SOUVENIRS D'UN VOYAGE A GUERNESEY UN ÉPISODE DU SIÈGE
CirAPITKE PREMIER SOUVENIRS
D'UN VOYÀ&E A GUERNESEY
Partons de Saint-Malo; mais d'abord, qu'estce que Saint-Malo ? Une véritable prison. Lorsque vous avez fait le tour des remparts, admiré Saint-Gervais et la tour Solidor, rendu Nisite au Grand-lie) , rocher sur b^cjud r(*[)ose Cbateaubriandj dont Tondire a voulu élue continuellement bercée par la jurande et miuiotone svmphonie des vagiu^s, vous rentrez pour élue conliné dans des rues étroites et tortueuses, ou le jour pénétre à peine, et vous ne vove/ b' louij;' des remparts (|ue de hautes maisons qui n'ont Tair
d'être habitées que par des hirondelles; aux angles de toutes les fenêtres se suspendent les nids de ees oiseaux. Heureusement vous avez devant vous une grève magnifique et des plus engageantes qui puissent s'offrir dans la belle saison aux amateurs de bains de mer. Pas le moindre galet. Le coquillage lui-même se ferait un scrupule d'offenser les pieds des petites maîtresses parisiennes. C'est le sable le plus fin de la création.
A peu de distance de Saint-Malo se balancent sur les flots les deux îles charmantes de Jersey et de Guernesey, deux florissantes sœurs, qui ressemblent à la verte Érin des ballades de TJiomas Moore. Vous le savez, et vous savez aussi que quelques heures peuvent vous conduire à Jersey,
Partons donc pour Jersey, embarquons-nous sur la Vénus en compagnie d'une quantité de veaux, de moutons, de poulets^ de canards destinés à la consommation des liabitants de l'île: la façon dont on descend les gros animaux dans J le bateau à vapeur est curieuse, et paraît les contrarier extrêmement; on leur attache une espèce de ventrière et on les lance dans l'espace à l'aider d'une grosse corde ; nul doute qu'ils ne
se croiont ainsi lancés dans réternitcs tant leurs physionomies expriment crinquiétude du moment qu'ils ne sentent plus la terre sous leurs pieds. Ils gardent un morne silence, mais une fois à bord, les beuglements, les bêlements, les grognements , les gloussements constituent un effroyable charivari .
N'importe, on se sent heureux d'être sur la Vénus et Ton aborde bientôt à Jersey comme à la terre promise, après avoir effleuré un grand nombre d'écueils. Jersey surgit des Ilots ainsi qu'une corbeille de Heurs.
« Les aloès et les camélias y poussent en pleine terre, et les passiflores enlaçant les grands chênes et les hêtres séculaires y suspendent leurs bouquets d'un jour. »
C'est exact 1 le guide que j'ai sous les yeux dit vrai. On débarque et personne ne vous demande de passeport. Liberté entièrej liberté a])S()hie, allez où vous vou(h'ez, on \w vous demanih^ j)as même votre nom. La ville de Sain(-ll(''Iier est la plus hospitalière di^s villes, pourvu (ju'on ail toutefois la bourse suflisanunent uarnie. L'air el la lumière circulent dans les rues, la propriMé règne partout; on se promène sur le quai; on admire le fort Régent, le château Elisabeth; on
se fait conduire au cliâtean de Montor^ueil. qui a eu riionneur de résister jadis à Duguesclin ; ensuite à la tour du Prince, d'où Ton découvre la plus verdoyante campagne d'opéra-comique, oî^i les compagnons de saint Antoine eux-mêmes ont le physique le plus agréable ; on visite la pointe de Piémont, d'un si terrible et si sauvage aspect, qu'on se rappelle cette scène de l'Antiquaire, dans laquelle Walter Scott fait surprendre par la marée montante deux infortunés qui, entourés de rochers à pic, paraissent voués à la mort; on va voir aussi la grève de Lecq, et si l'on veut, on y prend un bain sans déranger quelque famille du pays, dont la pudeur ne s'offense pas du voisinage d'un étranger tel que la nature Ta créé.
