‹ Portraits et silhouettes au XIXe siècleChapitre 50 sur 51 · III STO ! R !•: CON T EMPOR A I N E · texte numérisé non relu

III STO ! R !•: CON T EMPOR A I N E

logaes. Los journaux matérialistes cl mal pensants disent beaucoup de bien de ce livre 1.

Le cabinet de travail de Théophile est une sorte de

musée, où se trouvent réunis mille objets curieux apportés des quatre coins du globe. Il y a chez lui encombrement de tableaux, d'esquisses, de statuettes. Delacroix, Préault, Decamp, Chenevard ont apporté là des chefsd'œuvre, qui ressortent d'autant mieux par un effel de contraste, que le poète leur donne pour voisins ses propres tableaux.

Assis les jambes croisées, à l'orientale, sur un grand fauteuil fabriqué tout exprès en l'honneur de ses mœurs turques, Gautier troue dans ce pandémonium, où douze chats, ses favoris, ont leurs franches allures et se livrent à un éternel ron-ron, qui sur les genoux du maître, qui le long des tapis, qui sur les divans ou dans les moelleuses bergères. Paul de Kock aime la race féline; mais chez Gautier cet amour dégénère en adoration. Comme les Égyptiens, il finira par dresser aux chats des autels.

Après avoir quitté la bohème de la rue du Doyenné, il habita longtemps une fort belle maison de la rue de Navarin, n° 14, où restaient en même temps que lui Amédée Achard, Louis Desnoyers et Laurent Jan. C'est une sorte de villa, précédée d'un jardin superbe, aux vastes pelouses. Nos hommes de lettres, pendant les beaux jours, se roulaient sur cette verdure, en pantalon à pied et en veste grise, émerveillant le voisinage par

I. Les autres ouvrages connus de Théophile Gautier ont pour titra ■ Zigzags (IN'iM, — I ,' Histoire des Peintres, en collaboration avec Charles Blanc (1849), — Trésors d'art de In Russie ancienne et moderne ' 1 803) — et Loin de Paris (1864).

leurs poses excentriques et demandant des inspirations à la fumée de leurs cigares.

Gautier vint demeurer ensuite aux environs de la rue de Chaillot, pour se rapprocher du patron. Ceci eut lieu vers l'époque où la Presse payait rubis sur bougie.

Théophile connut un instant l'opulence ; il acheta voi- «ure et mena grand train. Nous bavons vu, dans son équipage attelé de deux poneys microscopiques , traverser .orgueilleusement la grande avenue des Champs-Elysées. C'était un spectacle miraculeux que celui de ce gros leuilletoniste dans le carrosse de Tom-Pouce.

M. de Girardin réduisit bientôt ses prix, hélas ! et força notre homme à marcher à pied comme le premier littérateur venu.

Théophile Gautier, de ses mœurs opulentes , ne conserve aujourd'hui qu'une assez mauvaise habitude, celle de ne saluer personne. Il prétend qu'il est myope, c'est une excuse. Mais, le jour où bon représente ses ballets ou ses pièces, il devient presbyte et salue de fort loin tout le monde. Quelqu'un dit un jour a Saint-Victor1, qui entrait au bureau de rédaction du Pays , le front couvert et les mains dans ses poches.

— Est-ce que vous avez le chapeau de Gautier sur la tête? '

Le mot fut trouvé charmant. Il passe depuis lors en proverbe.

Un recueil complet des vers de Théophile Gautier a été imprimé en 1845 2. Outre Alberlus, dont nous avons

f. L'an d 3 nos critiques de théâtre.

2. Nous ne comptons pas Emaux cl Camées % petit volume de poésie, dont nous avons par!.': plus haut. Il a paru en 1852, et n'offre (h1 remarquable mi'un clitn'. sur h Carnaval de Venise et un autre, sur V Obélisque.

420 niSTOTUt CONTLilPOUAINE.

donné l'analyse: outre la Comédie de La Mari, larsœ et sublime page de poésie sombre et fantastique, on trouve dans ce recueil une multitude de pièces fugitives, dont chaque strophe est un écrin, dont chaque hémistiche est une perle. Ce poète si profane, ce partisan déclaré de la forme et du contour, cet ogre-rimeur qui n'aime que la chair fraîche, oublie parfois ses instincts matériels et cède aux élans de l'inspiration religieuse. Dans sa pièce intitulée Magdalena, tout son paganisme rentre sous terre.

Il donne à quelques-unes de ces poésies le nom de paysages, et nous y trouvons de frais et gracieux détails, de naïves et ravissantes peintures. Son Chant du Grillon est un petit chef-d'œuvre :

Regardez les branches, Homme elles sont blanches!

Il neige des (leurs.

Riant dans la pluie, Le soleil essuie Les saules en pleurs, Et le ciel rellèle Dans la violette Ses pures couleurs.

