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oublient tout simplement de dire que ce n'est pas pour sa propre maison, mais pour la maison du Seigneur, que le digne prêtre affiche de pareils goûts. Depuis qu'il est évêque, on ne Ta jamais vu ajouter à son palais épiscopal ni une décoration ni un meuble, et, quand il était vicaire de Saint-Roch, ou supérieur de Saint-Nicolas, sa chambre était la plus modeste, la plus simple et la plus pauvre.
Cela chagrina même quelques-uns de ses riches pénitents.
Ils s'imaginèrent lui être agréables en lui envoyant, un matin, deux tapissières garnies d'un mobilier splendide..
— Mon ami, dit l'abbé Dupanloup au marchand de meubles, qui voulait installer le tout dans l'appartement et qui lui montrait la facture acquittée, ceci est beaucoup trop beau pour moi. Quelques meubles en noyer me suffiront, et vous aurez l'obligeance de verser le surplus de la somme entre les mains du curé de votre paroisse. On est toujours trop bien logé quand les pauvres ont faim !
Des raisons de santé ne permirent pas au protégé de M. de Quélen de se- dévouer plus longtemps à la jeunesse du petit séminaire.
Il avait besoin de repos. L'archevêque le nomma vicaire général et lui épargna les plus grandes fatigues de cette nouvelle charge ecclésiastique. L'abbé Dupanloup consacra ses loisirs à l'étude assidue des Livres saints et des Pères de l'Église. Il s'appliqua surtout à approfondir l'histoire des papes et à remonter dans les âges les plus lointains pour arriver à établir par des faits et par des preuves les droits imprescriptibles du saint-siége, tant au spirituel qu'au temporel. Ses recherches studieuses de-
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vaient l'aider un jour A écraser sous la Cotée (l'une \oi±\que péremptoire le système révolutionnaire de déprédation dont Pie IX a été victime. Si le Piémonl jusqu'à
nouvel ordre s'est arrêté à mi -chemin dans une voie maudite, on le doit à l'intrépide avocat qui s'esl chargé de plaider en face du monde chrétien la cause de l'Église et de son pontife.
Le successeur de M. de Quélen, monseigneur A lire, chargea l'abbé Dupanloup d'aller accomplir à Home une mission délicate.
Notre célèhre prédicateur fut accueilli par le Saint- Père et par tout le sacré 'collège avec la distinction la plus flatteuse. Il fut nommé prélat romain, protonotaire apostolique, docteur en théologie, et reçut la grande croix du Christ, honneurs et privilèges que sa modestie cacha soigneusement, et dont personne au monde ne se doutait.
fie fut Rome elle-même qui, en relevant au siège épiscopal, lui donna publiquement pour la première fois tous ces titres.
Appelé, en 1841, à la chaire d'éloquence sacrée de la Sorbonne, l'abbé Dupanloup, comme on devait Pat tendre de la noblesse de son âme et de la pureté de sa foi , se garda bien de faire la moindre concession aux idées coupables propagées par la presse incrédule. Il attaqua hautement , énergiquement , le philosophe impur qu'un écrivain de ce siècle a osé nommer le Roi Voltaire ; il traîna aux gémonies le vieux spectre de l'impiété, de la débauche et du scandale, ne se laissant intimider en rien par les vociférations d'étudiants corrompus, de journalistes de bas aloi et de hurleurs à gages, qui essayaient de le réduire au silence.
Il avait déjà pour devise cette phrase, qu'il imprima
plus tard au frontispice de Y Ami de la Religion, quand il en devint rédacteur en chef :
« Nous n'insultons point, mais nous ne respectons