A Jersey, on se fait naturellement indiquer la maison que Victor Hugo aoccupéeà Marine- Terrace ; mais le poète a transporté ses pénates ailleurs^ et l'on se réserve de s'instruire à Guernesey de la manière dont il supporte Fexil. On lit sur les murs l'annonce d'un ^r/p àGuernesey, c'est-à-dire d'un voyage d'agrément. Voilà une occasion : on part un dimanclie matin sur la Comète. Il faut se garder des rochers de la Corhière, rochers gigantesques accusés de plus d'un
naufrage et non à tort : « Rochers plus coupables qu'innocents^)) comme on le dit à Jersey des malfaiteurs. La Comète passe à travers les rochers comme un poisson et l'on arrive en face de Guernesey.
Rien de plus souriant, de plus gracieux que ramphithéâtre offert par cette île aux voyageurs. Toute la population est sur le port pour voir les arrivants, et comme c'est un dimanche, on aperçoit d'abord un homme qui s'agite étrangement et qui semble prêcher; c'est un prédicateur méthodiste qui vous jette à la tète, en mauvais français ou en mauvais anglais, tous les anathemes que la Bible renferme, — et la Bible en renferme beaucoup. — Arriver un dimanche par un train de plaisir est un grand péclié. La reine d'Angleterre elle-même a été vivement blâmée par les méthodistes d'être venue un dimanche à Guernesev.
Cependant, la foule ne se préoccupe guère de ces prédications en jdein venl. La liberté de ne pas écouter est an nombre des libertés de l'île.
Sai7it PeterPort se trouvesituésurun rocher dont la pente descend jusqu'à la mer: à l'exception de cinq ou six, les rues dt^ la ville son! impralicables aux voitures: la grande rue, la rue
comincrraiilej traverse la ville dans sa partie basse et aboutit à l'église paroissiale, église du quinzième siècle, dont on aperçoit le clocberdès qu'on entre au port. Le marcbe est voisin; il contient une poissonnerie célèbre par sa marchandise qui est recherchée de toute FAngleterre. La poissonnerie et la boucherie s'abritent sous les arcades d'un monument public. Les rues montantes sont occupées par la classe ouvrière et par la population française. Le quartier riche, appelé les Granges, offre une suite de maisons assez jolies et de petits hôtels avec des jardins parfaitement entretenus. J'y ai vu une maison couverte tout entière par un myrthe, un vrai berceau d'amour. La principale promenade delà ville se forme d'une immense pelouse entourée d'allées d'arbres et de propriétés particulières. La ville est semée de temples et de chapelles de toutes les sectes : protestante, anglicane, méthodiste, presbytérienne, etc. J'en ai compté jusqu'à quatre dans une rue fort courte; il y a une bibliothèque assez pauvre, unmuséeplus pauvre que la bibliothèque et qui n'est guère composé que d'animaux empaillés etde peaux de sauvages. Quant au théâtre, c'est un hangar cartonné et bitumé, situé dans une rue borgne et faisant
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face à la prison. Los rares acteurs qui y viennent ne retirent pas. assure-t-on, les frais de leur voyage et sont obligés quelquefois d'aller loger dans le monument qui lui sert de vis-à-vis. C'est que la population est profondément puritaine et peu disposée en général à s'amuser. La société se divise en siocty et en forty (les soixante et les quarante). Les 5^<3?ify forment la haute aristocrate de la ville ; ils ne se marient qu'entre eux, ne se reçoivent qu'entre eux ; ils sortiraient avec indignation d'un salon où se trouverait un forty. Ce sont d'anciens commerçants ayant encore des magasins dans les colonies anglaises.