La mouche ouvre l'aile, Et la demoiselle Aux prunelles d'or, Au corset de guêpe, Dépliant son crêpe, A repris l'essor.

L'eau piment babille, Le goujon frétille :

Un printemps encor !

Moi seul je suis triste.

Qui sait si j'existe , Dans mon palais noir?

Sous la cheminée, Ma vie enchaînée Coule sans espoir.

Je ne puis, malade, Chanter ma ballade Aux hôtes du soir.

Dans ma niche creuse , Ma patte boiteuse Me tient en prison.

Quand l'insecte rôde, Comme une émeraude, Sous le vert gazon , Moi seul je m'ennuie; Un mur noir de suie Est mon horizon.

Comme Alfred de Musset, Théophile Gautier est un de ces poètes qu'une époque fatale a déshérités de croyances. Perdus dans les ténèbres du doute, et l'éducation première ne leur ayant pas montré le rayon qui vient du ciel, ils se sont embourbés dans la fange terrestre. Parfois, néanmoins, une éclaircie lumineuse a lieu dans leur nuage. On voit fuir le démon du matérialisme, et Tange montre un pan de sa robe d'azur.

On demandait a Gustave Doré : — Quel est, selon vous, le plus grand peintre de nos jours? — C'est Gavarni, répondit sans hésiter Gustave, qui ne manque pas d'idées saines, bien qu'il soit le héros de l'indépendance folle et l'apôtre de la fantaisie pyramidale.

Personne au monde ne s'avisera de nier que la reproduction fidèle d'une époque et de ses types les plus saillants constitue la valeur positive d'un artiste. Un jour nos derniers neveux seront forcés d'ouvrir l'album de Gavarni, s'ils veulent trouver l'histoire de nos habitudes, de nos costumes, de nos plaisirs, de notre caractère et de nos mœurs.

Le nom de .famille du célèbre dessinateur est Guillaume-Sulpice Chevalier1. Son père, simple villageois, après avoir, au commencement de ce siècle, amassé dans lagriculture une modeste aisance, vint se marier à Paris

1. Gavarni est le neveu du peintre Thiémet, qui a fait des tableaux estimes sous la première République et sous le Directoire.

et y résider. Guillaume-Sulpice est né parisien. M. Chevalier ii(3 voulut pas mettre son fils au collège II lui donna des maîtres à domicile, cherchant surtout à Je pousser vers l'étude des sciences exactes et le destinant à Técole Polytechnique. Le jeune élève fit des progrès rapides; il devint hon mathématicien. Studieux et solitaire, il ne se livrait qu'à de rares intervalles aux distractions de son âge. La géométrie, cette science des lignes, des mesures et des surfaces, lui inspira le goût du dessin. Bientôt ce goût fut une passion dominante; les marges de son cahier d'algèbre en donnèrent la preuve. Petit à petit, la figurine, le paysage ou l'aquarelle, usurpant la place destinée au texte scientifique et gênant la marche des formules, finirent par se jeter étourdiment au milieu de la solution des problèmes.

Sulpice ne renonça pas toutefois à ses premières études. Il mena de front les mathématiques et le dessin. Nous le retrouvons, à l'âge de dix-sept ans, au hameau de Gavarni, dans les Hautes-Pyrénées, où il accompagne le directeur du cadastre i.

Ces messieurs arpentent les vallées et les montagnes. Après avoir posé les jalons, tendu la chaîne d'arpenteur et aligné force chiffres, Sulpice crayonne les sites pittoresques d'alentour, puis revient, au coucher du soleil, montrer ses croquis dans le salon de quelque manoir du voisinage. De jolies châtelaines les admirent. On comble ie dessinateur d'éloges, et ces dames veulent être croquées à leur tour. Ce fut dans un de ces salons hospitaliers que se décida la vocation du jeune homme. Regar-

1. Des personnes bien informées assurent qu'il était entré d'abord en apprentissage chez un mécanicien, et qu'il avait, à l'âge de quinze ans, l'ait de luimême et sans secours un sextant de marine, avec les lunelles et les alilades.

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dant un journal de modes, publié par M. de Lamessangère, il se prit à rire du rococo scandaleux des costumes de carnaval qui éternisaient le polichinelle et le pierrot.

— Essayez de nous dessiner d'autres costumes, lui dit une des châtelaines.

Sulpice prend son crayon, trace deux personnages, les habille de pied en cap, et chacun de se récrier sur la grâce et l'originalité de ses esquisses.

Il venait d'inventer le débardeur et le titi.

— Monsieur Chevalier, dit la châtelaine, permettezmoi d'envoyer ces dessins à mon journal.

— Soit, répond le jeune homme. C'est un joli débu sur le chemin de la gloire .

