M. DT. VIEL-CASTEL
Et, snns parler des critiques étrangers, de FAméricaî I Ticknor, riiislorien devenu classique lîe la littérature espagnole, que M. de Viel-Castel aurait pu devancer, car il achevait le présent livre dans le temps même où Ticknor arrivait en Espagne pour recueillir les malcriaux du sien; — sans parler des érudits allemands tels que M. de Schack, qui publiait en 1845 à Berlin sa [i^w^iWànie' Histoire de la liMrature et de V art dramatiques en Espayne; sans parler enfin des érudits espagnols eux-mêmes, des Gayangos, Aei Amador de Los Rios, des Ochoa, des IJarlzpnbwsch, dès Hesonero Romanes, et de maint autre que je pourrais citer, — à ne parler que des seuls Français, il y a eu chez nous depuis 1840 toute une élite iVespngnolisants qui ont fait peu à peu, partiellement, de côtés divers et pour ainsi dire pièce par pièce, le vaste travail que M. de Yiel-Castel avait entrepris à lui seul. C'étaient de toutes parts des réhabilitations, des. exhumations, des trouvailles. Philarèle Chasles, cet infatigable pionnier littéraire, s'aventurait par.Tii les comédies inconnues d*Alarcon, et au retour en parlait avec enthousiasme. M. Ferdinand Denis conlinaait çà et là dans ce passé mort ses grands voyages d'autrefois. Le chercheur Viguier rcmont.iit aux sources ignorées où Cornei'le a puisé, dit-on, le sujet de son Héraclius^. M. Aljïhansj Royer
1. M. Jules Gaillard a recueilli l:i curieuse disscrtalion do M. Viguier sur celle rincsUon obscure dans le livre iiililul«S :
m PORTRMTS LITTÉRAIRES.
publiait des comédies de Tirso de Molina et de Cervantes. Plus récemment, H. Eagëne Daiet, après M. Damas- Hinardy nous donnait son excellente traduction des ihef.^-d œuvre de Lopc de Vega, tandis que le regretté M. Antoine de Latour nous rendait le même service pour Calderon. Et comment s^occnper du Ihéâlrc espa- {.'.nol sans rendre hommage à la mémoire de cet aimable i et respectable M. Antoine de Latour, qui le connaissait
r\ bien, comme tout le passé de sa chère Espagne, et qui m parlait avec lant de bonne grâce? Je lui ai dû, quan' à moi, des heures de lecture bien douces, et je iu<iv*n3 toujours volontiers à ses volumes de critique et de voyages, où il a su être si agréablement humaniste et touriste. En le lisant, on voyage à la fois sur les routes et dans les livres. Un site, une ville, un monument, une maison célèbre, une légende populaire, tout le ramenait à ses auteurs; il retrouvait partout leurs tracés, et les réminiscences du lettré s'entremêlaient chez lui naturellement aux impressions du voyageur. De Madrid à Tolède, c'est Tirso de Molina qui le guide. A Tolède, le palais de Galiana, la chronique de la célèbre infante, la tradition des amours du roi Alphonse et de la juive Rachel, le grand épisode historique des comtineros et do Théroique Juan de Padilla éveillent ses souvenirs littéraires, et le voilà passant en revue la séiie des auteurs dramatiques qui ont mis en scène ces
rrjgtnents et correspondance {\\n volume in-So, Paris, Uaclutlc, 1875), où il a publié les Heliquiœ de son savant mallrj et ami.