Marchands hors de l'ilcj ils sont ducs et pairs dans l'île. Les forty sont marchands comme les sixty, seulement ils exercent dans l'île. Ils sont eux-mêmes très exclusifs et ne fré(|uentenl pas la classe ouvrière qui vit à part. C'est la hiérarcliie anglaise dans (oute sa rigueur. ^S'/.r^y, forti/ se ressembhml (m un point: ils sont excessivement lumiains pour h's animaux.
Telle est la cité où Victor Hugo a éhi domicile el acheté avec le produil des Conte))iplatwns une maison (|n'il s'esl phi à embellir ri (|ui passe dans l'île poui* un palais d(\s 7nillc et une nuits où sont enfermés tous les trésors de la caverne
(l'Aladin (1). [Victor llug'O doit imo grande partie de la considération dont il jouit auprès des habitants à sa maison où il n'admet, d'ailleurs, ni Sixly^ ni foy^ty, mais seulement (|uelques ouvriers continuellement occupés à travailler sous sa direcction. Tous les vieux coffres, tous les vieux bahuts de l'île jusqu'au nombre de deux ou trois cents, ont passé chez lui. îl a lentement et à force de patience amassé des matériaux de toute espèce dont il a composé un poème de bois doré, de chêne sculpté, de laque de Chine, de faïences hollandaises, une Légende des siècles artistique ; pour sa satisfaction personnelle, il s'est créé une résidence pleine de fantaisie, dont la Lampe merveilleuse est son propre génie architectural; il en a fait déplus, en quelque sorte, outre son luxe original, un autographe à trois étages, par la quantité de maximes et d'inscriptions qu'il y a mises, et voilà pourquoi les Guernesais regardent cette maison, qu'on nomme Ilauteville house., d'un air étrange et presque effaré, comme si le propriétaire était un nécromancien.
Si vous avez l'honneur de connaître Victor
(1) Consuller ^\\v \(i même sujet : Chez Yiclor Hugo, par un passant.
Hugo, VOUS vous faites indiquer naturellement sa demeure, placée au sommet de la falaise, et qui domine le foi't, la ville et la mer. Vous ne tardez pas à vous arrêter devant un édifice ressemblant aux édifices voisins, mais à peine entré dans le vestibule, le linteau supérieur présente un haut bas-relief doré et peint, figurant les principaux sujets de No tre'I)a7ne de Paris. Lc^ ])QV' sonnages de ce linteau qui se sont mêlés à votre existence littéraire semblent vous souhaiter la bienvenue, et le poète, averti de la visite d'un compatriote, vient vous recevoir avec la grâce sereine dont il est magistralement doué : il vous invite à le suivre. Leclair-obscur qui règne dans le vestibule et qui provient d'un vitrage à verres bosselés vous cause tout d'abord une sensation mystérieuse; il semble que vous allez pénétrer dans le temple d'Isis, mais vous distinguez bientôt dans le chambranle d'une des portes une madone qui vous accueille avec ce salut : Ace, et la salle à manger s'ouvre devant vous.
11 est justement onze heures, et c'est l'heure du (léjiMniei*. La famille du poète est réimie, l'auteur de la Bohême dorée (CJiarhvs Hugo), et le traducteur de Shakspeare (François-Victor Hugo), vous serrent cordialement la main comme si
VOUS VOUS étiez vus la veille ; vous vous asseyez à cote de la maîtresse de la maison, belle et bonne comme autrefois; vous parlez de la France et du passé, des beaux jours à'Hernani, de Marion Delor^ne^ de Marie Tudor^ de Lucrèce Borgia^ de toutes les batailles dramatiques auxquelles vous avez assisté dans le bon temps ; puis, en regardant autour de vous, vous remarquez que vous vous trouvez au beau milieu d'un musée de Clunv. Partout des tentures de faïences et de porcelaines, une mosaïque de vases et d'assiettes bizarres, de bouquets de fleurs peintes, et au plafond une tapisserie des Gobelins ; en face de vous une clieminée gigantesque en carreaux de faïence (violet sur bleu), et sur un piédestal une statue en faïence de couleur représentant la Vierge avec l'enfant Jésus^ lequel tient un globe à la main. Au-dessous vous lisez ce commentaire démocratique :
Le peuple est petit, mais il sera grand. Dans tes bras sacrés, ô Mère féconde, 0 Liberté sainte, au pas conquérant, Tu portes l'enfant qui porte le monde.