Plaisantant et riant, il signe ses dessins Gavarni, du nom du hameau où le directeur du cadastre et lui ont fixé le centre de leurs opérations. Certes, il ne se doutait guère que ce nom lui resterait par la force même de la publicité. Fort peu de personnes ont jusqu'ici connu l'autre, et le Moniteur, sur sa liste officielle, n'a point écrit Chevalier, mais bien Gavarni, le jour où le célèbre artiste reçut la croix de la Légion d'honneur.

Il ne fut décoré qu'en 1852. Sept ou huit années auparavant, conduit par hasard dans le cabinet de M. Cave, il reçut charmant accueil de l'autocrate des beaux-arts.

— Que pouvons-nous faire pour vous être agréable ? dit celui-ci. Voulez -vous la croix?

i — Je ne demande pas mieux, répond Gavarni, cela va bien sur un habit noir.

— Alors, rédigez une petite requête, là, sur mon bureau.

— Hein ? s'écria le dessinateur.

— C'est une condition sine quâ non. Pour obtenir la croix, il faut la demander.

''-'• inSTOIRK CONTEMPORAINE.

— En ce cas, je ne l'aurai jamais ! dil Gavarni, car iene remplirai pas la condition.

Simple anecdote racontée, en passant, à la louange des artistes qui onl obtenu la croix sous Louis-Philippe. Revenons aux débuts deGavarni.

Les dessins expédiés parla châtelaine à M. do Lamessangère obtiennent un succès prodigieux. Quelques mois après, notre dessinateur est de retour dans la capitale1, renonçant an cadastre et ne pouvant suffire aux demandes adressées à son crayon.

Gavarni n'a jamais eu à lutter contre les obstacles qui entravent l'artiste au début de la carrière. Salué tout d'abord parla vogue, il ne connut ni le tâtonnement ni le doute, et ses allures artistiques se développèrent sans gène comme sans effort dans le domaine de la fantaisie gracieuse. Il dessina pendant cinq ans presque toutes les gravures de mode, presque tous les costumes de théâtre; il était l'enfant gâté des actrices et la joie des directeurs, qui le comblaient de félicitations et de coupons de loges. C'est un de ces bommes privilégiés, dont la jeunesse n'a eu que de riantes perspectives. S'il a trouvé plus tard, le long de la route, quelques épines, c'est pour avoir trop constamment marché sur des roses.

On est émerveillé d'apprendre que Gavarni, dont l'œuvre est si colossale, ne travaille absolument qu'à ses heures de caprice, et, — chose bizarre, — s'il ne travaillait pas en se jouant, pour ainsi dire, et s'il prenait au

1. Il ne revint pas, dit- on, sans avoir franchi les Pyrénées et visité l'Espagne. Nous n'avons pu recueillir aucun détail sur ce voyage. Seulement il paraît que, regagnant Paris et passant par Bordeaux, il eut dans cette ville un duel, à propos d'une bouffée de cigarette lancée trop prés du visage d'un monsieur qui n'aimait pas l'odeur du tabac.

sérieux son crayon, peut-être ne serait-il plus lui-même. M. de Girardin fonde la Mode. Il demande au jeune homme des croquis.

— Je ne vous les payerai que médiocrement, lui dit-il ; mais, si vous lancez un jour quelque affaire, je vous promets un coup d'épaule. *

— Malheureusement, répond Gavarni, je ne suis pas assez riche pour songera la moindre spéculation.

— Bah! riche ou pauvre, qu'importe? Les affaires, c'est l'argent des autres.

Déjà très-observateur, le malin artiste prit en note cette singulière réponse et la plaça, huit ou dix ans plus tard, au bas de Tune de ses études de mœurs. Emile ne lui a jamais pardonné son excès de mémoire.

Lorsque Gavarni dessina l'anecdote, Girardin le fit attaquer dans son journal et l'accusa, non-seulement de composer des croquis obscènes, mais aussi d'être républicain. Dans une réponse spirituelle, trop longue pour être reproduite ici, l'artiste battit la Presse h plate couture. Sa lettre commençait ainsi:

« L'auteur des Débardeurs, Lorettes, etc., etc., prie M. Dnjarrier d'avoir l'extrême obligeance de lui permettre un mot de réponse à l'entrefilet de la Presse de dimanche, ou, en cas de refus du susnommé, requiert, de par le roi, la loi et la justice, ledit sieur d'insérer, à bref délai, dans icelle feuille la réplique susdite, dont la teneur suit. »

Gavarni prouve ensuite au grand Emile qu'il n'est pas obscène, et encore moins républicain.

Tout en restant le fournisseur attitré de la Mode, il compose des sujets gracieux pour une foule de publications littéraires. Il lui vient à l'idée de créer le Jour-

i. HISTOIRE CONTEMPORAINE.

nal des gens du monde ' ; mais il ne recourt pas à L'argent des autres r\ veut soutenir cette affaire avec ses propres ressources. Des Frais immenses le ruinent; les créanciers se fâchent, et le tribunal de commerce lui jette aux

jambes des entraves dont il n'est pas encore pleinement

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— Pourquoi n'essaieriez-vous pas de la caricature? lui dit l'imprimeur Caboche. Le Charivari vient de la remettre en vogue, travaillez au Charivari.

