‹ Portraits littérairesChapitre 22 sur 55 · M. DE VIEL-CASTEL · texte numérisé non relu

M. DE VIEL-CASTEL

personnages hisloriques ou légendaires, depuis Ulloa et Diamanle jusqu^à Marlincz de La Rosa el à H. Rodri* guez Rubi. 11 allait çà et là, au hasard dt'S rencontres, de Lope de Yega à Âlarcon, de Montai van à Ram(»n de La Cruz, des plus illustres aux plus obscurs drama lurgcs de TEspagne, el c'est ainsi que M. de Latour, sans que le lecteur, ni lui-même, j'imagine, y prit garde, écrivait peu à peu, d'année en année, sur le ton d'une causerie délicate et facile, les chapitres épars d'une histoire très approfondie du théâtre espagnol.

Tout autre est le procédé critique de M. de Yiel-Castel^ et je retrouve dans cet Essai purement littéraire le même ensemble de qualités sérieuses et discrètes qui le caractérisent en tant qu'historien : même équité scrupuleuse, même exacte justesse, même réserve tempérante, tolérante, un peu timide, de la pensée et du style. Ce style a eu dès l'abord toutes les prudences de la froide maturité. Il n'a jamais connu les élans, les ardeurs, les caprices, les bouillonneme.its d'une imagi«> nation jeune. Il y a cinquante ans, M. de Vicl-Castel écrivait de la même façon qu'aujourd'hui; il était déjà le plus sage, le plus rangé des écrivains.

128 POlîTKAITS LIT! ÊR A lîî K5.

En tout (cmps et en loul pays, il existe (΀s rapporti étroits entre la foi tune politique d'une nation cl Tessor de sa littérature. Un peuple qui fuît de grandes ebosei produit, conunc par une conséipience nccessûre, -Ie> grands ouvra'ics de l'esprit. Lcscvi'»nL'in2nl> l»ér^>ï•J^^cs• Cîi exaltant les Amo^, pr'par..Mil le cîianfip fi'conJ où vont éclorc comme de belles flenrs et s'épanouir lc5 œuvres immortelles do la pe:isce. Quan I une nation parvient à l'apogée de sa puissmce et de sa gloire, son front se couronne Cjt sVclaire de celle anréo4e suprême et charma nie. L'âgo^ de Périclcs succède à l'a je de tliliiaiic; l'empire romain, maître du monde, voit paraître le siècle d'Auguste. Il en a clé de même en Espagne. Ferdinand et Isabelle, Ciirklo;)lie Colomb et Chailes-Quint ont, sans le savoir, conduit sur la scène le chœur glorieux des Cervantes, des Lo,>e de Vega et desCalJeron.Il faut remarquer pourtant que le Ihiàlre, dans celte littérature espagnole qui fut, co:«m3 sa sœur latine, la liltératurc italienne, si p;'éc;>ce en si facile culture et en sa langue si tôt formée, alors que noire îdiorr.c et notre poésie incertaine cherchaient

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-•ncorc coiifusémcnl leurs règle? el leurs voies, — il faut reman|uer que le ttiA&tre ne grandit qu'assez tard. L'Espagne ava't eu depuis longtemps des prosateurs et des poètes du premier ordre. Dès le xv« siècle, elle avait eu des leltrcs granis seigneurs tels que le marquis de Sanlillane, des écrivains tels que Perez de Guzman, Fernan del Pulgar, et des chantres aimables comme Jorge Manrique. Elle eut sous le règne de Clmrles-Quint nne incomparable pléia le d'historiens, de romanciers, de moralistes, el sns grands lyriques, Garcilaso de La Vega, Herrera, Luis de Léon, et ses grandi mystique*, Luis de Grenade et sainte Thérèse. Le gi!'nie chevaleresque, aventureux et religieux dd rE^pa;;no éclatait "ainsi de toutes parts en une floraison rapide el sp!e:idid*, et ccpenciant le théàtri3 qui allait soudain tout éclipser de sa lumière sortait à peine de la période

obscure des commencements. Il appartient, à vrai dire,

•au XVII* siècle, non au xvi% aux règnes de Philippe III et de Philippe IV, nm de Charles-Quint ou même de Philippe If; il est venu après tout le reste, quand tout allait manquer à celte nation qui ne retenait plus que l'ombre et le vain décor, de sa grandeur; il a été la

'parure et l'amusement de sa décadence.