Lasatue de la Vierge est devenue la statue de la Liberté dans la maison de l'exilé.
Exlllum vita est,
dit une ciutre inscription, dont la fierté révèle le caractère du poète qui a décoré son blason de cette devise assez hautaine :
Ego, Hugo,
de môme que les souverains espagnols signent : Moi,, le Roi.
Je ne parle point des préceptes d'hygiène empruntés à l'école de Salerne. qui n'ont pas été oubliés :
Tost prandium stabis.
Seu mille passus meabis,
Un fauteuil enchaîné frappe vos regards au haut de la table; pourquoi cette chaîne? Pour que personne ne puisse s'asseoir sur ce fauteuil. C'est le siège symbolique des aïeux toujours présents aux repas de famille : absentes adsitnt.
De la salle à manger, on vous conduit à la salle de billard, qui donne sur la rue. Là, sont des portraits de famillcj puis des tableaux, des dessins. Voici, entre autres, deux portrails du maître, Tun de IJoulanger, Taulre de Chàlillon, et le Couronnement cCI nés de Castro^ tableau donné au poète par le duc et la duchesse d'Orléans, le jour de la pul)lication des Voix intérieures. Les
iÔB PORTRAITS ET SOUVENIRS
dessins, de la main de Victor Hugo, encadrés dans un bois blanc, ornés de Heurs peintes, par lui, sont des souvenirs de la Foret-Noire, des bords du Rhin, des vallées et des montagnes de la Suisse, etc.. Après la partie de billard, le repos vous attend dans le salon de tapisserie. Le tout est sérieux et propre à la méditation. Les noms des prophètes, des grands poètes, des bienfaiteurs de l'humanité frappent vos yeux de tous côtés. Comme contraste, on trouve une figurine d'évêque dont la crosse est dorée, avec cet écusson :
Crosse de bois, évêque d'or !
Crosse d'or, évêque de bois !
Ce n'est donc pas là Févêque Myriel, qui est un évêque d'or.
Voulez-vous, en passant par l'atelier, ad augusta per angusla, venir admirer, dans le jardin, les douze lieues d'étendue qu'offre l'horizon et chercher dans le lointain les côtes de France? Ici encore, sous les lierres et sous les fleurs, des maximes et des vers,
Immensité^ dit Vôtre ; éternité^ dit rame. Vous demeurez suspendu entre Timmensité
VICTOR HUGO lU'j
et réternité jusqu'à ce que votre hùle. ayant pitié de votre perplexité, vous mène aux étages supérieurs. C'est Jà que se déploie le luxe des Orientales, le luxequi préoccupe tous les habitants de Guernesey. Le salon bleu et le salon rouge rappellent les splendeurs de la place Royale. C'est là qu'on voit les panneaux qui faisaient partie de la cliambre delà reine Christine à Fontainebleau et qui contiennent dans leurs ornements pour 3.000 francs d'or au poids. Ce sont des panneaux de jais blanc de Norvège, avec des paons, des arbres et des fleurs. C'est là qu'on trouve des statues en bois de chêne doré à Tor moulu de Venise représentant des nègres deminus, chacun dans une attitude différente, qui, des lampes à la main, supportent un dais de soie de l'Inde garni d'un lambrequin de satin de Chine; c'est là encore que, sur un plateau de chêne, le propriétaire a collectionné des encriers de Lamartine (I), d'Alexandre Dumas (2), de
i George Sand (3).