— Je n'ai pas le sens caricatural, répond l'artiste.

— Eh! faites ce qui vous plaira! J'accepte tout d'avance.

Le lendemain, Gavarni apporte au journal le premier numéro de la Boite aux lettres. Son genre est trouvé. Modeste de sa nature, il n'écrit pas d'abord la légende au bas de ses dessins. Philippon se charge de ce soin; mais, comme ce dernier s'acquitte mal de la besogne, Gavarni lui retire sa confiance et marie l'esprit du texte à l'esprit du crayon.-

C'était l'époque du grand succès des Bobert-Macairc.

— Une idée ! s'écrie un jour Caboche. Il y a évidemment application possible du même type aux femmes. Qu'en pensez-vous?

— Je pense, répond l'artiste, que le beau sexe n'aura pas lieu d'être flatté de la peinture.

— Tant pis. Faites Madame Bobert-Macaire.

— Un instant, nettoyons l'idée ! Qu'est-ce que Robert- Macaire? c'est la fourberie. Eh bien, je vous ferai la Fourberie des femmes en matière de sentiment.

Tout aussitôt une collection de ravissantes esquisses,

1. Cet ouvrage, entièrement illustré par Gavarni, ne se trouve plus aujourd'hui que dans les bibliothèques d'élite.

pleines de finesse et d'observation, suivit ce nettoyage de Tidée de M. Caboche. Le plus souvent Gavarni dessine au hasard, sans se rendre compte de la fantaisie qu'il jette sur le vélin. Son croquis fait, il le regarde et se demande :

— Voyons, bons-hommes, que dites-vous là ?

Toujours les bons-hommes disent quelque chose. Ga varni prend la plume pour écrire leur dialogue, et sa lettre est constamment délicieuse.

En 1837, Dutacq arrive à la direction du Charivari. Le journal ne comptait alors que huit cents abonnés. Dans les premiers mois de son administration, le nouveau directeur porte ce chiffre à trois mille. Jaloux d'un tel succès, Philippon, l'ex-propriétaire, imagine de créer une concurrence. Il fonde la Caricature provisoire. A Tinstant même, Dutacq oppose à cette feuille rivale une brusque résurrection du Figaro. Le concurrent s'avoue battu, et la Caricature provisoire tombe entre les mains de l'habile administrateur, qui rassemble ainsi trois journaux artistiques sous sa tutelle. En aucun temps, les dessins n'eurent une vogue plus brillante. Gavarni et Daumier rivalisaient de verve. Alphonse Karr, Léon Gozlan, Louis Desnoyers, Eugène Guinot, fournissaient le texte, et l'auteur de la Peau de chagrin lui-même écrivit pour Lune de ces heureuses feuilles les Petites misères de la vie conjugale.

A cette époque, on trouvait éternellement Gavarni mêlé à la foule. Il observait les physionomies, étudiait les mœurs, ne perdait pas un trait de caractère et saisissait au vol tous ses types.

Très-philosophe, et doué d'un jugement sûr, d'un tact parfait d'appréciation, il ne se passionne pas ; il voit les choses à nu, fait tomber le masque et déshabille Thypo-

crisie. Rien n'égale son aversion polir les bourgeois, pour les actrices, pour les lorettes surtout, que, dans son langage un peu trop accentué, il appelle des rosses infâmes. Si nous donnions la liste complète de ses œuvres, série par série, ce volume no suffirail pas à la tâche. Le fécond artiste a tracé la silhouette entière de >^w siècle. On a de lui plus de soixante mille dessins et plus de quatre ou cinq cents collections diverses. Cette œuvre énorme contient à peine dans une vaste chambre de sa maison. Mettez une pierre lithographique à la place de chaque dessin, vous aurez de quoi bâtir un pont sur la Seine, à hendroit où le fleuve a le plus de largeur. Donc impossible d'examiner tout. Nous allons feuilleter à l'aventure.

Voici le Carnaval, une des collections les plus désopilantes1. Au pied de cette affiche monstre dont l'Opéra couvre les murs de Paris pour annoncer l'ouverture des bals masqués, deux messieurs s'arrêtent. L'un dit à l'autre : — Viens-y ! . . .

