‹ Portraits et souvenirs littérairesChapitre 16 sur 26 · ÉVARISTE BOULAY-PATY · texte numérisé non relu

ÉVARISTE BOULAY-PATY

sions qui quittent Thomme vers la moitié de sa route, et le laissent seul lorsque la vie ne lui donne pas, pour les remplacer, une famille nouvelle, des devoirs et des plaisirs qui fixent sa tête du côté de Favenir, et Tempêchent de se retourner trop souvent vers les jours écoulés. D'intimes amis seuls, Lamartine, M. Legouvé, quelques autres encore ont été les confidents de ses derniers travaux. Il traduisait Pétrarque, et voulait lutter avec le maître Italien. Il préparait aussi une histoire du sonnet, et tout le temps que ne réclamaient pas ses fonctions de bibliothécaire au Ministère de l'Intérieur, il le passait

en longues promenades dans les bois de Passv #

ou de Boulogne, à côté d'une femme tendre et dévouée comme sa famille l'avait été pour lui. Cet isolement à l'âge où il aurait pu aspirer à devenir un des juges du camp dans la célèbre Compagnie (jui l'avait couronné plusieurs fois, cette lassiliide (|ui l'avait pris avant le temps provenaient aussi d'une santé (|ui avait toujours été un peu fail)le, et qui, dans sa jeunesse, lui donnnit par moments l'air du malade de Millevoye. Kvariste lîoulay-Paly est mort en 18(54: son convoi n'a pas été accompagné par la foule, et l)eaucoiip de ses amis ne furent pas avertis à

temps pour lui rendre les derniers devoirs, mais il y en avait un qui avait longtemps vécu avec lui sous le même toit, qui avait été associé à toutes les joies et à tous les chagrins de sa jeunesse, et qui. l'esprit perdu dans les rêves du passé, a suivi son cercueil les larmes dans les yeux, et a cru voir descendre une partie de luimême dans son tombeau. Il était presque seul, mais cela valait mieux qu'un cortège d'indiflérents ou une pompe officielle (1).

1. Cet ami était, on s'en doute, Fauteur des « Souvenirs littéraires », qui résu^Tia ses impressions dans le sonnet suivant ;

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