Au deuxième étage est la galerie de cliéne, qui a coûté tant de travail, de colfres et de baluils
(J) V, lettre de lui à rappoiulico.
(2) V. lettres (1(^ lui à rapprndice.
(3) V, lettre d'elle à rappendi(.'e.
à Victor Hugo. Les inscriplions reparaissent et se multiplient en latin, en français !
Nox, morSj lux .
C'est ce que dit une tête do mort d'ivoire dans son langage philosophique, au chevet d'un lit d'homme porté par quatre colonnes torses.— On remarque aussi sur les murs ces maximes :
L'esprit souffle où il veut.
L'honneur va où il doit.
Sum, non seqiior. . . surge, perge, Gloria victis. — Vœ nemlni !
Les dieux sont aux vainqueurs, Caton reste aux vaincus.
Enfin, au-dessus d'une horloge qui accompagne d'un grand carillon la sonnerie des heures ces deux vers :
Toutes laissent leur trace au corps comme à l'esprit. Toutes blessent, hélas ! la dernière guérit... ^
Uultima necat du poète latin est assez agréablement traduit dans cette version.
Au dernier étage, dans un petit belvédère, un look'Out^ comme disent les Anglais, le poète a fait sa chambre à coucher et son cabinet. Le premier rayon de soleil est pour lui... On trouve
clans ce cabinet, grand comme la cabine cPun navire, de Fencre et du papier, cbose rare dans le reste de la maison, et encore, comme le poète écrit la plupart du temps au crayon, son encrier ressemble-t-il souvent aux célèbres encriers du salon Bleu. C'est dans cette cbambre néanmoins que Victor Hugo a écrit les Misérables et les Travailleurs de la mer.
Si vous cédez à l'aimable invitation de votre hôte, et si vous restez quelques jours à Hauteville house^ vous aurez, le soir, d'excellente musique composée par la {\\{(^ du poète. Victor Hugo n'est point aussi ennemi de la musique qu'on Ta souvent répété. Il ne la range point, quand elle est bonne, parmi les bruitsdésagréables, et pour peu que vous le pressiez à ce sujet, il vous manifestera son opinion dans ces termes : « Il y a « deux modes sous lesquels le bruit se mani- (( feste : le mode collectif et le mode succès- « sif. Le premier nous est donné par les 2:ran- (( des voix qui sont dans la nature et qui nous <r viennent de la montagne et de la plaine, de la a forêt et de la mer : c'est l'harmonie; l'autre « est donné par Thonnue même, par le chant a et le cri de la passion : c'est la mélodie. « Celui qui n(^ nous ferait entendre (jue la pre-
112 I^OKTKAITS ET S0UVEIN1U8
<i iiiière, si belle qu'elle fût, ne toucherait pas, — c( riiomme partout clierclie Fliomnie ; —ce se- (( rait comme une mer sans voiles, une campa- ^( gne sans toits, une foret sans liôles; la pensée « n'en supporte pas longtemps le spectacle ; on « veut pouvoir vivre dans ce qu'on voit. Or, en c( musique, celui-là est l'homme de génie, qui a a su môler à Tharmonie la note de la passion dans (( cette mesure exacte oi^i est la puissance de « riiomme, par rapport à la puissance de la na~ « ture. »
Comme il faut détendre un peu les nerfs du voyageur après tant de maximes graves, de devises superbes et de sérieux entretiens, on vous régalera, vers la fin de la soirée, d'une charade extravagante, impossible, sur quelques mots pharaonesques comme celui-ci :
Osymandias , charade dans laquelle W^^ Osy et le peintre Diaz joueront des rôles dont ils sont loin de se douter. Cette charade provoquera dans l'assemblée des rires olympiens qui certainement doivent, ces soirs-là, empêcher l'île de Guernesey de dormir.
CIIAPITJIE DEUXIÈME