« Viens, nous verrons danser les jeunes dromadaires,

« Le soir, lorsque les bayadères « Près du puits du désert s'arrêtent fatiguées. »

Cette inversion dans les rimes du poète est d'un esprit insolent. Mais les portes de l'Opéra sont ouvertes. La foule des masques s'y précipite. Regardons passer devant nous, sur l'album, cet ouragan d'épisodes insensés que soulève la Folie d'un coup de sa marotte. Une héroïne du bal rencontre dans les couloirs un bourgeois respectable, conduisant sous le bras un domino sérieux :

« — Ohé ! les amis, ohé ! crie-t-elle, il y a des épiciers

1. Une première série, publiée sous Caboche, est loin d'avoir le chic étourdissant qui distingue la seconde et toutes celles qui ont paru pendant dix ans sur le même sujet.

qui amènent ici des femmes honnêtes.... JVas le dire au municipal ! »

Feuilletons encore. Ceci représente un collégien audacieux qui trouve à son goût une superbe écaillère. Nous ignorons en quels termes il lui exprime son admiration, mais la réponse de la dame est pittoresque :

« — Ya dire à ta mère qu'a te mouche ! »

Plus loin, un titi robuste empoigne le liras d'un de ses amis, occupé à poursuivre une conquête aussi imprudente que téméraire :

« — Arrête, malheureux ! luicrie-t-il, c'est ma tante ! »

Vous voyez d'ici le dramatique du geste et la face ahurie du conquérant qu'on désabuse.

Et les intrigues, et les quiproquo, et les rencontres, et les désillusions, et les mille incidents burlesques de ces folles soirées , comment les reproduire ? Gavarni est un peintre de mœurs auquel rien n'échappe 1.

« — Ah ! je vous avais prévenu, Monsieur, je suis laide et vieille ! » murmure, en se démasquant, une aimable sexagénaire, attablée vis-à-vis d'un jeune homme qui l'a priée à souper en tête en tête.

Jugez de la grimace du vainqueur ! Il n'est plus temps de se dédire ; le garçon apporte les huîtres.

Où sommes-nous? Quel est ce réduit obscur, et quelle âme barbare ose y renfermer ces gentilles personnes en costume de débardeurs ?

« — Être fichues au violon comme des riens du tout ! deux femmes comme il faut. . . . Vingt dieux ! »

Ouvrons un autre album. Voici les Petits malheurs du bonheur, les Maris vengés et les Fourberies de ces

1. Lorsqu'il allait au bal de l'Opéra (il n'en manquait pas un seul), il disait : « Je vais à la bibliothèque. *

dames en matière de sentiment, a Pour justifier sa présence chez la moitié d'un dentiste, ce pauvre Aidolphe se fait arracher une dent par le mari. » Ce n'esl pas tout, hélas! il lui arrive un désagrément plus grave: % Au petit jour, il a été pris pour un voleur, et il a reçu toute une charge de plombs dans les reins. » Mais cela ne corrige point M. Adolphe. Guéri de son coup de feu, et voulant, un autre jour, se soustraire à l'arrivée subite du maître du logis, notre Lovelace éperdu se fourre sous une ottomane, où bientôt il se livre à cet aparté plein (V amertume: « — Être victime d'un mari qui abuse de votre position, se meta son aise, prend son temps, el vous écrase sous le poids de ses droits ! » La scène est amusante, et la vindicte conjugale est satisfaite.

Passons aux fourberies de ce sexe qu'on nomme enchanteur. Écoutons ce triste Coquardeau, confiant ses inquiétudes au médecin de la famille.

« — Eh ! docteur, vous vous trompez ! çà ne ferait que six mois, que diable !

« — Mon cher Coquardeau, la nature a des mystères qu'il n'est pas toujours donné à notre science d'approfondir. »

Il nous semble entendre se récrier ici les aristarques dont la plume haineuse cherche à nous trouver en défaut. Ces honnêtes gens nous accusent de montrer de la sympathie pour Béranger ; ils s'indignent des louanges accordées à Déjazet, prétendent que nous avons absous, avant le repentir, une piquante soubrette de la Comédie- Française, et déclarent que nous offensons la saine littérature et la saine morale en n'administrant pas assez de coups de verges à Paul de Kock.

— Voyez! diront-ils, nous vous y prenons encore, et

. vous compulsez avec délice les albums grivois de Gavarni.

Tout beau, Messieurs, tout beau! Les personnages qui ont reçu nos éloges, qui les reçoivent ou qui les recevront, possèdent vos qualités absentes: sincérité de cœur, loyauté uïiine, franchise, esprit, verve, bonhomie, gaieté. Ceuxlà ne sont point les corrupteurs systématiques, les ambitieux, les fourbes, les apôtres de la ruine sociale. Ils tiennent en main la marotte peut-être, mais ils ne font usage ni de la hache ni du marteau. Voilà pourquoi, Messieurs, nous sommes indulgent pour eux/ Déjà nous bavons dit, tout en nous déclarant chrétien, nous restons artiste. Nous ne brisons ni les statues de Phidias ni les pinceaux d'Apelles ; nous ne vouons aux flammes ni les pages de Rabelais, ni les chansons de Béranger, ni le roman de Sœur Anne. Avec Jésus dans le temple, nous trouvons qu'il est inutile de lapider les pécheresses, à moins qu'à l'instar cle certain bas bleu de votre connaissance elles n'érigent leurs égarements en système, et qu'elles n'aient l'impudeur d'imposer le vice comme une loi. Revenons à. nos albums.