• II me semble que Ton peut distinguer quatra phases bien différentes dans Thisloire du théâtre espagnol. Il y a d'abord les temps douteux qui s'écoulèrent depuis les

'plus lointaines origines jusqu'à l'apparition de Lope de Vega, Il y a le siècle de Lope, de Galderon et de lears

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brillants émules : Hontalvany Tirso de Molina, Âlarcon, Guillen de Castro, Horeto, Rojas. Puis, viennent leurs tristes successeurs et les disciples plus ou moins heureux du goût français, entre lesquels il faut niHtfre à part Tattique et gracieux Mor.itin, Fauteur de la jolie comédie intitulée : le Oui des jeunes filles. li y a enfin le théâtre nouveau, les dramaturges de cette génération de 1830 espa;;noIe qui a tenté, là comme aUleur.^, de rajeunir et de renouveler le génie de sa rare.

Les deux périodes extrèaocs occupent peu de place dans le livre de M. de Viel-Castel. Pour la période contemporaine, celle des Rivas, des Hartzenbusch, des Rodriguez Rubi, des Breton de Los Ilerreros, des Adelardo Lopcz de Âyala, Textrème brièveté ou plutôt le silence de Tauteur s'explique par Tépoque où son livre a été écrit, alors que le mouvement liiléraire qui s'est produit après la mort de Ferdinand YII commençait à peine et ne pouvait être étudié. Quant à la période des commencements, cette première et longue période qui comprend une suite de siècles et des âges très dissemblables, M. de Viel-Castel de même l'a effleurée seulement, signalant en quelques pages les traits caractéristiques. Il n'a pas procédé comme H. Hézières qui, étudiant Shakespeare, a recherché dans ses pré* curseurs presque inconnus les origines et pour ainsi dire la raison d'être de son génie et de son œuvre. Ici encore n*a-t-il pas son excuse dans les idées mém^s

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du leirips où il travaillait à un ouvrage qui devail être bien plutôt un ouvrage de critique et d*histoire litté* raire que de pure érudition ? tl faut se rappeler que les principes et les procédés de la critique à cet égard élaîeut, il y a cinquante ans, tout autres qu*ils ne sont aujourd'hui. On e>t devenu fort exigeant en matière de recherches; rérudilion a pris de plus en plus d'importance. Je ne m'en plains pas; mais il y a là, coma.e en toute chose, la mesure convenable, et je crains que celte juste mesure, on en vienne à la dépasser. Si Ton n*y prend pas garde, la pure érudition, le déchilTrement des grimoires et le dépouillement des liasses accumu^ lées dans les bibliothèques et dans les archives, avec la science philologique qui en est Toulil naturel, voilà ce qui bientôt se substituera au bel art de raconter et do juger les actions et les œuvres humaines. Je suis effrayé, je Tavoue, de ce progrès, de cet envahissement de l'érudition exclusive, de l'érudi.ion à outrance dans le' domaine de l'histoire proprement dite; c'est un flot qui monte, et qui bientôt couvrira tout. Adieu, alors, la vraie et grande histoire ! J'ai peur enfin que la môme révolution s'accomplisse dans cette branche distincte de l'histoire générale, l'histoire liitéraire. Le jour où l'érudition allemande règnî^ra là aussi en souveraine, où il s'agira non plus précisément d'étudier en euxmêmes, par leurs côtés éternellement humains, beaux et attachants, un écrivain et ses écrits, mais d'exl umer dfs détails oubliés et qui méritaient de rêlre, tt d'c-

1» PORTRAITS LITTËRAIRKS.

pIucluT des textes barbare», qae deviendront, je xoj^ prie, sous cet ainoncelleTient de chartes poudreuses, les grâces et les clartés de Tesprit frauçais ?

On péchait par l'excès contraire au Icmp9 où M. de VieKCastel e.ilreprenait d'écrire l'histoire du théâtre espagnol. La critique littéraire ne s'ombarrc^ssait pas aux recherches ininutieus3s. Des aperçus lui sufilsaicnt. Qu'avait-on besoin de toute celte science pour se former un jugement touchant un ouvrage et exprimer ce jugement avec un goût ingénieux? On ne s'avisait pas qu'une œuvre liitéruire — )e parle d'une œiivi'e originale et supérieure ; — ne se peut bien eompren*lre si l'on n'a pas pénétré dans la vie et jusque dans l'âme de l'homme dont le génie Fa créée,'el que la vie m le génie de cet homme ne se comprennent guère davantage si Ton ne connaît pas. à fond le siècle et la société ùh il a pensé, l^utté, aimé et- souffert, dont il a s^ibî l'influence et dont l'image se reflète en >ui. M. de Viel- Caslel semble avoir des l'abard senti cela, et les chapitres dans lesquels il relraf-e l'état de la société espagnole an temps où les grands dramaturges y apparurent et les replaçuil, comme on dit de nos jours, dans leur « milieu », démontre quelle part les mœurs, les croyances, les modes des contemporains ont eue en réalité dans leurs drarnes, dans le chpix des sujets, dans la conduite des scènes, dans Fallnrc des héros d dins le langige qu'ils parvînt, — ces chapitres doivent être rangés au no.nhro des moilîcur^ de so:i livre d

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r.'jj^anlc.s comme des moilèles de saine et jusle critique.

