. Sous ce titre , Variétés politiques, il rédige fort longtemps une revue hebdomadaire , et remplace , pour la
1. Girardin avait vendu ce journal pour en créer plusieurs autres également remarquables par leur industrialisme et la fécondité de leurs produits.
critique musicale, M. Fétis, nommé directeur du Conservatoire de Bruxelles 1.
Quelques mois avant son entrée au National, il avait écrit pour le livre des Cent et un cette charmante collection d'études de mœurs qui s'intitule les Béotiens de Paris.
Sa Majesté le roi des critiques se trouvait chez Ladvoeat, le jour où l'imprimeur envoya l'épreuve. Janin parcourut les placards et jeta des cris d'admiration. A l'entendre, Desnoyers avait fait une merveille ; mais, quand il fallut rendre compte de Y œuvre, il rédigea cinq ou six phrases lourdes et pâteuses qui ne donnaient aucune envie de la lire. Telle a été, telle est encore, telle sera toujours la probité littéraire de l'homme.
L'auteur des Béotiens travaillait aussi pour le Journal des Enfants. Il y donna Jean-Paul Choppart, ouvrage entièrement original, qu'on a eu tort de croire traduit de l'allemand2, et les Aventures de Robert Robert, modèles accomplis de ce genre difficile qui consiste à produire l'intérêt sans appeler en aide les passions. Il est A remarquer, comme fait assez bizarre, que Desnoyers, l'écrivain moderne le plus occupé d'amour, a composé deux excellents livres où ce sentiment ne joue aucun rôle, et qui resteront sûrement dans la bibliothèque de l'enfance.
1. « Los longues études spéciales de Louis Desnoycrs, dit la Galerie de la Presse, le servircnl parfaitement, et les articles qu'il publia, pondant quelques années, sur la musique, lui valurent une place distinguée parmi les écrivains qui traitenl de cel art. » Nous devons ajouter que, depuis la fondation du Siècle, Desnoyers se charge fuit souvent, dans ce journal, du compte rendu dos thôà'.ivs lyriques.
2. Colle erreur fui accréditée par une noie appartenant à un autre article, ot qu'un moiteur on pa,ucs étourdi glissa sous le premier numéro do Jean- Paul Choppart. Desnoyers ne réclama point, et Ton a peine à comprendre cet excès d'indifférenee d'un auteur pour sa renommée.
130 HISTOIRE ! • PORAINE.
Nous entendons ici nos adversaires crier dun ton rogue : « — Vous êtes un biographe partial! ( luvrez la notice consacrée à Eugène Suc1; qu'y trouve-Won? rhistoire d'un démocrate aux mœurs un peu folles, c'est-à-dire une peinture absolumenl analogue .:i celle que vous tracez de Louis Desnoyers. Cependanl vous ne donnez ,;i celui-ci que dos louanges, et vous avez écril contre l'autre un véritable libelle... »
Halte-là, nos maîtres ! Il y a d'abord une différence assez notable entre des mœurs un peu folles et ce dévergondage effréné qui se pose en système, arrache impudemment le voile de ses victimes, les donne en spectacle et les couvre de honte. Louis Desnoyers n'a rien de semblable dans son histoire. C'est un écrivain qui fait de bons livres et qui n'a jamais empoisonné les masses. On n'est point obligé de fouiller dans sa vie pour le mettre en contradiction avec lui-même et signaler sa mauvaise foi. Le moraliste n'a rien à voir à ses faiblesses. Louis Desnoyers a toujours marché sur la même route, et, quand nous sommes en face dîme opinion sincère, nous avons l'habitude de la respecter.
Mais Fauteur de Mathilde! ... allons donc! Celui-là n'est pas convaincu. Tout dans sa conduite le démontre. Admettons néanmoins qu'il le soit. Quand un homme s'est trompé dans ses premiers écrits et dans sa foi première, nous ne lui permettons pas, le jour où il accepte un autre culte, de venir nous en prêcher F observance. Où est la preuve qu'il ne se trompe pas encore? Le laissera-t-on nous entraîner indéfiniment de la sorte d'apostasies en apostasies, de mensonges en mensonges? Vous changez de doc-