Gavarni est plus moraliste qu'on ne se l'imagine . Ses croquis renferment toujours un enseignement ou une critique.

La Vie déjeune homme, — les Mères de famille, — les Impressions de ménage, — les Actrices, — Plaisirs champêtres, — Revers de médaille, — les Artistes, — Nuances du sentiment, — les Petits bonheurs, — Y Argent, --- les Martyrs, — le Chemin de Toulon, — Monsieur Loyal, — Affiches illustrées, — les Gentilshommes bourgeois, — toutes ces collections fourmillent de judicieuses études de mœurs, et sont loin d'être l'abém 28

cédaire du dévergondage et de la débauche. Nous avons dit qu'il est impossible d'en dresser une liste complète; néanmoins voici les principales, outre celles que nous avons déjà citées et celles que nous citerons encore : faits et gestes dit propriétaire, — Politique des femmes, — le Jeu de dominos, — Alcibiade Criquet, — les Gens de lettres, — les Rêves, — les Phrases, — les Interjections, — la Correctionnelle, véritable Gazetfi des tribunaux en action, renfermant cent dessins qu: serviront plus tard à l'histoire de l'époque, — Un couple 5 de vaudeville oula Semaine des amours, — les Bosses (phrénologie), — les Petits jeux de société, — l Éloquence de la chair, — Physionomie des chanteurs et des musiciens, — les Huissiers, — Souvenirs du bal Chicard, etc., etc.

Dans la dernière série, parmi nombre de types burlesques, on reconnaît, à ne pouvoir s y méprendre, le fameux Donvé du Palais-Royal, qui était chansonnier en titre, et bijoutier à ses heures perdues. Gavarni lui a donné le nom de Floumann.

N'oublions pas, dans cette liste incomplète des œuvres dues au crayon , de l'habile dessinateur, les Scènes de la vie intime, qui ne se vendent point aux étalages; — les Portraits contemporains et les Nuits de Paris, véritables merveilles lithographiques, éditées par MM. Bulla frère et Jouy, rue Tiquetone. Sous le dessin de Gavarni, comme sous la lettre, il y a toujours la leçon donnée au milieu de l'éclat de rire.

« — Il ne m'ôterait seulement pas mon chapeau ! » s'écrie un piteux chapelier, rencontrant sur le boulevard certain dandy qui n'a pas encore payé son couvre-chef orgueilleusement immobile

Deux messieurs, dans un salon bourgeois, se promènent bras dessus bras dessous. L'un murmure à l'oreille de l'autre :

« — Quand tu voudras être fichu à la porte de cette maison-ci, tu n'as qu'à dire à la mère que la fille est charmante. »

Une dame soupçonneuse accompagne sa bonne au marché.

« — Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu'on vous a fait trois francs. J'en offre vingt sous, et la marchande m'appelle.

« — Oui, Madame, elle vous appelle... morue ! >;

Si nous ouvrons l'album des Impressions de ménage, nous y apercevons deux jeunes mariées en train de se confier leurs désenchantements.

« — Edouard, ma chère, qui m'avait tant juré qu'il ne fumerait jamais...

« — 11 fume ?

« — Il chique ! ! »

Voulez-vous la conclusion de ce court dialogue? Écoutez la portière en commérage avec une voisine.

« — Les hommes ! madame Hue... Quand ça veut une femme, c'est des sansonnets ; on en prend un , c'est un crapaud. »

Paris le matin et Paris le soir, — les Étudiants, — les Lorettes, — les Enfants terribles, — les Coulisses et Clicliy ont porté la réputation de l'artiste à son comble. Un lion de premier choix, ganté beurre frais et portant •les bottes vernies irréprochables, entre, le matin, dans un affreux galetas. Il s'incline avec toute la politesse d'un homme bien élevé devant une mégère au costume indescriptible.

« — Madame de Saint-Aiglemont, Madame , s'il vous plaît?

« — C'est ici, Monsieur. (Criant.) M'ame Chiffet!... on te demande. »

Paris le soir a des épisodes plus risqués. Nous n'appuierons pas sur l'inconvenance de la demoiselle qui emprunte à Amanda son tire-bottes, ni sur l'ébahissement du mari valet de chambre qui trouve, le soir, une rosette au lacet, quand il est sûr d'y avoir fait un nœud le matin. Le bourgeois revenant du théâtre est plus naïf encore. Sa femme et l'ami de la maison, chacun dans un fauteuil et à distance respectable l'un de l'autre, semblent parfaitement endormis à son retour.