La vérilè est que l'ou ne peut séparer ce Ihcâtre de ia nation qui Ta inspiré, qui I*a enfanté el façonné de ses mains, ou peut le dire ; car jamais aucun théâtre, et piis"raême celui de la Grèce, n'a été plus profondément national, et j'ajoute plus populaire. Tout, dans ce théâtre étrange, s'explique et s'excuse par là. J'insiste sur ce Irait essentiel et prédominant de toute la dramaturgie castillane, par où eUa forme un frappaftt conirti^lQ axez la nôtre, avec la dramaturgie classique de Corneille, de Racine et de Voltaire. Ils écrivaient, eux, pour les grands seigneurs, pour le banc des marquis et des petits-maîtres, pour « les belles pleureuses des premières loges », ponr la cour, pour les délicats, pour l'élite de la société; au lieu que Lope et Calderon écri* valent pour tout le monde; mais vouloir écrire pour tout e monde, c'est en réalité se condamner à n'écrire guère que pour la foule.

Le parterre, à Madrid, régnait en souverain. Il était juge sans appel. On connaît l'anecdote de cet auteur

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inquiet du sort de sa comédie, allant solliciler le chef de la cabale qui lous les soirs décidait de la fortune des pièces: ce tout-puissnnl personnage était un savetier. L'anecdote est-elle authentique? Elle mériterait de Tètre en tout cas; elle peint à merveille la condition qui s'imposait aux dramaturges espagnols. Chez nous, lorsque Jndelle, au temps de la Renaissance, donna la première tragédie, ce fut devant le roi et la cour qu'il la fît jouer. Lorsque Corneille eut écrit la tragédie de Polyeurtey il la porla d'abord à Thôlel de Rambouillet. En France, le théâtre, comme toutes les autres branches de la littérature, a grandi sous la tutelle de la royauté et de Taristocralie. Il est bien vrai qu'en Espagne aussi quelques seigneurs patronnaient les gens de lettres, que Philippe IV encouragea hautement son poète Calderon, comme Louis XIV^, dans le même temps, protégea ses poètes Racine et tlolière. Mais, dans les affaires du théâtre, le joli mot du roi Charles X est le vrai : les rois n'ont en fin de compte que leur place au parterre. A Madrid, le parterre, c'était le peuple même, et il a bien fallu que le goût des auteurs s accommodât complaisamment au sien.

Sur ce sujet, on a des indications précises. On a le témoignage de Lope de Yega tout le premier. C'est lui qui adonné décidément au théâtre espagnol ses allures de cape et d'épée, au mépris des règles classiques, et pourquoi? Cela choquait bien cet improvisateur étan-

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tinul q.ni. élait', an fqnd^ parmi tous ses écaris, un *hoiTimc très avise, d'un sens très fin cl 1res sûr; mais il fallait vivre, il fallait plaire, cl Lopc laissait de côté ks règles. Le grand Cervantes, qui fut, lui, un assca malheureux dramaturge, ressentit à son heure des remords ou des scrupules semblables. Il y eut ainsi une époque, vers la seconde moiliii du xvi° siècle, où deux voies bien diverses s'ouvraient devant le^ jeunes dramaturges : d'un côté la voie antique et traditionnelle de la comédie et de la tragédie plus ou moins régulières et plus ou moins renouvelées des Grecs; de l'autre, la comédie populaire et tous ses libres cap;ices, la comédie picaresciue d'intrigues et d'aventures, de coups d'épée el de coups de théâtre, la comédie vraiment espagnole, la comédie ou plutôt le drame aux deux masques dans lequel hgracioso boulTon, suivant comme une ombre le héros tragique, répète en fatisset ses superbes accents à la façon d*un écho moqueur; le drame que notre li^.mps a remis en honneur et qui rapproche dans le cadre d'une môme fiction ces deux immortels éléments de l'art dramatique et de l'àme humaine : la joîe et la douleur, le rire et les larmes, comme ils sont unis et mêlés dans la vie.