« — Comme ils se sont amusés... avec leur sot roman!... Au lieu de venir avec moi à la Comédie Française... Ils auraient vu Georges Dandin, les nigauds ! »

Nous sommes au quartier d'Outre-Seine , et voici les Étudiants. Il est impossible que cet examen des albums de Gavarni vous fatigue, achevez avec nous de les parcourir. Vous êtes en présence de ses meilleurs types. Examinez ce jeune disciple de Cujas. Il ose tendre la jambe à sa compagne, en accompagnant le geste de ce pompeux discours :

« — 0 femme ! chef-d'œuvre de la création ! reine de l'humanité! mère du genre humain... tire -moi mes bottes! »

Ces deux lignes renferment une satire à l'adresse de George Sand. Mais d'autres scènes nous réclament. Le bâtiment que vous voyez en face est la Clinique. Une grisette poursuit un de ces messieurs jusqu'à la porte du sanctuaire de l'anatomie humaine.

ce — Yoilà six mois que vous me oromettez un mante-

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let, dit-elle^, ce n'est pas gentil !... Tu n'as pas le sou ! tu n as pas le sou ! . . . Vous aviez bien besoin d'acheter encore un cadavre?... Égoïste, va! »

Nous concevons que Gavarni fasse dire à l'étudiant prêt à s'en aller en vacances :

« — Adieu, je te laisse ma pipe et ma femme... Aie bien soin de ma pipe ! »

L'heure est venue de préparer ses malles. On devise avec un camarade en fermant le sac de nuit.

« — Cette année?... j'ai culotté cinq pipes... sans compter les fioles que j'ai décoiffées, les carreaux que j'ai cassés et les municipaux que j'ai cognés!... Et tu verras que mon auguste père va dire encore que je n'ai rien fait ! »

La collection des Lorettes est interminable ; arrêtonsnous seulement à quelques esquisses rapides.

« Au 1er janvier prochain, écrit le monsieur, je payerai à l'ordre de mademoiselle Beaupertuis la somme de deux cent soixante-quinze francs, valeur reçue... » (En quoi? en affection, en tendra intérêt, en dévouement?) — « Pas de bêtises, voyons ! dit la demoiselle, penchée sur le fauteuil : en marchandises. »

Une autre de ces dames, à demi ensevelie sous les coussins d'un divan, débite à un fils de famille cette harangue significative :

« — Et la bicoque de ton grand-père, puisqu'on t'en donne quarante mille francs, qu'est-ce que t'en fais?"... Je ne sais pas comment tu n'es pas honteux, un homme comme il faut, d'avoir une maison rue Bar-du-Bec. »

Il est tout simple, puisque monsieur paye, qu'il exige un peu de fidélité. La lorette n'en reconnaît pas l'urgence.

« — Vovez-vons, Mademoiselle, il se tient sur votre

compte des propos qui commencent à m'ennuyer fort... et je suis décidé à vous prier de me chercher un successeur. — Mais vous en avez déjà deux, mon cher ! »

Passons aux Enfants terribles. C'est évidemment la série la plus spirîmelle et la plus heureuse. Dialogues ou monologues, questions ou réponses, tout est vérité, tout est nature. On dîne. Un petit bonhomme se lève, montre d'une main le poulet qu'on découpe, et, de l'autre, un convive placé en face de ses parents :

« — Mère, est-ce que c'est le crevé de ce matin, que t'as dit que ça serait toujours assez bon pour lui ? »

Jugez de l'effet de ces paroles. Pour ce qui précède comme pour ce qui va suivre, notre seul regret, vous devez le comprendre , est de ne pas vous mettre le dessin sous les yeux. Gavarni perd la moitié de votre admiration.

Nouvelles histoires. La porte s'ouvre. Un personnage à l'air simple se présente, et l'enfant terrible l'aborde en disant :

« — Qui est-ce donc qui l'a inventée, la poudre, Monsieur?... que papa dit que ce n'est pas vous. »

Un séducteur en espérance demande à une très-jeune fille :

« — Petit amour, comment s'appelle madame votre maman ? — Maman n'est pas une dame, Monsieur ; c'est une demoiselle. »

Et cette question faite à un noble vieillard affligé de strabisme : « — Est-ce vrai, monsieur le marquis, que i vous êtes obligé de regarder en Bourgogne si la Champagne brûle ?. . . Comme ça doit vous ennuyer ! »

Nous n'en finirions pas, si nous voulions tout citer et tout peindre. Les Coulisses nous offrent une quantité de détails aussi amusants. Prêtez l'oreille au dialogue de ces

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deux magnifiques personnes, l'une costumée en Diane et l'autre en Amour.

Diane. « — Tu ne sais pas, m'ame Alexandre, ma lèvre! te a fait ses petits.

L'amour. « — C'te pauv' Zémire !

Diane. « — Oui, mais c'est tout caniches.