Enfin cette innuence ou, pour mieux dire, cet empire de la foule sur les poètes nous explique un autre trait non moins caractéristique de la dramaturgie espagnole» Je veux parler de cet incroyable mauvais goût qui, éclatant à châqu'e pas, vous déconcerte, vous irrite, vous gâte

U)*» HOilTJlAlTS LIJTÉIIXIRES.

les plus beaux morceaux, et vous fait cent l'ois jeter le livre avec un sentiment de colère et presque de dédain! On sait en quoi consiste ce goût pernicieux, ce vice et cette folie de rcsprilliitéraire,dontIa contagion a gagné jusqu'aux maîtres du théâtre espagnol, et CaUleron peut-être plus que tout autre. C'est le perpétuel abus de la rhétorique, le raffinement et la préciosité sans trêve, un insupportable mélange de subtilité et d*emphase, le jeu stérile et bizarre des mots que l'on entrelace et des métaphores que Ton accumule, tout le dévergondage d'une imagination qui fuit par-dessus tout le naturel et la raison, — l'art de ne plus rien dire simplement. On l'a nommé, en Espagne, le cultismey ou gongorismCf du nom de Luis de Gongora, qui en fut, vers le début du xvii* siècle, avec le jésuite Ballazar Gracian, son disciple, riiiilîateur et le docteur applaudi. L'histoire des littératures offre, jeie crois, peu d'exemples plus saisissants des ravages qu'un mauvais esprit y peut faire. Ce charlatan a versé dans les lettres castillanes un poison qui agit encore aujourd'hui. C'est l'infériorité de celte littérature que ses plus grands écrivains et poètes n'aient pas su rejeter loin d'eux avec mépris les faux brillants dont le ijénie français vers le même temps lit une jusiice si prompte et si sûre. Imaginez-vous Corneille, Racine, Molière écrivant comme Théophile de Viau, le fameux Théophile dont un des personnages s'écriait :

Le voilà, le poignard qui du sang de son maître b*cst souillé lâchement : U en rougit, le traître I

M. DE VUL-GASTEL. U;

et qui montrait les murailles o; se fendant de piiié $? Ce jargon est monnaie courante dans Tancien théâtre espagQol. J'ouvre, par Texemple, le Magicien prodigieux^ de Calderon. C'est, noiez-le, un de ses drames les plus célèbres, le plus beau même, nous dit M. de Viel-Castel. C'est en tout cas un dramo religieux et une de ces pièces, si rares dans ce théâtre, où la pensée s'élève aurdessusdes futiles incidents de la réalite matérielle. Le héros du drame, Cyprien d'Anlioche, nous apparaît dans la retraite d'un bois où il est venu, loin de la ville en fête,. pour méditer sur les problèmes les plus graves de la destinée humaine. Or, ce sage, qui va se plonger dans une méditation si sévère, en congédiant ses serviteurs, vous pensez qu'il va leur dire simplement : Laissez là mes livres, et revenez ce soir me chercher? — Cela est. bien uni pour un auteur et pour une auditoire qui admirent Gongora, et Calderon fait dire à Cyprien : c Revenez me chercher quand le soleil ira s*ensevelir dans les flots qui, le recevant des nuages assombris, préparent à son grand, cadavre d^or une tombe d'argent.. i>

Ah I qu'ea termes galaats ces choses-là sont mises !

aurait dit une précieuse du temps de Yiau et de Voiture. Et voilà ce qu'on rencontre presque à chaque page dans ces drames étranges, tout pailletés de clinquant! C'est ce costume de folie que le poète jette sur seç épaules Jorsqu'il s'élance soudain avec une fantaisie

aérienne dans une de ces courses lyriques, étîncelanfs

épisodes qui seraient la grAce du lh<^Mre espagnol, si

tant de qualités exquises, cette souplesse, cette a|rî-

lîlé, celte éblouissante v'vacilé d*oisenu-moucbe ou de

libellule nVtnient perverties par Todieux cultîsme. Et

s en effet l'inspiration lyrique dans foules ces comédies

^ jaillit d'abondance. C'est un don que la nature fait à

' ces Orientaux. Tls adorent le lyrisme; il faut à leur

!? imap:in»tion ardente, pour se récréer et se rafraîchir,

les enux vives de celfe fontaine encbnutée. Et comme il

1 comprend bien et res^sent lui-même l'imnérieux instinct

j; national le grand ornieur de l'Espagne d'aujourd'hui,

; continu? *eur h sa manière des Lope de Vega et des Cer-

vantes, H. Rmilio Castf*lar, dan< ses discours qui sont aussi en vérité deis représentations et des drames, oui, de vrais autos ^ tout frémissants de la foi nouvelle qui a remplacé Tautre, la fui aux libertés politiquesl Une poésie extraordinaire y déborde comme un beau fleuve. Dans une de ces soirées orageuses du Congreso^ lorsque le président a donné la parole au chef des poxsibiliHes républicains, lorsqu'au milieu d*un silence profond on voit soudain paraître à la tribune celte incarnation vivante de l'éloquence espagnole, les minisln^ assis au banco azuU les députés, dont les trois quart ; ront ses adversaires, la foule d'élite qui se presse aux paieries, tout cet auditoire est comme suspendu à ses lèvres par une ardeur de curiosité artistique; et alors cet orateur si espagnol, et passé maître

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