L'amour. « — Une levrette faire des caniches! Ah bien, merci ! en v'ià une gueuse ! »

Plus loin, nous voyons un superbe Maure, quittant la scène et rapportant une odalisque entre ses bras.

« — Quoi 1 jeune vierge du désert, lui dit-il, je te soustrais k d'infâmes ravisseurs, je protège tes jours, je te sauve l'honneur... et tu m'appelles cornichon ! »

Nous allons être indiscret ; mais pourquoi celer quelque chose quand on écrit l'histoire ? Clichy et son épopée tragi-comique ont été crayonnés par Gavarni sur les lieux mêmes. En vertu d'instances non périmées et relatives au Journal des gens du monde, certains bourgeois inflexibles s'obstinèrent à payer pension au dessinateur, comme, depuis, le grand Emile daigna faire pour nous.

Gavarni fut arrêté d'une façon piquante. Les huissiers de Paris sont pleins de finesse. Notre artiste était au bal de l'Opéra. Un dandy fort distingué l'aborde, cause avec lui, fait des mots, se montre charmant et l'invite à souper après le bal. On mange gaiement, on boit du meilleur, et, de flacons en flacons, on gagne le jour. Le dandy regarde sa montre.

- - Prenons-nous un peu l'air? fait-il sur un ton d'indifférence.

— Oui, dit l'artiste, j'en ai besoin.

Ils sortent. Deux gardes du commerce sont à l'entrée du restaurant. Le dandy, qui a payé l'addition, salue son

h lU HISTOIRE CONTEMPORAINE.

convive et se nomme. C'était M. Fumet, huissier, place de la Bourse. Les gardes du commerce prièrent poliment Gavarni de les suivre.

On venait à la prison pour dettes tous les soirs chercher les dessins du Charivari.

Altaroche était administrateur du journal. De temps à autre, il se permettait sur les croquis de l'artiste des observations aussi profondes que judicieuses. Nous en donnerons un exemple.

Les pensionnaires de la prison de Clichy reprochaient à Gavarni de les représenter gobelottant du matin au soir, chantant, riant, etc.

— En vérité, lui disaient-ils, cela n'excite pas l'intérêt en notre faveur. Composez quelques scènes plus sérieuses. Il y a ici d'honnêtes gens qui souffrent et qui sont victimes.

Sensible à ce reproche, Gavarni dessine un pauvre artisan, que sa jeune femme visite dans l'étroite cellule des prisonniers. Elle lui donne son enfant, qu'il embrasse; puis elle dépose sur une table un livre, quelques effets et des provisions.

« — Tiens, mon ami, dit-elle, voilà ta pipe, ta casquette et ton Montaigne. »

Gavarni donne cette vignette au commissionnaire du journal, qui bientôt rapporte l'épreuve et dit :

— M. Altaroche trouve cela fort bien, mais il demande pourquoi vous appelez le petit garçon Montaigne ?

On voit que dans ce siècle d'instruction et d'intelligence, il suffit d'en avoir une dose minime pour devenir rédacteur d'un journal en vogue i ; sans compter

1. « — Eh! qui fera le Carillon pendant votre absence? » disait un jour l'imprimeur du Charivari à Albert Clerc. Celui-ci se disposait à faire un

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que cela vous aide à être élu capitaine de la garde nationale, député sous la République, à passer directeur de TOdéon, puis des Folies-Nouvelles, et h remplir votre boursicaut pour acheter de belles et bonnes terres dans ce doux pays du Cantal.

De 1834 à 1845, Gavarni eut une véritable existence d'artiste, échevelée, bruyante, pleine d'émotions et de folles joies. Il fréquentait beaucoup le salon de madame Mélanie Waldor, muse égrillarde, dont nous avons déjà fait mention. Le lecteur sait à quelles escapades profanes se livraient Gavarni, Texier, Lireux et tutti quanti, au sortir du cercle de cette dame. On leur avait mis là le diable au corps.

Le dessinateur donnait lui-même, tous les huit jours, des soirées étourdissantes, où Ton rencontrait madame Coquardeau, (ce type a vécu!), Balzac, Henry Monnier *, Old-Nick (Forgues), Julien Lemer, Ourliac, Laurent Jau, Jules Sandeau, Chevalier 2, etc., etc. Il y avait les soirées décentes, et celles... qui Tétaient moins. Au bas de la formule d'invitation, si Ton voyait ces mots : Pas de dromadaires! on savait à quoi s'en tenir. Chacun se présentait dans une tenue honnête, et avec la ferme résolution de montrer des mœurs irréprochables. On jouait aux jeux innocents, on faisait des charades. La mère de Gavarni assistait aux soirées décentes. Elle demeurait, ! avec son fils, rue Fontaine-Saint-Georges, n° 1.

voyage, « Bon! répondit-il, en moins d'une heure j'apprendrai la chose à Allaroche; le premiervenu peut s'en acquitter aussi bien que moi. C'est un truc. »

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